RAASHAN AHMAD The Sun-Tous droits réservés
RAASHAN AHMAD The Sun-Tous droits réservés

J’ai de nouveau le plaisir de vous retrouver afin que nous partagions ensemble le nouveau disque de Raashan Ahmad, The Sun et donc cette review.

Pour commencer, voici un bref résumé de l’artiste: Raashan Ahmad est un MC, producteur, DJ, dirige des labels avec une carrière florissante en tant qu’artiste Hip Hop. Il est le leader du groupe live Mission / Crown City Rockers. Par la suite, l’album Earthtones sort en 2004. Plus tard, en 2008, son album solo The Push sort sur Om Music avec des noms tels que de DJ Vadim, Aloe Blacc, Headnodic (de Crown City Rockers / Mighty Underdogs), Stro the 89th Key (de The Procussions), Descry entre autres.

Puis pour le single City Feel Proud, il collabore avec Chali 2na du groupe Jurassic 5, une production d’Eligh of the Living Legends et un remix de Quantic. Il a également vu sa notoriété grandir avec certaines mentions prestigieuses comme celles de XXL «Chairman’s Choice», ou dans des magazines de renom à l’instar du San Francisco Weekly et du San Francisco Guardian.

Un album solaire

Facile comme intro hein ? Et pourtant, l’essence même de ce projet, ou EP dirons nous plutôt, au vu de sa durée, c’est bien l’astre lumineux. Pas comme thématique principale, mais à bien considérer les choses, il s’en dégage une chaleur, de la luminosité. Par les temps que nous traversons actuellement, il est toujours important de souligner ce genre de choses je trouve. Quoiqu’il en soit The Sun vous procurera votre dose de beats et d’optimisme pour la journée. Voire plus si affinités.

A vrai dire, je triche un peu. Raashan Ahmad a sorti The Sun il y a bientôt un an maintenant. Et en toute honnêteté, je l’ai écouté il y a seulement quelques semaines. Mais comme je l’ai trouvé digne d’intérêt, je n’ai pas pu résister à l’envie de vous en parler. Le disque vous guidera donc à travers un état d’esprit positif. Des valeurs que connaissent, ou qu’on connu le Hip Hop à ses débuts. Mais si, rappellez vous: Peace, Unity, Love and Having Fun. Une façon de penser, un art de vivre malheureusement quelque peu tombé en désuétude ces dernières années.

Après la pluie, le beau temps

Le disque s’ouvre par l’entremise de No, probablement le titre le plus incisif de l’album. Car si Raashan Ahmad utilise un verbe gracieux, il n’oublie pas qu’un bon MC, en plus de maîtriser son flow, se doit d’avoir du contenu lyrical. Ca tombe bien, cela ne pouvait pas mieux démarrer. Le fond musical, lourd et rapide à la fois, met en évidence des paroles écrites au feu:  » Killing or the prison, the system ain’t about healing/ They call us the villains while dealing the blows to my people/ It’s never been equal sequal or trilogy same thing/ Choke us and shoot us treat us like animals, bang bang « .

Mais ceci ne représente que le point de départ d’une réflexion plus globale, abordant le respect de la vie privée sur Internet, l’hypocrisie de certains religieux ou bien les fausses distractions distribuées par la TV, la radio. Pour enfin aboutir à ce NO ! résolument ancré dans la réalité de notre époque, accompagné par un saxophone en roue libre qui vient interrompre l’instrumental à intermittence régulière, ajoutant encore un peu plus à l’instabilité générale que décrivent ces paroles.

Mighty Healthy

La suite tranchera radicalement avec ce premier morceau puisque Body Heat ou Wonderful Fantastic, dopés aux influences Néo Soul pour le premier et au gros Funk ultra groovy, références à Busta Rhymes feat A Tribe Called Quest en cadeau (Roaaar ! Roooar ! like a dungeon dragon !) pour le second, arriveront à point nommé pour chasser les nuages. S’il écrit et chante sur le poison, sa musique devient l’antidote à la grisaille du quotidien.

Mettons également en avant le morceau I Got Life, dont la vibe me fait penser, même d’assez loin, au SpottieOttieDopaliscious d’Outkast. Même genre de morceau qui se balance sur des cuivres nonchalants, plus une très très légère saveur Reggae en arrière plan. Une chanson parfaite pour se rappeler que parfois, il faut savoir se recentrer. Nous sommes en vie. C’est bien là le principal.

Puis surprise, une voix que nous connaissons en France sous le nom de Keren Ann se posera sur la guitare sèche de The Day the Sun Came. Le duo se complète bien quand on y pense, l’univers de la chanteuse ayant souvent véhiculé la même tranquillité, une sorte d’humeur propice au vague à l’âme.

Un soleil au beau fixe

Retour au rap plus classique avec Pain Away. Raashan Ahmad fera une nouvelle fois étalage de sa science du débit verbal classieuse, technique tout en restant sobre. Pas de faux roulements, ni de flow expédié à la vitesse de la lumière. Juste un titre positif Jazzy et une supplication: « Take My Pain Away ». Pour autant l’ambiance n’est pas à l’apitoiement mais plutôt à l’introspection, nuance. Très cool, Ahmad y expose une histoire d’où il tire une leçon de vie, un besoin de communiquer finalement pas si éloigné du statut de rappeur. De l’amitié, un salut.

Ensuite le superbe Breathe (« Respire ») nous emmènera sur un terrain semblable, très bel appel à la quiétude intérieure. Un rappel apaisant nous intimant l’ordre de souffler, de prendre le temps. De couper avec les petites agressions du quotidien, le stress, les mauvaises nouvelles. Nous finirons sur Sea, ses accords ainsi que sa flûte paisible. Ultime chanson d’un disque se voulant un trip intérieur, elle conclue de façon harmonieuse The Sun.

RAASHAN AHMAD The Sun la review, en conclusion

Le MC délivre un opus d’une part rafraîchissant, de l’autre respectueux de son art. Il livre peut-être ici sa vision du meilleur des deux mondes. On sent que cet homme a trouvé dans le Hip Hop une façon de répondre à certaines questions intérieures, humaines. Sa principale force réside dans le fait qu’en produisant un son très simple en apparence, on s’aperçoit bien vite de la multiplicité de ses influences musicales. Puis on écoute. Raashan Ahmad kidnappe notre oreille et notre cerveau, calmement.

Ses paroles nous questionnent, nous et notre rapport à ce qui nous entoure. Ce que nous vivons au jour le jour. Parfois il semble qu’il est proche de mettre un genou à terre, sauf que par volonté et/ou par habitude, il se reprend et avance. N’oublions pas des capacités purement techniques largement au niveau, un accompagnement sonore varié, et vous obtenez un disque résolument optimiste que je vous encourage vivement à découvrir, au même titre que d’autres sorties plus récentes.

Pour aller plus loin:
Raashan Ahmad Online: Twitter | Facebook | Instagram | Bandcamp

Raashan Ahmad-the Sun, déjà disponible.

Chronique réalisée à partir d’un exemplaire dématérialisé Bandcamp de l’album The Sun.

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