Joy Division avec Unknown Pleasures et Fear Factory avec Demanufacture ont tous deux marqué leur époque chacun dans leur genre. Les anglais de Joy Division, emmenés par Ian Curtis, comptaient également Bernard Sumner, Peter Hook et Stephen Morris dans son line-up classique, qui devinrent New Order suite au décès prématuré de Curtis en 1980.

Mais ne devançons pas l’histoire, nous nous attarderons plus bas sur ce qui fut donc le premier album de Joy Division, Unknown Pleasures et le second chez Fear Factory, Demanufacture.

Fear Factory sortit Demanufacture en 1995. Le groupe est originaire de Los Angeles, pratique un Death Metal aux contours Industriel, du moins à ses débuts. Il évoluera plus tard vers un son moins brutal, encore que, puis y reviendra au milieu des années 2000 après moult péripéties. Le combo est composé alors de Burton C. Bell au chant, Dino Cazares aux guitares, Christian Olde Wolbers à la basse et Raymond Herrera à la batterie. Après un premier album au style déja très marqué, le très bon Soul Of A New Machine, le groupe enregistra en 1994 ce qui allait devenir LA référence de sa discographie, Demanufacture.

Maintenant que le décor est planté, parlons de ces deux grands albums.

Joy Division – Plaisirs Inconnus

Joy Division-Unknown Pleasures - Tous droits réservés
Joy Division-Unknown Pleasures – Tous Droits Réservés

Unknown Pleasures, premier disque estampillé Joy Division, en Juin 1979 sous l’égide de l’éminent label anglais Factory. Le style musical du disque est ce que l’on appelle alors du Post-Punk qui est donc un dérivé du Punk Rock mais qui y ajoute de multiples influences (funk, dub, ou bien musique électronique par exemple) tout en conservant une certaine éthique propre à ce dernier. Il fut précédé par l’EP An Ideal For Living contenant quatre titres, notamment No Love Lost qui montre l’influence qu’a eu le Punk sur Joy Division (influence qui sera toujours présente sur le LP mais de manière moins flagrante, plus « digérée »).

Pour la suite, l’album contiendra les évidents Shadow Play, She’s Lost Control, Disorder, ou encore l’immense New Dawn Fades. Pourtant une chanson sortie précédemment manque à l’appel. Il s’agit de l’un des morceaux les plus connus du groupe: Transmission. La chanson sera plus tard incluse dans le CD bonus de la réédition de Unknown Pleasures dans une version live, ou bien dans sa version studio sur Substance, une compilation publiée bien après la fin du groupe. Bien qu’ayant seulement rencontré un succès d’estime lors de sa sortie initiale, son héritage dépasse très largement le cadre des seuls initiés. De nombreux groupes, voire des genres entiers se sont nourris du son Joy Division.

Multiplication de joie

Gothique, Punk, Métal, Industriel, et même parfois, plus rarement, le Rap (même si récemment Vince Staples aura une pochette d’album sous influence, et Danny Brown appellera son disque Atrocity Exhibition en référence à la chanson du même nom), tous ont intégré quelque chose de Joy Division après le bref passage du groupe, que ce soit dans l’esthétique ou musicalement.

Malgré les faibles ventes, les Anglais ont accédé au statut de groupe culte. On peut retrouver des traces du combo chez Nine Inch Nails (qui reprendront Dead Souls, autre très bon single), Moby, U2 ou bien sûr The Cure, et tant d’autres. La plus grande force d’Unknown Pleasures, c’est que la tension qui émane de ce disque n’éclate jamais. Continuellement au bord de la rupture, maintenant l’auditeur sous pression, c’est un album qui peut se révéler très prenant certes, mais aussi étouffant, claustrophobe.

Aujourd’hui encore, l’écoute de l’album peut se révéler être une petite expérience. Plus tard, Joy Division enregistrera Closer, tout aussi influent, et expérimentera avec les synthétiseurs avant la triste disparition de Ian Curtis.

Ceci conclue ce bref aperçu sur cet album et si vous souhaitez découvrir un disque de rock viscéral, émotionnel, ou tout simplement Joy Division, il s’agit de l’opus parfait.

Fear Factory – Demanufacture

Fear Factory - Demanufacture - Tous Droits Réservés
Fear Factory – Demanufacture – Tous Droits Réservés

Les Américains auront atteint le sommet de son art en 1995 et la sortie de ce deuxième album. S’éloignant à peine de ses débuts purement Death Métal et incorporant des éléments Thrash et Industriel, le groupe californien tutoya le plus haut niveau. D’autre part, il s’agit d’un album concept, narrant l’histoire d’un homme en lutte face à un gouvernement dirigé par des machines. Chaque chanson peut être considérée comme un chapitre de cette histoire. Les chansons, soutenues par le jeu de batterie souvent ultra-rapide de Raymond Herrera, la basse lourde de Christian Olde Wolbers, les guitares rageuses de Dino Cazares sont des brûlots invitant l’auditeur à se plonger dans cet univers cybernétique. Que dire de l’excellent travail de Burton C. Bell (qui pour l’anecdote, avait participé au clip de Smells Like Teen Spirit de Nirvana en tant que figurant) au chant, alternant parties grognées et lignes mélodiques claires, tour à tour aériennes ou mélancoliques, toujours avec brio. Le tout mélangé à des samples de films, en particulier Terminator 2 sur Zero Signal.

Cyberstate 1995

Mais ce n’est pas tout: Replica, Self Bias Resistor, HK (Hunter-Killer) ou Pisschrist sont de grands moments. Fear Factory a aussi comme influence la Techno. Inutile de préciser qu’elle a une place sur Demanufacture sans être envahissante (New Breed). Notons qu’ils sortirent un album de remixs entièrement Techno, Remanufacture plutôt sympa si tant est que l’on soit ouvert d’esprit et que l’on considère rester dans l’univers dépeint par le paysage musical du combo.

La sortie du disque eut pour effet de booster considérablement la carrière du groupe et aura indéniablement joué un rôle dans la démocratisation et la survie du genre en ce milieu de décennie dominé par la vague du Rock Alternatif et du revival Punk d’alors. Plus tard, certains groupes comme Korn furent très influencés par l’approche de Fear Factory. A tel point que Dino Cazares clamait à qui voulait l’entendre que d’autres groupes avaient littéralement pompé leur son ( https://metalinjection.net/latest-news/dino-claims-meshuggah-korn-coal-chamber-ripped-off-fear-factory-riffs-do-you-hear-it)

On vous laissera seul juge sur ce dernier point.

Quoiqu’il en soit les Californiens laissèrent une empreinte indélébile avec un Demanufacture inspiré, extrêmement bien travaillé et de taille à rivaliser avec n’importe quel pointure de l’époque et du genre. Par la suite, ils connurent plusieurs changements de personnel, un son hésitant entre un Métal plus « groove » et leurs anciennes habitudes, avant de revenir à un style plus traditionnel.

Et c’est ici que s’achève ce clin d’oeil à deux albums magistraux, chacun dans son style et son époque, albums qui doivent figurer dans toute bonne discothèque si l’on se dit fan de Rock, qu’il soit « extrême » ou plus classique.

Souhaitons encore une fois un Joyeux Anniversaire à Unknown Pleasures par Joy Division et Demanufacture des excellents Fear Factory !!!

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