Kirk Windstein Dream in Motion-Tous droits réservés
Kirk Windstein Dream in Motion-Tous droits réservés

Il est un homme que certains médias appellent « un pionnier », ainsi qu’une voix reconnue par d’autres comme le son de la résilience. Maintenant, Kirk Windstein, forgeron en chef chez Crowbar ou Down, s’offre une échappée en tant qu’artiste solo pour la première fois avec Dream in Motion. Sur ce disque, premier effort inaugural du guitariste, le « Dark Lord of Southern Riffs » étend ses ailes créatives. Il introduit également une nouvelle profondeur émotionnelle et une texture sonore qui renforcent, plutôt que de ternir, l’héritage de sa carrière monolithique vouée à jouer un Metal lourd et profond dans un catalogue à juste titre vénéré

Kirk Windstein pour commencer a bien nommé ce Dream in Motion. Il débute familièrement avec le titre éponyme qui nous ramène en terre connue. Aux frontières de Crowbar et d’un Sludge servant à véhiculer une « douce » mélancolie faite de plomb. Ce qui ne l’empêche pas de diffuser également un semblant d’espoir. Un sentiment d’évasion, les pieds ancrés dans le sol et la tête vers les cieux. Hollow Dying Man ensuite sera une lente élégie funèbre majestueuse et onirique, et pleine de force pourtant.

Quand Kirk Windstein rêve en Motion…

Puis il y a aussi ces Once Again et Enemy in Disguise, voyageurs tranquilles qui effleurent doucement notre oreille. Avec Toxic, Windstein reviendra aux affaires avec un titre plus proche de ce qu’il a l’habitude d’offrir avec son groupe habituel. Un son qui tutoie le Doom, un riff brut, massif avec un rythme hypnotique. Sa voix se fait tout à coup un peu plus rauque, les guitares plus fortes, comme pour nous tirer de cette ambiance quasiment cotonneuse et y amener un contrepoids plus énergique.

Globalement, il y a déjà quelques petites choses à dire sur Dream In Motion. Windstein a de toute évidence voulu sortir une sorte de « variations sur un même thème ». L’impression qui se dégage lors de l’écoute qui sert pour cette review est que le compositeur donne une direction claire, presque lumineuse à des compos que l’on aurait pu croire sombres et torturées de prime abord. Il n’en est rien.

Rêver son âme et vivre sa vie

Si effectivement il ne faut pas attendre de révolution de la part d’un grand Monsieur du Metal, il y a la juste quantité de changements dans la proposition pour considérer ce disque comme un véritable album solo. Et non pas tout à fait en tant que Crowbar-bis comme on aurait pu s’y attendre.

En effet, si certains passages ne manqueront pas de nous ramener vers le monument de la Nouvelle-Orléans que représente le groupe sus-cité, il ne faut pas que nous sous-estimions l’intention de base de l’artiste. Et celle ci, parfaitement honorable jusqu’ici, justifie la volonté de se démarquer quelque peu du matériel d’origine.

Sommeil lent

The Healing sera un morceau instrumental jouant avec un contraste calme/pesanteur. Et pourtant il aura cette capacité à nous transporter loin dans cet immatériel sonore, y compris dans ses moments plus Heavy. Le superbe et envoûtant Necropolis partagera cette vibration, quoique différent dans son approche, doté d’un travail sur la voix proprement magnifique. The Ugly Truth emprunte une voie plus mélodique à laquelle Windstein ne peut s’empêcher d’y inclure une orientation Doom une fois encore.

Le rêve touche à sa fin d’une manière surprenante. A vrai dire, il n’aurait peut-être pas pu mieux se conclure puisque c’est la reprise d’Aqualung par Jethro Tull qui est choisie afin de nous dire au revoir. A mon sens, il s’agit de quelque chose de relativement symbolique à plusieurs égards. Notamment parce que le titre tranche radicalement avec l’ambiance générale. Plus enlevé rythmiquement, presque « rock », il sonne de belle manière un réveil énergique. D’autre part, il montre une facette importante de cet album: les influences 70’s en filigrane présentes dans la musique de Windstein. Mais nous allons voir cela un peu plus bas.

Puis, il y a aussi cette sensation constante que notre homme est amateur d’un certain type de son ou de groupes. Les ombres de Black Sabbath, mais aussi de tout un pan du Rock Psychédelique, voire Progressif, planent sur cet opus.

Dream in Motion, en conclusion

Dream in Motion est un bon disque de Kirk Windstein. C’est à mettre en avant dès le départ pour expliquer la suite. Pour commencer et comme évoqué plus haut, la proposition évite soigneusement la redite inutile. Sans toutefois ne jamais trop s’éloigner de son style habituel, Windstein y insuffle assez de couleurs, de nouveauté et d’émotion pour nous accrocher sur la longueur. C’est évidemment quelque chose que l’on percevait auparavant dans la discographie du chanteur-guitariste, mais ici, ces éléments sont amenés un cran au dessus.

En ajoutant ce qu’il faut de lumière dans ses compositions, Windstein joue avec le clair-obscur et confère une aura apaisée et apaisante à ce disque, tout en n’omettant pas de garder le muscle et la sève de ce qui a contribué à forger une griffe distinctive immédiatement reconnaissable. La qualité des titres grandit avec les écoutes et l’on se surprend rapidement à passer certains morceaux en boucle.

Très loin de l’ennui, Dream in Motion nous plonge dans une rêverie onirique, dont il faut souligner les excellentes qualités. Si vous êtes fan de Crowbar, c’est un passage obligatoire. Et si vous êtes nouveau venu(e), vous tenez ici une excellent introduction. Merci, Mr Windstein.

Kirk Windstein – Dream in Motion – Sortie le 24 Janvier 2020 via Entertainment One (EOne)

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