Swarm-Anathema-Tous droits réservés
Swarm-Anathema-Tous droits réservés

Dire que la scène Metal Française se porte bien fera sourire certains. Pourtant si l’on regarde bien, des groupes de qualité il y en a, et SWARM, qui met Antibes sur la carte du Heavy Metal, le prouve de fort belle manière.

En tout cas, c’est ce que nous allons essayer de démontrer avec la review du nouvel album de Swarm, Anathema.
Comme annoncé plus haut, le groupe représente Antibes. Une ville plus réputée pour sa proximité avec la mer et le soleil que pour ses riffs titanesques. Dans un autre ordre d’idée, Swarm officie dans le Groove Metal. Si l’appellation ne vous dit rien, pensez à des groupes tels que Pantera, Machine Head, Lamb of God

Mais il serait faux de résumer Swarm à une simple copie de ces illustres formations. En effet, les sudistes ont heureusement plus à proposer qu’une pâle imitation. Mais nous verrons cela par la suite.

Formé en 2013, Swarm est un groupe de métal originaire de la Côte d’Azur. Évoluant dans un mélange de Groove, Thrash et Hardcore, leurs paroles s’inspirent des maux que nous subissons tous au quotidien. Quelques années de travail acharné permettent au combo de sortir son premier LP Division & Disharmony. Premier album avec un premier clip, Headtrip. Le titre fera tourner le nom du groupe au delà du cercle d’initiés. Swarm en profite également pour partager l’affiche avec des groupes tels que Moghan Ra, In Other Climes, Colorblind, Made of Ashes, Deep in Hate ou Psykup. Le groupe ouvre aussi pour les stars du Nu Metal Ill Niño et sort son 2ème clip pour No Gods // No Guns

Tout ceci nous conduit aujourd’hui à ce nouvel album, d’une redoutable efficacité.

SWARM-ANATHEMA, la review

En premier lieu, le groupe choisit d’ouvrir le disque avec New Sun. Le choix est risqué puisque le titre frôle les 8 minutes au compteur ! Pourtant, il brisera la glace en faisant immédiatement étalage des talents de compositions de Swarm. Longue intro agrémentée de claviers, rythme ultra massif de batterie, c’est parti, on embraye tout de suite ! Donc autant prévenir les deux ou trois du fond qui ne suivent pas: ça va faire mal. Un solo brutal débarque avant que ne surgisse un riff qui ne l’est pas moins.

Conscients qu’un tel titre n’offre que peu de répit sur sa longueur, les Antibois opteront aussi pour la variété dans les ambiances. Effectivement la suite du morceau laissera la place à un mastodonte sonore, lourd, très lourd, et alternera entre deux atmosphères jusqu’au bout. C’est bon vous avez encaissé le premier missile ? Alors on continue.

Bouge ta tête on te dit !

Je parlais plus haut de Groove Metal. Frontiers, le second titre, en possède une tonne, du groove. Alors oui, on va oublier le groove en plastique et se concentrer sur celui en adamantium. Frontiers se situe aux abords d’un Pantera qui aurait copulé avec Slayer. La tête de l’enfant ressemble à cette chanson. Avec un PUTAIN de refrain en prime absolument… groove. Le genre qui te chope la nuque pour ne plus la lâcher. Ca accélère, ça gueule mais ça n’oublie en aucun cas de te faire transpirer. Grosse prestation de Rémy, le chanteur et Matt, guitariste-chanteur, tout à fait intenables du début à la fin, qui feront évoluer vocalement Frontiers entre growl viril et parties claires avec brio. Énorme titre.

Une prod’ au taquet

On restera dans l’ambiance « riff hardcore option démolition totale » puisque Intifada anéantira tout espoir de résistance. Intifada a une saveur particulière pour moi et me permet d’aborder un point crucial dans le son du groupe. Tout d’abord, disons les choses franchement. L’album sonne carrément bien (mixage/enregistrement au studio Artmusic, mastering au studio Kohlekeller). Tu as beau t’en prendre plein la tête, il y a de l’espace, on respire entre les notes, il n’y a pas cette sensation d’écoute étouffante que l’on peut parfois entendre dans les disques du genre. Et on aime bien cela par ici.

Pour revenir sur Intifada, Swarm mélangera vitesse, complexité des structures et moments (un peu ) moins intenses, avec un sens de la compo évident. Comme le dit si bien Rémy à la fin de la chanson: « Urgh ! »

Dirty Deeds

The Deed Is Done prendra le relais avec une pointe de French Touch puisque le groupe ajoute des paroles en français à son arsenal sonore. Le titre se glisse vers le très bon d’Anathema et convainc sans peine. La mélodie principale, furieuse, reste simple mais pas basique. Le tempo donne globalement envie de jumper comme un dingue et il y aura des bleus à soigner après cette avalanche de décibels. Mais la donne change quelque peu ensuite avec Spoutnik Explorer.

Une intro très douce, presque rêveuse, surprenante, débouchera sur un riff bien heavy. Swarm ne ralentira pas le galop bien longtemps et laissera s’exprimer son talent pour les gifles métalliques un peu plus loin ( ce solo ! ), non sans qu’un petit break légèrement aérien nous ait auparavant laissé entrevoir une fois de plus son goût pour les variations dans les ambiances. Un morceau plus que bienvenu à ce stade qui évite à l’album de tourner en rond.

Pas aveugle, encore moins muet ni sourd

Swarm, dans cette review d‘Anathema, passe un autre cap avec le très justement clippé Deaf Blind Silent. On y entend Rémy poser des couplets mi rappés mi chantés, soutenu par Anthony Trillaud, le batteur, qui cadence les fondations du titre avec la précision d’une machine. Je pose par ailleurs la question suivante: Est-il le résultat du croisement entre une boîte à rythmes et un marteau-piqueur ? Sérieusement, ce mec cogne dur sans oublier d’insuffler suffisamment de dynamique à ses patterns pour nous faire secouer nos crânes comme si c’était la dernière fois.

Quant aux harmonies et autres riffs mis en place par les guitaristes Antoine Chapet et Matt Bankowski, l’un déchire vos tympans à coups de solo soit technique, soit destructeur (voire les deux à la fois, ne nous privons pas) tandis que l’autre bétonne derrière, le tout dans l’entente la plus cordiale, tout accompagnés qu’ils sont par le jeu solide de Mikael Gentili à la basse.

Quoi qu’il en soit, Deaf Blind Silent fait dans la qualité. Fluide, ultra accrocheur en restant incisif, nous avons probablement ici l’un des meilleurs titres que nous donne à entendre Swarm dans cette review d’Anathema.

ANTIBES TEXAS CONNECTION

Mais ça, c’était avant Life on Hold. À supposer que vous lisiez toujours cette review, je vous demande une chose. Accrochez vous bien. Car à mon sens il y a du Dimebag Darrell là dedans. Pas uniquement bien entendu, mais durant les premières secondes, j’ai cru voir sa célèbre guitare Dime From Hell devant moi. Hey, c’est pas rien quand même ! Life on Hold a cette sève un peu plus fine néanmoins, plus « catchy » si j’ose dire. Que dire, une nouvelle fois, du solo final et des voix qui s’y superposent ? Les Texans seraient sans doute fiers. Le morceau se suffit toutefois à lui même, mais il y a un parallèle à faire et pas des plus mauvais, loin s’en faut.

Simple Automata Return ensuite. Tiens, encore une bonne surprise. Quelque chose qui ressemble à du Thrash/Power Ballad vintage. S’il y a des vétérans des 90’s qui lisent ceci, cela leur rappellera des souvenirs émus. Construit comme une montée en puissance, avec une voix féminine au début, oscillant entre calme et tempête, l’humeur est à la mélancolie rageuse. Puis Simple Automata Return explosera à la fin dans un torrent de notes déchirantes. Très bon.

Hardcore jusqu’à la mort

Legacy of Misery signera le retour à du Swarm version hardcore. De quoi se remettre du morceau précédent dans la joie et l’allégresse. Pour autant le combo n’oublie jamais d’intégrer ici et là des petits changements, des breaks qui continuent de tenir l’auditeur en haleine. Le déferlement continue jusqu’au terme d’Anathema en compagnie de Five et surtout de l’épique Pyroclastic Flow. Ce dernier est un instrumental assez décomplexé donnant dans la démonstration de puissance assumée. Vous vouliez une dernière dose de Metal en fusion ? La voilà ! La boucle s’achève comme elle a commencé en début d’album avec un titre long, fougueux, porté par un frénétisme de tous les instants. Ou presque. Pyroclastic Flow termine l’opus avec des notes acoustiques calmes en guise d’au revoir.
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Nous allons, malheureusement, faire de même ( pas la guitare, mais « au revoir »).

SWARM ANATHEMA – LA REVIEW, EN CONCLUSION

Quelle belle découverte. Swarm a de l’audace et manie brillamment l’ingéniosité dans sa violence. Il faut bien écouter l’album pour s’apercevoir qu’il y a bien d’autres choses à découvrir qu’un simple disque de Metal / Thrash. Rajoutant une couche ici, une signature par là, une couleur sonore ailleurs, Anathema joue dans la cour des grands avec intelligence. Il serait d’ailleurs injuste que le groupe n’ait pas accès à une plus grande audience sous peu. La clarté de la production, le jeu des musiciens, les voix… Pas grand chose à redire. Tout assure. Swarm se paie le luxe d’en remontrer à tout un tas de groupes du genre qui ne songent qu’à faire un disque tel que celui ci. Ne sous-estimons pas non plus une puissance de feu qui fera des ravages parmi le public lors de futurs concerts et vous tenez un bâton de dynamite musical.

Bien évidemment déconseillé aux cardiaques. Les autres, foncez, c’est du velours.

SWARM-ANATHEMA disponible depuis le 30 septembre 2019 – Indépendant



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