ABYSMAL DAWN PHYLOGENESIS – Pär Olofsson -Tous droits réservés
ABYSMAL DAWN PHYLOGENESIS – Pär Olofsson -Tous droits réservés

Bonjour à toutes et à tous ! En ces temps de confinement planétaire, une chose rassure: La bonne musique parvient toujours à se frayer un chemin. Et avec un plaisir certain, nous allons causer Death Metal, le vrai, le bon, celui qui tâche ! Laissez vous donc embarquer dans une autre chronique du Zeekologue avec cette petite bombe qui nous vient tout droit de l’ensoleillée Los Angeles !

la review du dernier Abysmal Dawn Phylogenesis peut commencer !

Le groupe vit la lumière du jour en 2003, et dès le départ démontra une attirance pour le old school Death Metal avec cependant une approche plus atmosphérique et mélodique propre aux combos de cette époque. Leur première déclaration d’intention, une démo de 3 titres sortie à l’hiver 2004 suscita un vif intérêt au sein de la communauté du Death underground. Nos Death Metalleux montèrent sur scène aux côtés de prestigieuses têtes d’affiche telles que HATE ETERNAL, ABORTED, et bien d’autres. Avec ‘From Ashes‘ (2006), ABYSMAL DAWN explosa immédiatement et obtint une reconnaissance internationale. Une tournée en compagnie de SIX FEET UNDER et DECAPITATED suivit.

ABYSMAL DAWN eut par la suite quelques réorganisations dans son line-up, qui laissèrent Charles Elliott en tant que seul membre originel. Plus tard, un tout nouveau groupe investit le studio en Août 2010 afin d’enregistrer ‘Leveling the Plane of Existence‘, mixé et masterisé par Erik Rutan (CANNIBAL CORPSE, HATE ETERNAL). Le disque sortit l’année suivante. Une tournée avec CANNIBAL CORPSE et EXHUMED propagea la bonne parole et augmenta encore la fan base du combo.
Par la suite, ABYSMAL DAWN commença à explorer le côté technique de leur son, une facette que l’album ‘Obsolescence‘ (2014) emmena encore plus loin. Plus diversifiés que jamais, les Californiens partirent en Europe supporter DEATH TO ALL et LOUDBLAST en 2015. Les US eurent droit à une série de concerts de haut niveau avec ces nouvelles étoiles montantes ainsi qu’avec CANNIBAL CORPSE, OBITUARY, CRYPTOPSY.

Revigoré par ce tout nouveau line-up, le quartet qui entoure Charles Elliott se prépare désormais à envahir le monde en publiant Phylogenesis !


Plongée dans les abysses

Alors, on va être clair tout de suite. Avec Phylogenesis, ABYSMAL DAWN met la barre assez haut. En outre, dès l’entame de l’album avec Mundane Exist et The Path of the Totalitarian, toutes les deux bien sauvages, il ne fait pas l’ombre d’un doute que les titres présents vont pulvériser tout espoir de résistance. Si vous vouliez du Death Metal qui mélange brutalité, technique et virulence… Ne cherchez pas plus loin. Il y a effectivement ce mélange entre saveurs old school dévastatrices et rapidité d’exécution. Ce que démontrera une chanson comme Hedonistic, mêlant habilement une courte mais lourde intro, des couplets au tempo saccadé soutenus par la batterie métronomique de James Coppolino.

A Speck in The Fabric of Eternity reflète la frénésie qui illumine ce Phylogenesis. La même qu’ ABYSMAL DAWN puise dans notre folie quotidienne et ordinaire. « 90-day profits have made us sick » grogne Elliott. Comment lui donner tort, au vu de ce qu’il se passe dans le monde de nos jours ? Le pilonnage instrumental du morceau est sans faille. Sans remord. Coerced Evolution s’attaque à notre pratique de la technologie. Et donc quel meilleur titre pour mettre en valeur le visage la maîtrise instrumentale qui caractérise les Angelinos ? Tout d’abord mid-tempo, la chanson progressera vers un rythme plus rapide, pour se finir à un train d’enfer. Ici également, notons les propos acerbes du chanteur (propos qui servent de thématique à tout le disque en vérité) sur notre habitude à mélanger vitesse et précipitation dans la quête d’un « monde meilleur ». La technologie nous sert-elle ou bien nous asservit-elle ?

Une nation malade

Pas le temps de souffler puisque True to the Blind tacle directement à la gorge. De nouveau un morceau furax au cours de cette review du Phylogenesis d’Abysmal Dawn. Cette fois, il s’agit de parler de certains médias. Leur manipulation, la monétisation de l’information au profit du mensonge. En outre, il faut parler de la prestation des guitares. Rythmiquement impeccables, ou bien capables de lacérer les tympans avec des envolées tonitruantes, elles mettent en relief toute la hargne des textes. ABYSMAL DAWN a de la rage à revendre contre l’époque et le fait savoir.

Le plus Heavy Soul-Sick Nation rendra compte de l’état, si ce n’est du monde, mais au moins de leur pays. Une descente dans les décombres d’une société partagée entre le laisser-aller et l’envie de changement immédiat. Voire de révolte. Véritable rouleau-compresseur musical, Soul-Sick Nation laminera les dernières questions que l’on pourrait se poser avec des arguments sonores difficiles à contester. Festival de riffs, avec un sens certain du groove néanmoins, la chanson se place parmi les meilleures du disque.

Abysmal Dawn & Death

Enfin, terminons cette review avec les deux derniers titres. The Lament Configuration tout d’abord, parlera des victimes de ce monde. Et comme si cela ne suffisait pas, en particulier de celles et ceux qui ne cherchent plus la lumière au bout du tunnel. Ceux pour qui le désespoir est devenu la norme. « The morbid fantasies, The self-inflicted torment, You long for agony just to feel alive, You want this pain to never stop » assènera le groupe. Le titre nous gratifiera d’un superbe solo mélodique jusqu’à sa presque fin. Une chanson à mon sens importante, pleine de vérité. Globalement, le morceau se montre irréprochable dans sa structure, quant à l’interprétation elle aussi se veut à la hauteur des ambitions d’ ABYSMAL DAWN. Purement dévastateur.

Une dernière preuve de goût ? Phylogenesis se conclut sur Flattening Of Emotions, une reprise de DEATH, le groupe de feu Chuck Schuldiner, légende du genre musical Death, parti bien trop tôt. La cover rend un bel hommage à l’original, tout en y ajoutant la patte sonore dont est coutumier ABYSMAL DAWN. D’ailleurs, si vous ne connaissez pas DEATH, nous avons consacré un petit article à l’album Spiritual Healing qui a fêté ses 30 ans il y a quelques temps.

En écoutant le morceau, on voit immédiatement la filiation entre les deux combos. ABYSMAL DAWN a su retenir dans son ADN certaines graines que Schuldiner semait à son époque. Des morceaux brutaux, mais pas que, un intérêt pour les mélodies sous une couche de riffs hardcores, des paroles traitant de l’horreur. Pas celle des films de science-fiction, mais l’horreur quotidienne, bien réelle. De fait, Flattening Of Emotions s’intègre très bien au reste du disque sans que cela ne dénature le matériel original.

ABYSMAL DAWN – PHYLOGENESIS REVIEW, en conclusion

ABYSMAL DAWN, avec Phylogenesis et dans cette review, sort le grand jeu. Un compte rendu sur l’état du monde et de sa population. Sans pour autant taxer le groupe de « politisé », le discours tenu dans l’album est important. Presque sensible, au sens dramatique du terme. Néanmoins, ils ne tombent jamais dans une espèce d’auto-parodie. Il s’agit simplement d’un ressenti, rendu puissance 1000.

Avec assez d’intentions pour détruire tout ce qui corrompt cette planète, et à défaut de soulever les montagnes, souhaitons que Phylogenesis rassemble les foules autour de lui. Les qualités présentes (excellence dans le jeu en premier) montrent bien que l’intention sert le propos. Nous avons là un disque auquel tout fan de Death Metal devrait jeter une oreille et accorder son attention.

Plus que conseillé !

Abysmal Dawn:
Charles Elliott – lead guitare / guitare rythmique, voix, « paysages sonores »
Eliseo Garcia – basse, voix additionnelles
James Coppolino – batterie
Vito Petroni – lead guitare

ABYSMAL DAWNPhylogenesis, dispo le 17/04/2020 via Season Of Mist

Pour aller plus loin

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