Welcome To Northampton

Slowthai , jeune rappeur Anglais sort aujourd’hui Nothing Great About Britain, son premier album. Premièrement oublions un peu les villes de Los Angeles, New York ou Atlanta pour nous plonger dans la bonne cité de Northampton ville d’ou est originaire Slowthai. L’Angleterre a démontré que niveau Rap, elle n’avait rien à envier aux autres coins du monde avec des artistes tels que Skepta, Roots Manuva, Loyle Carner, Wiley ou encore Dizzee Rascal.

Ensuite, si certains artistes ont choisi de suivre la route de leurs congénères américains, Slowthai a choisi d’emprunter la sienne. Je préfère prévenir: sur Nothing Great About Britain, on ne retrouvera quasiment rien qui ne s’apparente de près à de loin aux actuels leaders du mouvement aux US. En revanche, vous aurez néanmoins un disque de haute volée qui rappellera peut être The Streets (ou certains des noms cités plus haut) aux plus anciens mais en version cogneur, abrasif.

Si j’évoque ici The Streets c’est parce que Slowthai a l’habileté de tremper ses beats avec d’autres influences. Pour commencer Doorman sera un parfait exemple de Rap aux accents rythmiques brutaux, faisant plus penser à une soirée dans un hangar crasseux qu’au décorum d’un dancefloor « bling-bling ». Dead Leaves aura cet instru saccadé qui servira le flow haletant et hâché de Slowthai. Gorgeous et sa boucle de piano léger raconteront les souvenirs d’une enfance apparemment assez agitée.

God Won’t Save The Queen

Par la suite, nous continuerons sur une lancée planante avec Crack, histoire d’amour défoncée ( » I love you like a crackhead loves crack ») se terminant par une rupture évidente où le personnage, anesthésié, accepte la décision de sa conjointe de partir de manière complètement détachée. En revanche la suite sera plus terre à terre puisque plus loin nous entendrons Slowthai feat Skepta pour un Inglorious soutenu par des basses guerrières. Les deux MC découperont l’instru comme il se doit, bien entendu:

You say gang shit
I ain’t about that gang shit,
I’m a solo wolf, lone wolf eating up that gang shit […]

Young boy with the hot head, I was on stage with the mash,
Just in case somebody told me to suck my mum in the clash ,
Way too, way too, way too, way too gassed
Heard man talk about drip, rudeboy what you know about splash
What a beautiful murder
With a Samurai sword, I slaughter.

Même sa quête de paix intérieure semble illusoire lorsque vient l’heure de chercher un peu de repos afin d’échapper à un morne quotidien, sur Peace Of Mind:

I feel peace of mind when I’m sleeping in my bed and I can’t hear it
I feel peace of mind when I’m dreaming of a life I ain’t living.

L’album finit sur Northampton’s Child, dans lequel Slowthai rend hommage à sa mère, la seule personne lui ayant appris les valeurs de la vie au coeur d’un environnement pas toujours tendre.

En conclusion

Slowthai livre donc avec Nothing Great About Britain un polaroïd du climat actuel qui semble régner chez une partie de la jeunesse anglaise actuelle. Lui même donne l’impression d’avoir eu son lot de déceptions et de désillusions. Bonne nouvelle, sa maîtrise du micro, aidée par des instrumentaux qui instaurent une ambiance unique sur chaque morceau devraient lui permettre de viser plus haut grâce à cet excellent premier album que l’on conseillera. Peut être parce que ce Nothing Great About Britain contient un peu du reflet de n’importe lequel d’entre nous. Il est humain avec ses réussites et ses failles.

Vivement la suite.

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