Sacred Reich - Awakening - Photo Personnelle
Sacred Reich – Awakening – Photo Personnelle

Salut tout le monde. Tout d’abord, avant d’aller plus loin dans cette review de Sacred Reich qui publie Awakening ce 23/08, il convient de préciser une chose ou deux. L’éducation des masses, c’est important.

Avant de rouler des yeux suspicieux, sachez que le nom du groupe n’a rien à voir avec l’une, comme le dit l’adage, des périodes les plus sombres de notre histoire. Les fans le savent bien, Sacred Reich est à l’opposé de tout ça. Si vous en doutez, foncez écouter et surtout lire les paroles de Blue Suit, Brown Shirt. Les natifs de Phoenix, Arizona sont en revanche tout à fait critiques de leur pays et du système sur lequel il est bâti. A mon sens, l’idée d’un pays intouchable derrière le nom du combo, que l’on peut traduire par « État Sacré », est un tacle ironique envers leur gouvernement. La politique interne et externe des USA, que d’aucuns n’hésitent pas à taxer d’interventionniste, autoritaire, l’impérialisme, la NRA, etc, tout ceci sont des choses que Sacred Reich rejette en bloc.

Encore une fois, je ne peux que vous encourager à écouter des titres tels que Surf Nicaragua, The American Way ou Administrative Decisions pour vous forger votre propre opinion.

Ok, maintenant que l’éventuel doute est levé, place à Awakening le bien nommé !

Sacred Reich – Awakening ou l’histoire d’un réveil

Vingt-trois années que le combo n’avait quasiment donné aucun signe de vie. Et pourtant Dieu sait que ce groupe est important. Pour le Thrash d’abord. Auteur de morceaux parlant de sujets conscients, sociaux et politiques, Phil Rind et ses acolytes manquaient cruellement dans le paysage musical du genre auquel il appartient. Alors quand j’ai reçu l’album, c’est avec impatience que je l’ai glissé dans mon lecteur.

Sacred Reich démarre fort bien cette review d’Awakening et sonnera admirablement le réveil des troupes avec le premier morceau éponyme, mené tambour battant. Un blast Thrash classique afin de plonger tout le monde dans le grand bain. Furieux, Sacred Reich n’a pas perdu la main. Le disque continue de la même manière, rapide et colérique avec Divide and Conquer. Rind reprend ses bonnes vieilles habitudes avec des paroles qui visent juste :

« Race, religion, color or nation/Reasons to kill, take your pick/A history of self-immolation/Amazing that we still exist/Fueling the fire with disinformation/Ignorance and fear reign supreme/Filling others with only distrust/Shattering all of our dreams « . Ou bien un « Pitting one against the other/Stoking the flames to divide/Building a wall between self and others/Having to choose just one side » qui sont évocateurs d’une réalité politique actuelle. Le morceau exprime tout le dégoût de son créateur pour le manque de solutions proposé par ses dirigeants.

Positive Mental Attitude

Salvation, non moins heavy, surlignera au marqueur rouge la grand messe religieuse mi-fictive, mi-réelle sur les chaînes TV américaines. Cette fiction qui n’a en résumé que bien peu de choses à voir avec la foi, mais plutôt avec un business très lucratif, promettant le Paradis en échange de quelques dollars. Pense positif, mon ami ! Et n’oublie pas le chèque hein ! Intro de batterie (par le revenant Dave McClain, sorti de Machine Head) le titre balance un riff ravageur, catchy juste ce qu’il faut avant d’envoyer un excellent refrain et un bon solo. Salvation est un grower, possédant un refrain qui viendra relâcher la tension des couplets. Un titre qui prendra son envol après quelques écoutes. Une affaire rondement menée.

Cependant, le leader de Sacred Reich n’est pas dénué de spiritualité pour autant. Si la chanson précédente critiquait le business de la religion, Rind n’attaquait pas la foi elle-même. Ce sont les enseignements que nous tirerons de Manifest Reality, tout imprégné de Bouddhisme qu’il est. En ayant l’intelligence d’éviter un prosélytisme abrutissant (qui à mon avis, n’aurait certainement pas eu sa place sur un album du groupe) et d’ écrire un texte qui n’occulte pas le monde tel qu’il est, le chanteur rappelle que si des maîtres (enseignants ou religieux) peuvent nous enseigner la voie à suivre, il nous appartient de modeler le monde à ce à quoi nous voulons qu’il ressemble. Et oui. C’est bien beau d’écouter, mais agir c’est mieux. Le tout sur un riff dont ils ont le secret, technique et remonté.

Sacred Life

Killing Machine mettra au centre du viseur l’armée. Un bon morceau bien ficelé avec un propos évidemment anti-militariste qui préparera le terrain pour le rythmé et groovy Death Valley. Le message à retenir: le temps file, alors fonce. Fonce et profite de ce que tu peux. Death Valley contrairement à ce que son nom suggère est un morceau optimiste, presque ensoleillé. Presque métalliquement ensoleillé même (avec une cowbell ! ). Une excellente surprise en ce dernier tiers d’album !

Retour aux affaires avec l’enlevé Revolution qui perpétuera la tradition d’un Thrash over-rapide. Rythmique béton, batterie dans le rouge et propos acerbe. Cette fois, le discours du groupe est dirigé vers… le quotidien tout simplement. Trois crédits sur le dos, la propagande politique à la télé pour des lendemains qui chantent, et des cachets à prendre pour dormir (le troisième aidant certainement le second, hein, HEIN ?).

Et l’on finira sur Something To Believe, dernière touche d’espoir au milieu du marasme ambiant. Puissant et entraînant, le morceau sera un appel, un cri vers un avenir que tout le monde souhaite un tant soit peu meilleur: « Give me something to believe/Give me something I can see« 

Oui Phil, on est plein à vouloir tout ça, et un peu plus encore.

En conclusion

N’y allons pas par quatre chemins: Si vous avez lu cette review jusqu’au bout, vous savez maintenant que Sacred Reich signe un retour réussi avec Awakening. Concis et lucide, le nouveau disque est un ajout bienvenu à une discographie déjà bien remplie. Phil Rind est resté le critique d’un société en décomposition, mais n’est pas défaitiste pour autant. Quant au groupe, il sonne inspiré, carré et solide, tour à tour en colère ou porteur d’espoir.

Précisons toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les Phoenixois calquent leur son sur la dernière mode. Il s’agit d’un Thrash très bien exécuté, à l’ancienne. Et ce n’est pas un reproche, loin s’en faut. Mais point d’influences Metalcore ou Nü- Métal ici. Nous sommes dans la lignée des groupes Thrash enracinée dans les années 80/90. Ce qui me ravit au plus haut point et n’en fait pas par ailleurs un album uniquement pour les vieux routards.

Néanmoins il s’agit d’un sérieux come-back inespéré après tout ce temps, musclé, positif, et réaliste. Recommandé.

Pour aller plus loin:

Site: https://www.metalblade.com/us/artists/sacred-reich/
Facebook: https://www.facebook.com/sacredreichofficial/
Twitter: @SacredReich




*Chronique de Sacred Reich – Awakening réalisée à partir d’un exemplaire physique de l’album acheté par nos soins*

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