Deftones - Ohms - Tous droits réservés
Deftones – Ohms – Tous droits réservés

Deftones est de retour avec Ohms, un nouvel album de 10 titres. Après le réussi Gore en 2016, le groupe de Sacramento continue sur sa lancée avec une excellente sortie.

Pour commencer cette review du dernier DEFTONES, Ohms, nul besoin de revenir sur le caractère extrêmement talentueux du groupe. Mais pour les nouveaux venus, il convient toutefois de faire un rapide état des lieux.

Dès leurs débuts en 1995 avec Adrenaline, les Californiens démontrèrent un potentiel tout à fait étonnant. Adrenaline fait toujours partie de mes albums favoris à ce jour, même si il montre maintenant surtout un combo à l’état embryonnaire en pleine ère Nu Metal .

Puis vint Around The Fur en 1997. Comportant des titres majeurs tels que Be Quiet and Drive (Far Away),
My Own Summer (Shove It), Headup en compagnie de Max Cavalera de Sepultura/Soulfly, Around The Fur fut un grand pas en avant dans leur carrière.

Mais ce ne fut rien en comparaison de White Pony. Ce dernier rompit les ponts avec le mouvement Néo Metal de façon claire, dévoilant des motivations beaucoup plus personnelles. DEFTONES acquit alors ses galons de groupe avec une identité propre. Ce que ne firent que confirmer par la suite des albums comme le plus « expérimental » Saturday Night Wrist, Diamond Eyes, Koi No Yokan ou bien Gore. Sur un lit de riffs Metal, DEFTONES se plaît à tisser des morceaux aux atmosphères globalement mélancoliques, aériennes, ou plus dures avec des influences allant du Hardcore en passant par The Cure entre beaucoup d’autres. Tout ceci nous conduit donc à Ohms, neuvième disque d’une déjà longue et talentueuse carrière.

Deftones, des Ohms forts

Ohms commence calmement sur quelques notes de guitare et de synthé afin d’introduire Genesis le premier titre. Chino Moreno, le chanteur, avait prévenu. Ce nouvel effort allait être l’un des plus heavy de DEFTONES. Et le bougre n’avait pas menti. La structure principale est monumentale, écrasante. Le groupe nous replace immédiatement en terrain connu. Et Moreno d’y aller d’une voix hurlée ou plus calme. Une structure faisant partie de la signature du groupe et que l’on trouvera ailleurs sur Ohms. Des morceaux comme Genesis ou Radiant City possèdent cette force de frappe. Les Californiens n’oublient pas de nous montrer pourquoi nous les chérissons. Il n’y a pas que des démonstrations de force pure, comme le prouvent des morceaux à l’instar de la chanson éponyme. L’alliance entre vocaux déchirants et riffs monstrueux fait toujours partie de leur ADN.

L’un des gros atouts de ce disque est également de nous rappeler autre chose. Abe Cunningham est un très bon batteur et son « swing » a toujours beaucoup amené aux compos. C’est lui qui dynamite l’ensemble tout en ancrant les chansons au sol. Voilà un type qui a un vrai sens du rythme dans le style. Stephen Carpenter renifle avec toujours autant de goût les bons coups pour ce qui est d’enfoncer d’excellents riffs dans votre tête. Il passe des mélodies brutales aux instants plus doux avec facilité. De manière plus générale, DEFTONES reste cette unité compacte capable d’alourdir follement un titre mais aussi de le catapulter vers les étoiles.

Un nouvel album ohmnipotent ?

Je parlais plus haut des ambiances alternées dans un album des DEFTONES. L’une des réussites à ce niveau dans Ohms s’appelle The Spell of Mathematics. Un titre bouillonnant qui reflète parfaitement le rollercoaster sonore auquel nous a habitué le groupe depuis longtemps, mais dont la recette n’a pas pris une ride. Avec un riff monumental de puissance, son refrain lancinant et son final tout en délicatesse, qui pose les choses petit à petit puis se terminant sur des claquements de doigts ainsi que sur une basse en rondeur (merci Sergio Vega), nous tenons ici un futur classique. Je l’espère en tout cas. Car The Spell of Mathematics devrait causer quelques dégâts en concert (mais oui, vous verrez, les concerts reviendront un jour !).

Urantia est d’ailleurs du même acabit, bien que plus mélodique globalement. Saupoudré de quelques effets electro par ci par là, il met l’accent sur la facette plus accessible de DEFTONES. Les guitares rugissent néanmoins, mais s’effacent pour laisser Moreno s’exprimer avec grâce. L’on retrouvera cet angle pendant Headless, bon mélange d’instants éthérés et de lourdeur instrumentale.

En conclusion

Pour achever cette review, je dirai que DEFTONES poursuit avec Ohms son chemin. Bien entendu, nous aimerions les croiser plus souvent mais contrairement à d’autres, si le groupe prend son temps pour enregistrer quelque chose, l’attente est rarement décevante. Une fois de plus, nous avons la preuve qu’ils n’utilisent pas ces longues années entre leurs albums pour faire n’importe quoi.

Ce qui me permet d’ajouter combien DEFTONES arrive encore, à se montrer particulièrement brillant. Le groupe ne se réinventera pas vraiment mais sort une synthèse par petites touches de tout ce qui fait leur carrière. Ohms est un bon disque rempli de morceaux de bravoure immédiats. Un bien bel effort à mettre à leur crédit avec ces 10 titres allant droit au but, sans fioritures. En cela nous saluerons aussi Terry Date, pour un mixage studio efficace.

Ce genre de régularité dans la réussite doit être mise en avant, surtout de nos jours.

Tracklist

1°) Genesis
2°) Ceremony
3°) Urantia
4°) Error
5°) The Spell of Mathematics
6°) Pompeji
7°) This Link is Dead
8°) Radiant City
9°) Headless
10°) Ohms

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Review de l’album Deftones – OHMS réalisée à partir d’un exemplaire physique, acheté par nos soins.

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