HELLRIPPER THE AFFAIR OF THE POISONS

Hellripper - The Affairs Of the Poisons - Tous droits réservés
Hellripper – The Affairs Of the Poisons – Tous droits réservés

Hellripper reviennent avec The Affair Of The Poisons ! Le groupe mené par James McBain est de retour afin de nous administrer la dose salvatrice de Speed Thrash Metal dont notre monde a bien besoin actuellement. Et pour ces musiciens dépassant allègrement le mur du son, rien ne vaut le bon vieux riff made in 1983. Retour vers le futur ?

Hellripper – The Affairs Of the Poisons – La chronique

HELLRIPPER, avant de commencer cette review de The Affair Of the Poisons, apparut pour la première fois en 2014, mené par James McBain. On dit que les Ecossais peuvent donner dans l’avarice, pourtant le groupe basé dans les Highlands n’a pas la réputation de retenir ses morceaux ultra rapides. Influencés par Motörhead, Venom, Kreator ou les premiers disques de Metallica, il faut donc s’attendre à un déluge de titres hautement énergiques. Depuis sa première démo, HELLRIPPER fait feu de tout bois et ne relâche aucun prisonnier. Afin de présenter le dernier album aux nouveaux arrivants, laissons la parole à James McBain:

« The Affair of the Poisons contient le mélange de thrash / black / speed metal et punk pour lequel HELLRIPPER est devenu connu, mais cette fois, je pense que le résultat final sonne plus cohérent. Certaines pistes ont un aspect plus simple tandis que d’autres contiennent des rebondissements et des parties nouvelles pour le son HELLRIPPER. Comme toujours, tout le processus d’écriture et d’enregistrement a été réalisé à la maison par moi-même. Plus quelques amis qui ont apporté des voix supplémentaires ainsi que des parties de guitare principale. L’album, mixé par moi-même et masterisé par Brad Boatright chez Audiosiege résulte d’un travail incroyable.« 

Briser le mur du son

Et bon dieu qu’il a raison. Tout au long des pistes de The Affair Of The Poisons, les chansons brillent par leur sauvagerie et leur exécution ô combien jouissive. HELLRIPPER donne le ton d’entrée de jeu avec le morceau éponyme. L’on constatera que la force de frappe des Ecossais reste donc intacte. Et dire que cela ne fait que quelques années seulement qu’ HELLRIPPER existe, et puis seulement après une démo, un EP, quelques splits et un album seulement, ils arrivent à tirer la quintessence de leur mixture sonique sans peine.

Néanmoins, les influences citées plus haut sont immédiatement reconnaissables. Mais si effectivement les coupables sont aisément identifiables, nous restons dans l’inspiration parfaitement digérée. Des chansons comme Vampire’s Grave, The Hanging Tree ressortent comme de véritables tornades balayant tout sur leur passage. Blood Orgy of the She-Devils ou encore Beyond the Convent Walls témoignent de la volonté de chaque instant de HELLRIPPER de briser les nuques des derniers résistants. L’énorme Savage Blasphemy quant à lui, finira de convaincre les sceptiques à grands coups de rythmique déchaînée et de solo façon lame de rasoir. Le propos est bref, direct, ne fait pas dans la demi-mesure.

En conclusion

Nous terminerons cette review en faisant plus que recommander ce The Affair Of The Poisons par HELLRIPPER. Si vous aimez une certaine époque dans le Metal, où la rapidité régnait en maître, alors vous serez servis. Allant directement à l’essentiel, sans fioritures, le projet de James McBain (rappelons que s’il sait s’entourer, il s’agit surtout du groupe d’un seul homme) reste absolument dévastateur de A à Z. L’esprit originel Black/Speed/Thrash Metal reste présent au travers de ces 8 titres extrêmement convaincants. Avec également en prime un léger swag Rock N’Roll pas dégueulasse du tout. Ca ou une beigne dans la tronche, c’est pareil.

Donc qu’attends tu mon ami ? Mets ton plus beau cuir, fais le signe des cornes avec ta main, appuie sur play et headbangue comme un malade !

Fortement conseillé aux fans de Hellsword, Midnight ou encore Toxic Holocaust. Et les autres, bien entendu.

TRACKLIST:


1. The Affair Of The Poisons
2. Spectres Of The Blood Moon Sabbath
3. Vampire`s Grave
4. Beyond The Convent Walls
5. Savage Blasphemy
6. Hexennachtm
7. Blood Orgy Of The She-Devils
8. The Hanging Tree

HELLRIPPER ONLINE: Facebook | Twitter | Instagram | Bandcamp | Site Officiel |

HELLRIPPER, THE AFFAIR OF THE POISONS disponible le 09 Octobre 2020 via Peaceville Records

DEFTONES OHMS

Deftones - Ohms - Tous droits réservés
Deftones – Ohms – Tous droits réservés

Deftones est de retour avec Ohms, un nouvel album de 10 titres. Après le réussi Gore en 2016, le groupe de Sacramento continue sur sa lancée avec une excellente sortie.

Pour commencer cette review du dernier DEFTONES, Ohms, nul besoin de revenir sur le caractère extrêmement talentueux du groupe. Mais pour les nouveaux venus, il convient toutefois de faire un rapide état des lieux.

Dès leurs débuts en 1995 avec Adrenaline, les Californiens démontrèrent un potentiel tout à fait étonnant. Adrenaline fait toujours partie de mes albums favoris à ce jour, même si il montre maintenant surtout un combo à l’état embryonnaire en pleine ère Nu Metal .

Puis vint Around The Fur en 1997. Comportant des titres majeurs tels que Be Quiet and Drive (Far Away),
My Own Summer (Shove It), Headup en compagnie de Max Cavalera de Sepultura/Soulfly, Around The Fur fut un grand pas en avant dans leur carrière.

Mais ce ne fut rien en comparaison de White Pony. Ce dernier rompit les ponts avec le mouvement Néo Metal de façon claire, dévoilant des motivations beaucoup plus personnelles. DEFTONES acquit alors ses galons de groupe avec une identité propre. Ce que ne firent que confirmer par la suite des albums comme le plus « expérimental » Saturday Night Wrist, Diamond Eyes, Koi No Yokan ou bien Gore. Sur un lit de riffs Metal, DEFTONES se plaît à tisser des morceaux aux atmosphères globalement mélancoliques, aériennes, ou plus dures avec des influences allant du Hardcore en passant par The Cure entre beaucoup d’autres. Tout ceci nous conduit donc à Ohms, neuvième disque d’une déjà longue et talentueuse carrière.

Deftones, des Ohms forts

Ohms commence calmement sur quelques notes de guitare et de synthé afin d’introduire Genesis le premier titre. Chino Moreno, le chanteur, avait prévenu. Ce nouvel effort allait être l’un des plus heavy de DEFTONES. Et le bougre n’avait pas menti. La structure principale est monumentale, écrasante. Le groupe nous replace immédiatement en terrain connu. Et Moreno d’y aller d’une voix hurlée ou plus calme. Une structure faisant partie de la signature du groupe et que l’on trouvera ailleurs sur Ohms. Des morceaux comme Genesis ou Radiant City possèdent cette force de frappe. Les Californiens n’oublient pas de nous montrer pourquoi nous les chérissons. Il n’y a pas que des démonstrations de force pure, comme le prouvent des morceaux à l’instar de la chanson éponyme. L’alliance entre vocaux déchirants et riffs monstrueux fait toujours partie de leur ADN.

L’un des gros atouts de ce disque est également de nous rappeler autre chose. Abe Cunningham est un très bon batteur et son « swing » a toujours beaucoup amené aux compos. C’est lui qui dynamite l’ensemble tout en ancrant les chansons au sol. Voilà un type qui a un vrai sens du rythme dans le style. Stephen Carpenter renifle avec toujours autant de goût les bons coups pour ce qui est d’enfoncer d’excellents riffs dans votre tête. Il passe des mélodies brutales aux instants plus doux avec facilité. De manière plus générale, DEFTONES reste cette unité compacte capable d’alourdir follement un titre mais aussi de le catapulter vers les étoiles.

Un nouvel album ohmnipotent ?

Je parlais plus haut des ambiances alternées dans un album des DEFTONES. L’une des réussites à ce niveau dans Ohms s’appelle The Spell of Mathematics. Un titre bouillonnant qui reflète parfaitement le rollercoaster sonore auquel nous a habitué le groupe depuis longtemps, mais dont la recette n’a pas pris une ride. Avec un riff monumental de puissance, son refrain lancinant et son final tout en délicatesse, qui pose les choses petit à petit puis se terminant sur des claquements de doigts ainsi que sur une basse en rondeur (merci Sergio Vega), nous tenons ici un futur classique. Je l’espère en tout cas. Car The Spell of Mathematics devrait causer quelques dégâts en concert (mais oui, vous verrez, les concerts reviendront un jour !).

Urantia est d’ailleurs du même acabit, bien que plus mélodique globalement. Saupoudré de quelques effets electro par ci par là, il met l’accent sur la facette plus accessible de DEFTONES. Les guitares rugissent néanmoins, mais s’effacent pour laisser Moreno s’exprimer avec grâce. L’on retrouvera cet angle pendant Headless, bon mélange d’instants éthérés et de lourdeur instrumentale.

En conclusion

Pour achever cette review, je dirai que DEFTONES poursuit avec Ohms son chemin. Bien entendu, nous aimerions les croiser plus souvent mais contrairement à d’autres, si le groupe prend son temps pour enregistrer quelque chose, l’attente est rarement décevante. Une fois de plus, nous avons la preuve qu’ils n’utilisent pas ces longues années entre leurs albums pour faire n’importe quoi.

Ce qui me permet d’ajouter combien DEFTONES arrive encore, à se montrer particulièrement brillant. Le groupe ne se réinventera pas vraiment mais sort une synthèse par petites touches de tout ce qui fait leur carrière. Ohms est un bon disque rempli de morceaux de bravoure immédiats. Un bien bel effort à mettre à leur crédit avec ces 10 titres allant droit au but, sans fioritures. En cela nous saluerons aussi Terry Date, pour un mixage studio efficace.

Ce genre de régularité dans la réussite doit être mise en avant, surtout de nos jours.

Tracklist

1°) Genesis
2°) Ceremony
3°) Urantia
4°) Error
5°) The Spell of Mathematics
6°) Pompeji
7°) This Link is Dead
8°) Radiant City
9°) Headless
10°) Ohms

Deftones Online: Site | Facebook | Instagram | Twitter

Review de l’album Deftones – OHMS réalisée à partir d’un exemplaire physique, acheté par nos soins.

CRIPPLED BLACK PHOENIX ELLENGAEST

CRIPPLED BLACK PHOENIX ELLENGAEST

CRIPPLED BLACK PHOENIX dévoile son nouvel album, Ellengaest

CRIPPLED BLACK PHOENIX dévoile maintenant le titre et la date de sortie de son prochain album, Ellengaest ! La nouvelle offrande devrait sortir dans le monde entier le 9 octobre 2020. La nouvelle musique puis le coup d’envoi de la précommande seront partagés le 28 juillet.

Le maître d’oeuvre Justin Greaves commente: « Cet album a été enregistré à la fin de l’année dernière, donc nous sommes très excités de le laisser enfin aller librement dans le monde. On a l’impression que c’est une nouvelle ère pour CRIPPLED BLACK PHOENIX, nous embrassons le changement. Les chansons sont un ensemble de pensées et de sentiments qui se rapportent tous à la façon dont nous existons dans le monde. Mais aussi à traverser les autres dimensions, comment nous avons tous des esprits et des démons. Comment nous pouvons être forts et aussi faibles. Comment nous pleurons également la race humaine. L’œuvre de Thana exprime vraiment le thème de l’album. Elle visualise parfaitement l’aspect spirituel d’Ellengæst. Il y a une atmosphère qui vous attire. « 

« Une chose que nous ne ferons jamais est de nous en tenir aux règles et de rester dans la boîte. »

Tels sont les mots du fondateur, compositeur et guitariste de CRIPPLED BLACK PHOENIX, Justin Greaves, qui a guidé ce collectif musical progressif, stimulant et changeant de forme depuis sa formation en 2004. Leur nouvel effort, Ellengæst, suit un modèle récent du groupe en sortant un mini-album entre les albums studio. Il s’agit d’un résultat direct de leur créativité incessante. Quand Greaves a des chansons, CRIPPLED BLACK PHOENIX les enregistre. Ellengæst a la tâche difficile de suivre la grand et émouvant Great Escape de 2018. Ellengæst, cependant, ne fait aucune tentative pour s’associer ou dépasser Great Escape. Les circonstances l’ont largement empêché de toute façon.

Des bonbons avec des lames de rasoir

Tout de même, le jour où l’enregistrement a commencé pour Ellengæst, CRIPPLED BLACK PHOENIX – complété par la chanteuse Belinda Kordic, le guitariste Andy Taylor et la multi-instrumentiste Helen Stanley, s’est soudainement retrouvé sans un chanteur et claviériste. Alors que des événements similaires sonneraient le glas de la plupart des groupes, Greaves en a profité pour puiser dans son réseau d’amis musiciens.

Avant qu’ils ne s’en rendent compte, plusieurs chanteurs invités de premier plan sécurisèrent néanmoins leur place. Prêts et capables de prêter leurs talents considérables à Ellengæst qui, en vieil Anglais, se traduit par «démon espiègle», mais en scandinave par «esprit fort». Il représente la dualité de CRIPPLED BLACK PHOENIX. «Cela vient du même endroit, mais avec des connotations différentes», dit Greaves. «C’est ce groupe en un mot. Nous avons dû rester forts à cause de tous les bullshit que nous avons rencontrés, mais nous sommes toujours subversifs. C’est comme si nous donnions aux enfants des bonbons avec des lames de rasoir. »

CRIPPLED BLACK PHOENIX renaît de ses cendres

CRIPPLED BLACK PHOENIX n’est donc pas étranger à l’adversité, faisant des événements entourant la création d‘Ellengæst un autre barrage pour un groupe dont l’existence même a été menacée à plusieurs reprises. Leur configuration unique et leur refus obstiné de se plier par exemple aux normes musicales peuvent dérouter le consommateur occasionnel de musique. Cependant, le cœur de CRIPPLED BLACK PHOENIXGreaves, Kordic, Taylor et Stanley – prospère sur le non conventionnel, restant résolument singulier et indéfinissable. En conséquence, Greaves pense que cette incarnation de CRIPPLED BLACK PHOENIX est la plus forte à ce jour. Tout ce qu’il a fallu, c’est un autre changement radical pour le prouver.

«C’était la meilleure chose qui aurait pu nous arriver», dit-il. «Avant, il y avait cet horrible nuage de drame qui nous suivait. Il se passait toujours quelque chose. Après quoi, une fois que cela était parti et que les gens qui se retrouvaient à l’extérieur du groupe qui en faisaient partie, et que le drame s’éloignait, Helen et moi nous sommes retrouvés en train d’enregistrer en studio lors de la première session. Nous avons juste continué avec ça. Nous n’avons pas réfléchi à deux fois. Lors de la deuxième séance, nous nous sommes juste sentis davantage libérés. Nous savions juste que « ça serait génial. » Nous sommes tous tellement excités par les possibilités. C’est comme si nous avions rajeunis. « 

LINE UP

Justin Greaves
Belinda Kordic
Helen Stanley
Andy Taylor
Ben Wilsker

TRACKLIST

01. House Of Fools (7:52)
02. Lost    (8:11)
03. In The Night    (8:38)
04. Cry Of Love (5:46)
05. Everything I Say    (7:21)
06. (-) (1:51)
07. The Invisible Past (11:26)
08. She’s In Parties    (3:51)

Crippled Black Phoenix Online: FB | Site Officiel | Season Of Mist

GUILLAUME PERRET A CERTAIN TRIP

Guillaume Perret - A Certain Trip - Crédit Timothée Raymond
Guillaume Perret – A Certain Trip – Crédit Timothée Raymond

Bienvenue ! L’album de Guillaume PERRET, « A Certain Trip » vous attend cette semaine sur Zeekology. Une chronique particulière puisque nous parlerons Jazz. Le site étend son champ d’action et entend bien vous en faire profiter !

Mais qui est Guillaume Perret ?

Tout d’abord avant de commencer la review du dernier Guillaume Perret, « A Certain Trip » il faut faire un point bio pour ceux qui ne suivent pas: Guillaume Perret découvre des sons. Il sculpte les sonorités de son saxophone avec des pédales et des effets électrifiés pour amener ses notes vers un univers surprenant et inclassable, qui nous invite au rêve, étrangement musical.

Sa musique ne s’inscrit pas dans un genre, elle fait appel à nos sens. Il s’agit d’une innovante mixture de jazz contemporain, de grooves funky, d’electro, de sonorités orientales ou de metal hurlant… Une musique hybride, troublante, envoûtante, remplies d’images et de sensations.

Saxophoniste hors pair, compositeur hors norme, arrangeur de talent, John Zorn le décrit comme une « centrale nucléaire d’émotions » et publie le 1er album sur son label, Tzadik. (« Guillaume Perret & the Electric Epic » 2012). L’album fait une entrée fracassante dans le monde du Jazz puis gagne une nomination pour les victoires du Jazz.

Eclectique

En 2013 il sort « Doors EP » puis il crée son propre label « Kakoum Records » sur lequel sortira « Open me » en 2014, également accueilli unanimement par les médias. Elu « Talent Jazz Adami » son projet fait une centaine de concerts chaque année tant en France qu’à l’international. En 2016, la sortie de son album solo « Free » fait l’effet d’une bombe pour les mélomanes. À lui seul avec ses loopers, il réussit à reproduire les sons d’un orchestre entier.

Décrit comme « un film sonore ». cet album-manifeste balaye plus d’un demi-siècle de Jazz. Ses productions musicales sont également fréquemment sollicitées pour des synchronisations cinéma (« Thomas Pesquet l’étoffe d’un héros », « Lord of the Oceans ») Il signe la BO du film « 16 levers de soleil » qui sort en 2018. Dans son dernier album « A Certain Trip » à paraître en 2020, il remonte une formule en quartet.

Afin d’en augmenter les possibilités, Guillaume a customisé et électrifié son instrument en y incorporant plusieurs micros, mixers et lumières réagissant au son. Ces recherches l’ont amené à travailler avec différents ingénieurs, puis plusieurs partenaires dont il se rapproche étroitement. (Selmer, Sennheiser, Viga Music Tools, Aodyo Instruments, Roland, Vandoren, Syos…)

GUILLAUME PERRET – A CERTAIN TRIP REVIEW

Je vais vous faire un avoeu, Avant de commencer à vous parler de GUILLAUME PERRET et de son dernier album « A Certain Trip « , je ne connaissais pas l’artiste. Je fis sa rencontre, auditive uniquement, au hasard de mes pérégrinations sur les plate-formes de streaming que nous connaissons tous. Comme quoi, un clic peut de nos jours se révéler être très proche du bonheur parfois. Le premier morceau que j’entendis, Air Blast, résonna dans mes enceintes avec force et sérénité. Dès son intro, le morceau prit une tournure que j’ai instantanément adorée.

Aérienne et martiale à la fois, elle débouche sur une palette d’ambiances. Porté par une ligne de basse inébranlable ainsi que par le saxophone de GUILLAUME PERRET, le titre amène une facette énergique dès le départ, avant que n’arrivent pianos et synthétiseurs. Parfaits contrepoids aux premières atmosphères du morceau, les mélodies qui s’échappent de ces deux instruments apaisent l’ensemble. Globalement, nous avons là un titre cosmique, très « Space-Jazz », si vous me passez l’expression, une montée en apesanteur.

Une porte vers des contrées intérieures

Par la suite, A Certain Trip nous emmènera voyager. Les premières mesures du morceau éponyme d’album se dirigent en effet vers l’Orient. Un saxophone sinueux, vibrant, ondule vers le soleil brûlant où vous guettent, au choix, pyramides, minarets ou bien iwans offrant un peu d’ombre. La batterie explosera en toute fin de titre donnant ainsi à la chanson un terme épique, qui s’arrêtera de manière abrupte. A Certain Trip possède une bonne structure également. Un début calme, offrant néanmoins quelques légers changements au détour des notes, puis des interventions de synthé ajoutant encore au « trip » avant d’arriver à son court et grand final. Il se permettra de plus certaines rares et brèves saillies avant de nous ramener doucement mais sûrement vers le chemin de l’imaginaire.

Gulliver ensuite, viendra jouer sur des terres plus classiques. Une démonstration de Jazz décontracté mais carré. Mention particulière au piano qui claque certainement un des meilleurs moments du disque ici. PERRET laisse de toute évidence libre cours à la capacité de ses musiciens à prendre les rênes du voyage, quitte à s’effacer tout en restant présent. Son jeu ponctue ou souligne d’ailleurs le travail d’orfèvre du groupe lorsqu’il le laisse diriger le tout. Il sait tout simplement mettre ses hommes en avant.

De la Terre à la Lune…

Au tour du très funk Phatty de renverser les tables ! Le morceau tranche littéralement avec le reste. Entièrement dédié au groove (bien que « A Certain Trip » n’en manque pas jusqu’ici), Phatty propose scratches, beats, ainsi que des samples. La chanson se veut délibérément festive, propice au remuage de fesses. Il s’agit d’une plongée dans un club de Jazz où l’ambiance est chaude ! Encore une preuve que le Jazz, quand on le mélange à des musiques plus actuelles, peut parfaitement s’intégrer au reste. Bien sûr, le titre n’est pas ce que l’on qualifierait tout de suite d’expérimental mais le propos se situe clairement ailleurs. Et c’est bienvenu.

Into The Infinite déversera son aura intrigante durant près de six minutes. Un autre voyage, une autre étape. Envoûtante, mystérieuse, la chanson convoque à nouveau des paysages sonores spatiaux. Une incitation à la rêverie, un ordre à l’introspection, voilà ce que représente pour moi Into the Infinite. Le sax glisse tout seul, nous balade au sein des galaxies, nous maintient en suspend. Les claviers, décidément indispensables relais de ces environnements musicaux célestes, entourent les envolées cuivrées de GUILLAUME PERRET avec finesse avant de s’imposer comme seul moyen de transport universel.

…Et de la Lune aux profondeurs marines

Après le décollage galactique, GUILLAUME PERRET lors de la review de « A Certain Trip » nous convie à une plongée lumineuse au fin fond des océans. Terrestres ? Planète aquatique ? Nul ne le sait. Sirènes, avec ses rythmes (très beau travail du batteur dont la discrétion n’a d’égal, paradoxalement, que la puissance) et sa guitare saturée, sourde, en arrière-plan, prolongera l’expérience entamée avec des chansons comme Air Blast ou Into The Infinite. Au moment où l’atmosphère s’apesantit, le saxophoniste arrive à la rescousse et oxygène l’ensemble, par paliers de décompression successifs. Inversement, le plaisir que l’on a suivre cette mini odyssée marine s’accroît au fur et à mesure de l’immersion.

Mais notre homme n’en a pas encore fini avec l’élément liquide. Poseidonis installe une douce traversée avant que la marée ne se déchaîne quelque peu et secoue notre embarcation. Le titre, à l’aide de brefs moments plus soutenus, prendra par la suite un virage plus vigoureux, davantage tourné vers l’énergie à partir du milieu jusqu’au bout. Le Roi des Mers peut se satisfaire de l’interprétation de son empire, sans aucun doute.

Peace, huitième et dernière chanson de l’album, peut compter sur la participation du rappeur Anglais Nya, déjà collaborateur à une époque de quelqu’un comme Erik Truffaz. Seul titre comportant un véritable chant, Peace conclura « A Certain Trip » sur une note de dextérité et d’imagination. Libre, en somme. Il récapitule à lui tout seul une dernière fois tout ce qui fait la richesse du disque. Calme, force, improvisation, technique, nous écoutons l’ultime cadeau que nous fait GUILLAUME PERRET et son groupe.

En conclusion

Comme l’illustre ce que j’ai essayé de dire lors de cette review de « A Certain Trip » par GUILLAUME PERRET, nous tenons donc là un bon, un excellent disque de Jazz. La musique… La musique à elle seule instaure un climat très cinématographique dont l’une des sources premières sera nous mêmes. Le voyage auquel nous convie Mr PERRET commence à l’ intérieur. Les images que pointeront du bout des notes le groupe viendront de vote tête, de votre vécu. La BO de vos expériences en quelque sorte.

D’ailleurs, à ce sujet, nous soulignerons la très bonne tenue de l’intention. « A Certain Trip » ouvre des portes mais n’en ferme jamais. Tout ici n’existe que pour l’imaginaire, votre interprétation de la proposition. Sur un plan plus technique, tout d’abord il faut dire que sous une apparence facile, plusieurs écoutes seront nécessaires avant de saisir les nuances d’émotions, les couches musicales qui donnent aux chansons leur consistance. C’est dire à quel niveau de savoir-faire le groupe se situe. Pourtant l’album reste accessible, immédiatement appréciable. Quasiment fait pour l’écouter en boucle.

L’important n’est pas le voyage mais la destination dit-on. Dans le cas présent, les deux ont autant d’importance l’un que l’autre.

Un certain trip ? Evidemment !

Une grande réussite et un grand bravo.

TRACKLIST

1) Air Blast
2) A Certain Trip
3) Gulliver
4) Phatty
5) Into The Infinite
6) Sirènes
7) Poseidonis
8) Peace

Guillaume Perret Online: Site Officiel | Facebook | Twitter | Instagram

Chronique réalisée avec l’aimable autorisation et le concours de French Paradox

Apollo Brown & Che Noir As God Intended

Apollo-Brown-Che-Noir-As-God-Intended-Tous droits réservés
Apollo-Brown-Che-Noir-As-God-Intended-Tous droits réservés

Apollo Brown est un homme occupé actuellement. De productions pour artistes Hip Hop reconnus autant que pour ses propres albums, le producteur de Detroit surfe actuellement sur une vague aussi qualitative que quantitative. Ce n’est pas avec « As God Intended » en compagnie de Che’ Noir qui elle nous vient de Buffalo, NY qu’ils dérogeront à la règle, livrant avec « As God Intended » un disque largement à la hauteur des attentes.

Apollo Brown & Che’ Noir As God Intended Review

Pour commencer cette review de « As God Intended » par APOLLO BROWN et CHE’ NOIR, il y a donc Anti-Social sur une boucle de piano légère et mélancolique. Le ton du disque sera globalement fixé à partir d’ici. Aidés par BLAKK SOUL, qui signe un beau refrain, ils donnent immédiatement naissance à un titre magnifique, empreint d’une certaine nostalgie. La chanson ramènera les amateurs vers un Hip-Hop boom bap et cool à la fois.

Nous resterons dans une ambiance quelque peu « à l’ancienne » avec le soulful Blood Is Thicker construit sur un sample efficace. Le flow de CHE’ NOIR reste tranquille et en même temps super imposant, occupant tout l’espace laissé par le producteur. Elle narre ses débuts sur cette Terre sur un rythme lourd, lui même contrebalancé par ces cordes, piano et voix féminines qui confèrent à ce Blood Is Thicker une aura sombre mais malgré tout volontaire.

Ensuite, après cet excellent départ, l’heure vient d’écouter l’un des meilleurs morceaux de « As God Intended« : « Hustle Don’t Give«  avec un feat. de Black Thought. Renouant lui aussi avec un esprit très 90’s, la chanson rompt avec l’atmosphère un peu maussade des premiers titres et invite à écouter une ode à la motivation. L’instrumental, plutôt enjoué, accompagne les textes courageux des deux MC. Le toujours impeccable Black Thought sait choisir ses apparitions, qu’on se le dise une bonne fois pour toutes !

One for the money, two for the lyrics

« Money Orientated » reviendra à une ambiance plus tranquille (signalons aussi la présence d’un échantillonnage du Life Is A Bitch de Nas incorporé ici) afin d’exposer les plans et les buts de CHE’ NOIR dans cette vie. Piano mélodique et beat gracieux viennent enrober un texte pourtant très réaliste et sans fard. Puis, l’instru atypique de « 12 Hours » bâti sur de curieuses percussions et quelques notes de guitare nous amènera à écouter tout le talent de storyteller de CHE’ NOIR au cours d’une triste histoire de tromperie.

« Hold It Down » en compagnie de Ty Farris sera également l’un des points forts de « As God Intended » avant qu’un autre joyau ne fasse son apparition: « Worth Gold« . Titre planant et puissant, il élève encore d’un cran le niveau d’un album jusqu’ici très proche du sans faute. Le menaçant « The Apple » avec Planet Asia continuera sur cette voie royale puis « Freedom » nous forcera à marquer un temps d’arrêt.

Peut-être le morceau au contenu lyrical le plus marquant et engagé du disque, « Freedom » posera des questions à notre époque. Mais pas seulement, car elle passera au crible beaucoup d’évènements, de statistiques, relatifs aux USA. Une piste lourde de sens, écrasant du poids de ses interrogations l’avenir entier d’une communauté, d’un pays à plus grande échelle, tout en évitant de tomber dans le piège du jugement hâtif. Brillant.

Respect moderne

Skyzoo prendra le relais en terme de collaboration sur « Follow The Wisdom« . Souvent synonyme de réussite, la présence de SKyzoo fait une fois de plus son effet. Le rappeur se fond dans la masse tout en sachant rester éclatant et donc au dessus du lot. « Winter » congèlera vos tympans sur un beat fait de claps et basé sur un thème encore une fois très Soul, tandis que « Live By The Code » jurera fidélité à un style de vie que beaucoup souhaitent emprunter mais que très peu réussissent à embrasser complètement.

Nous terminerons avec  » ’94« , un point final en forme d’hommage à l’une des plus grandes époques du Hip-Hop. Les souvenirs des groupes de Rap de l’époque sont convoqués: Pac, Biggie, A Tribe Called Quest, Jay Z… Ils sont tous, ou presque, là. La production d‘ APPOLO BROWN sert à merveille le propos et on croirait effectivement que  » ’94  » sort tout droit d’une ère riche en rappeurs de qualité. Et le morceau n’a pas à rougir de la comparaison car CHE’ NOIR rend hommage oui, mais elle ne copie pas. Elle amène simplement son respect et sa reconnaissance à tous ces artistes en y ajoutant sa propre identité.

En conclusion

Cette review du « As God Intended » de APOLLO BROWN et CHE’ NOIR s’achève et il s’agit donc de donner un verdict à l’ensemble. N’y allons pas par quatre chemins, nos deux compères signent un opus dans la droite lignée de ce que le Hip-Ho peut donner de meilleur. Posé, réfléchi, avec ce qu’il faut en teneur musicale et lyricale pour coller des frissons à n’importe quel amoureux du genre, il y a là matière à faire tourner l’album encore et encore.

Evitant avec brio le piège du passéisme en y rendant néanmoins hommage très souvent, il émane de « As God Intended » un parfum de nostalgie adapté à notre temps. Désillusions, espoirs, buts, CHE’ NOIR se livre comme peu savent le faire, soutenue par l’expérience sans faille d’ APOLLO BROWN aux manettes. En ce qui concerne ce dernier, après « Sincerely, Detroit » en 2019, il confirme son statut de producteur aux très très larges épaules. Quant à CHE’ NOIR, on lui souhaite une suite de carrière aussi brillante que ce projet.

Comme on dit: Instant Classic !

TRACKLIST

1°) Anti-Social
2°) Blood Is Thicker
3°) Hustle Don’t Give (feat. Black Thought)
4°) Money Orientated
5°) 12 Hours
6°) Hold It Down (feat. Ty Farris)
7°) Daddy’s Girl
8°) Worth Gold
9°) The Apple (feat. Planet Asia)
10°) Freedom
11°) Follow The Wisdom (feat. Skyzoo)
12°) Winter
13°) Live By The Code
14°) 94

Apollo Brown Online: Facebook | Twitter | Bandcamp | Instagram

PASSION UNDER THE COVERS

PASSION UNDER THE COVERS

PASSION NOUS REVIENT AVEC UNDER THE COVERS, UN EP DE REPRISES, QUELQUES MOIS SEULEMENT APRES LA SORTIE DE LEUR PREMIER ALBUM ÉPONYME DONT NOUS VOUS AVIONS DÉJA PARLÉ EN DÉBUT D’ANNÉE. LES ANGLAIS ONT-ILS TOUJOURS LA FLAMME SACRÉE ? C’EST CE QUE NOUS ALLONS VOIR IMMÉDIATEMENT. BIENVENUE DANS CETTE NOUVELLE CHRONIQUE !

Welcome to the 80’s

Tout d’abord, reprécisons les choses avant de débuter cette review du Under The Covers de PASSION. En Janvier, le groupe mené par Lion Ravarez nous avait plus qu’agréablement surpris avec un premier opus très convaincant. Le mélange AOR/ Heavy Rock avait fonctionné au-delà de nos espérances. Des morceaux comme Intensity, She Bites Hard, ou également Too Bad For Baby avaient démontré un potentiel de frappe réel.

Nous étions revenus à la grande époque du Rock 80’s, gorgé de riffs ravageurs et de refrains entêtants. Et avant que nous allions plus en avant, il est important de parler de ce que PASSION avait essayé de faire. Un disque de Rock, fier, couillu, et dans une certaine mesure, simple. Un bon riff, un gros refrain, et hop on emballe.

Deuxièmement, nous arrivons donc en ce déjà très chaud mois de Juin et Under The Covers ne fera rien pour faire baisser la température, loin de là. Le combo Britannique décide de nous montrer de quel bois il se chauffe encore, en dévoilant quatre titres de groupes qui l’ont influencé. Et pas des moindres puisque l’on y retrouve Van Halen, Ratt, Winger et Slaughter. Alléchant hein ?

Passion sous les couvertures

Attendu que PASSION avec Under The Covers s’attaque à quatre gros morceaux, la critique risquait de tourner en leur défaveur. Que nenni ! Le premier titre, Poundcake, interprété par Van Halen à la base (doit-on présenter Van Halen ?) donnera le ton et fera les présentations. PASSION rend hommage au morceau en respectant sa dynamique originale et Lion Ravarez, très à l’aise dans un registre vocal que l’on croirait taillé pour lui, réussit à insuffler toute l’énergie de l’original chanté par Sammy Hagar. Chance Vanderlain aux guitares n’aura également pas à rougir de la comparaison avec le titan de la six cordes Eddie Van Halen. Une excellente introduction.

Passons ensuite au deuxième titre, Up All Night, initialement par Slaughter. Mélodique et ultra accrocheuse, la chanson reste dans le ton de ce que PASSION fait de mieux. Du big Rock entraînant, au moyen de ce refrain imparable que le combo restitue à la perfection avec une énergie d’en découdre communicatrice. Notons que la version de PASSION se situe tout de même un léger cran au dessus en terme de rendu, donnant ainsi à la chanson une saveur supplémentaire.

Aimer PASSION est un beau boulot

Découvrons encore un peu plus ce Under The Covers avec la reprise du Loving You Is A Dirty Job de Ratt. Le titre compte parmi l’un de mes favoris de cette époque, j’étais donc plutôt impatient d’entendre ce que PASSION en avait fait. Pour l’approche, on constatera que Ratt a du avoir peut-être la plus grosse influence sur les Anglais. Les mélodies, l’attaque des refrains… Tout, ou presque tout, se situe ici. On ne s’étonnera donc pas de voir que la reprise arrive à la hauteur de l’originale, et facilement.

Easy Come Easy Go de Winger fermera le EP avec classe. Avec un côté plus Heavy que celle de leurs auteurs, la chanson se permet le luxe de la dépasser. Plus de muscle, plus de conviction (pour ma part), il s’agit d’un travail de restauration apprécié. PASSION réussit à redonner des couleurs à un titre que je trouvais au départ représentatif de son temps, mais aussi quelque peu banal. Autant dire que j’ai redécouvert ce titre. Un bon point final à l’ensemble, donc.

En résumé

Under The Covers de PASSION se situe dans le haut du panier des albums de reprises. Un exercice pas si facile que ça, où il faut rendre hommage aux morceaux originaux tout en y ajoutant sa propre griffe. Et PASSION fait exactement cela. Sans dénaturer les chansons dont il s’inspire, le groupe leur donne un second souffle et se les approprie complètement.

Le combo nous fait apercevoir ses influences et fera sûrement découvrir aux plus jeunes fans du groupe des artistes qui le méritent. C’est également à cela que sert ce type d’album.

Quoiqu’il en soit, en attendant un nouvel effort de matériel original, Under The Covers continue d’entretenir la réputation du groupe et servira sans doute à passer d’excellents moments cet été, voire plus.

Bien joué les gars !

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