RAASHAN AHMAD The Sun

RAASHAN AHMAD The Sun-Tous droits réservés
RAASHAN AHMAD The Sun-Tous droits réservés

J’ai de nouveau le plaisir de vous retrouver afin que nous partagions ensemble le nouveau disque de Raashan Ahmad, The Sun et donc cette review.

Pour commencer, voici un bref résumé de l’artiste: Raashan Ahmad est un MC, producteur, DJ, dirige des labels avec une carrière florissante en tant qu’artiste Hip Hop. Il est le leader du groupe live Mission / Crown City Rockers. Par la suite, l’album Earthtones sort en 2004. Plus tard, en 2008, son album solo The Push sort sur Om Music avec des noms tels que de DJ Vadim, Aloe Blacc, Headnodic (de Crown City Rockers / Mighty Underdogs), Stro the 89th Key (de The Procussions), Descry entre autres.

Puis pour le single City Feel Proud, il collabore avec Chali 2na du groupe Jurassic 5, une production d’Eligh of the Living Legends et un remix de Quantic. Il a également vu sa notoriété grandir avec certaines mentions prestigieuses comme celles de XXL «Chairman’s Choice», ou dans des magazines de renom à l’instar du San Francisco Weekly et du San Francisco Guardian.

Un album solaire

Facile comme intro hein ? Et pourtant, l’essence même de ce projet, ou EP dirons nous plutôt, au vu de sa durée, c’est bien l’astre lumineux. Pas comme thématique principale, mais à bien considérer les choses, il s’en dégage une chaleur, de la luminosité. Par les temps que nous traversons actuellement, il est toujours important de souligner ce genre de choses je trouve. Quoiqu’il en soit The Sun vous procurera votre dose de beats et d’optimisme pour la journée. Voire plus si affinités.

A vrai dire, je triche un peu. Raashan Ahmad a sorti The Sun il y a bientôt un an maintenant. Et en toute honnêteté, je l’ai écouté il y a seulement quelques semaines. Mais comme je l’ai trouvé digne d’intérêt, je n’ai pas pu résister à l’envie de vous en parler. Le disque vous guidera donc à travers un état d’esprit positif. Des valeurs que connaissent, ou qu’on connu le Hip Hop à ses débuts. Mais si, rappellez vous: Peace, Unity, Love and Having Fun. Une façon de penser, un art de vivre malheureusement quelque peu tombé en désuétude ces dernières années.

Après la pluie, le beau temps

Le disque s’ouvre par l’entremise de No, probablement le titre le plus incisif de l’album. Car si Raashan Ahmad utilise un verbe gracieux, il n’oublie pas qu’un bon MC, en plus de maîtriser son flow, se doit d’avoir du contenu lyrical. Ca tombe bien, cela ne pouvait pas mieux démarrer. Le fond musical, lourd et rapide à la fois, met en évidence des paroles écrites au feu:  » Killing or the prison, the system ain’t about healing/ They call us the villains while dealing the blows to my people/ It’s never been equal sequal or trilogy same thing/ Choke us and shoot us treat us like animals, bang bang « .

Mais ceci ne représente que le point de départ d’une réflexion plus globale, abordant le respect de la vie privée sur Internet, l’hypocrisie de certains religieux ou bien les fausses distractions distribuées par la TV, la radio. Pour enfin aboutir à ce NO ! résolument ancré dans la réalité de notre époque, accompagné par un saxophone en roue libre qui vient interrompre l’instrumental à intermittence régulière, ajoutant encore un peu plus à l’instabilité générale que décrivent ces paroles.

Mighty Healthy

La suite tranchera radicalement avec ce premier morceau puisque Body Heat ou Wonderful Fantastic, dopés aux influences Néo Soul pour le premier et au gros Funk ultra groovy, références à Busta Rhymes feat A Tribe Called Quest en cadeau (Roaaar ! Roooar ! like a dungeon dragon !) pour le second, arriveront à point nommé pour chasser les nuages. S’il écrit et chante sur le poison, sa musique devient l’antidote à la grisaille du quotidien.

Mettons également en avant le morceau I Got Life, dont la vibe me fait penser, même d’assez loin, au SpottieOttieDopaliscious d’Outkast. Même genre de morceau qui se balance sur des cuivres nonchalants, plus une très très légère saveur Reggae en arrière plan. Une chanson parfaite pour se rappeler que parfois, il faut savoir se recentrer. Nous sommes en vie. C’est bien là le principal.

Puis surprise, une voix que nous connaissons en France sous le nom de Keren Ann se posera sur la guitare sèche de The Day the Sun Came. Le duo se complète bien quand on y pense, l’univers de la chanteuse ayant souvent véhiculé la même tranquillité, une sorte d’humeur propice au vague à l’âme.

Un soleil au beau fixe

Retour au rap plus classique avec Pain Away. Raashan Ahmad fera une nouvelle fois étalage de sa science du débit verbal classieuse, technique tout en restant sobre. Pas de faux roulements, ni de flow expédié à la vitesse de la lumière. Juste un titre positif Jazzy et une supplication: « Take My Pain Away ». Pour autant l’ambiance n’est pas à l’apitoiement mais plutôt à l’introspection, nuance. Très cool, Ahmad y expose une histoire d’où il tire une leçon de vie, un besoin de communiquer finalement pas si éloigné du statut de rappeur. De l’amitié, un salut.

Ensuite le superbe Breathe (« Respire ») nous emmènera sur un terrain semblable, très bel appel à la quiétude intérieure. Un rappel apaisant nous intimant l’ordre de souffler, de prendre le temps. De couper avec les petites agressions du quotidien, le stress, les mauvaises nouvelles. Nous finirons sur Sea, ses accords ainsi que sa flûte paisible. Ultime chanson d’un disque se voulant un trip intérieur, elle conclue de façon harmonieuse The Sun.

RAASHAN AHMAD The Sun la review, en conclusion

Le MC délivre un opus d’une part rafraîchissant, de l’autre respectueux de son art. Il livre peut-être ici sa vision du meilleur des deux mondes. On sent que cet homme a trouvé dans le Hip Hop une façon de répondre à certaines questions intérieures, humaines. Sa principale force réside dans le fait qu’en produisant un son très simple en apparence, on s’aperçoit bien vite de la multiplicité de ses influences musicales. Puis on écoute. Raashan Ahmad kidnappe notre oreille et notre cerveau, calmement.

Ses paroles nous questionnent, nous et notre rapport à ce qui nous entoure. Ce que nous vivons au jour le jour. Parfois il semble qu’il est proche de mettre un genou à terre, sauf que par volonté et/ou par habitude, il se reprend et avance. N’oublions pas des capacités purement techniques largement au niveau, un accompagnement sonore varié, et vous obtenez un disque résolument optimiste que je vous encourage vivement à découvrir, au même titre que d’autres sorties plus récentes.

Pour aller plus loin:
Raashan Ahmad Online: Twitter | Facebook | Instagram | Bandcamp

Raashan Ahmad-the Sun, déjà disponible.

Chronique réalisée à partir d’un exemplaire dématérialisé Bandcamp de l’album The Sun.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain

THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés
THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés

Un autre jour, une autre review sur Zeekology.fr ! Décidément, la scène Métal française se porte plutôt bien ces derniers mois car j’ai le plaisir de faire la review du nouvel album de Think Of A New Kind, Ideals Will Remain.

Petit retour sur l’historique du groupe:

D’abord, il y avait Dark Signs, ensuite T.A.N.K (Think of A New Kind), un groupe de Metal régulièrement étiqueté comme « Death mélodique moderne », formé entre la Seine-et-Marne et l’Essonne.

Plus tard, en 2007 sort un premier EP 2 titres du combo, qui comprend alors dans ses rangs Raf Pener (chant), Symheris et Eddy Chaumulot (guitares). Puis, le groupe se complète avec l’arrivée d’ Olivier d’Aries (basse) et Clément Rouxel (batterie).

Enregistré par Guillaume Mauduit au Studio Sainte-Marthe (Paris), ce CD, sélectionné par le magazine Rock Hard comme révélation de décembre, percera partout comme une « future référence » (French Metal).

Quelques dates et moments clés

T.A.N.K entreprend ensuite de rencontrer ses fans en France et en Belgique, où il se fait remarquer par sa fougue et sa hargne sur scène. Le public, les webzines, saluent leurs shows mais ils impressionnent aussi les groupes dont il font la première partie :

« Un très bon groupe qui déploie une immense énergie sur scène » (Werther, bassiste de Dagoba –Interview Metal France).

Le quintet remporte le Metallian Battle Contest 2009 au Ninkasi Kao de Lyon. T.A.N.K, propulsé sur les scènes du mythique festival Wacken Open Air en Allemagne et du Metalcamp en Slovénie, croise alors d’un côté des références internationales telles que Machine Head, In Flames, et de l’autre Down avec l’ex chanteur de Pantera Phil Anselmo. Après quoi Think of A New Kind , toujours avec Guillaume Mauduit, enregistre son premier album : The Burden of Will. L’accueil de ce premier opus, qualifié d’accrocheur, dynamique et de grande envergure, dépasse leurs attentes du moment. Ce que divers magazines, presse ou sur le web, s’accordent à dire.

Le T.A.N.K s’en va-t-en guerre

Mais le combo ne ralentit pas la cadence pour autant. Tout en composant son deuxième album, T.A.N.K retourne sur la route. Notamment en République Tchèque au Basinfirefest, ou assurant l’ouverture pour des noms plus confirmés tels que Sybreed, Hacride ou Gorod. Spasms of Upheaval, l’attendu deuxième effort du groupe, arrive enfin et envoie un autre signal fort: le clip d’Inhaled, avec la participation de Jon Howard du groupe Threat Signal, dépasse à ce jour les 250 000 vues sur Youtube. Les premiers changements internes arrivent aussi: Think of A New Kind accueille le guitariste Nils Courbaron en lieu et place d’ Eddy Chaumulot.

Symbiosis

Le combo confirme alors l’attente autour de son nom lors d’une date-événement du Upheaval Tour: T.A.N.K joue au Hellfest 2013 sur la Altar où sa prestation ne passe pas inaperçue et enflamme une audience massivement présente. Là-dessus nous arrivons en 2015 et T.A.N.K lâche en septembre son troisième album, intitulé Symbiosis. il bénéficie d’une sortie physique européenne et permettra au groupe de joindre ses forces ainsi que son talent à Soilwork et HateSphere pour la première tournée européenne de son histoire. Dans le même temps, Symheris quitte le groupe, remplacé par Charly Jouglet puis Thomas Moreau en janvier 2017.

(Source: Bio officielle de Think of A New Kind)

Ce qui nous amène donc fort logiquement en 2020. Et comme vous allez voir, Think of A New Kind n’a pas fini de nous en mettre plein les oreilles en particulier avec un LP du calibre de Ideals Will Remain.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain-La review

Autant énoncer les faits clairement, T.A.N.K sort à nouveau un disque qui ne fera rien pour ternir l’excellente réputation dont jouissent ses membres. Le groupe ne perd pas de temps en palabres et nous plonge tout de suite dans le grand bain avec Anima. Ce titre, bien que très court, fera d’ailleurs office de présentation. Puis, Last Days Of Deception se chargera de commencer le travail de démolition. Et l’on peut d’ores et déja voir que le job défonce.

Véritable rouleau compresseur Métal, le morceau est à l’image du nom du combo, du moins son acronyme. Des riffs qui rouleront sur les derniers doutes que vous auriez pu avoir. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, fureur et mélodies nous accompagneront tout au long de Ideals Will Remain.

Au tour de The Pledge de sortir des tranchées creusées par T.A.N.K. De nouveau, on reste bouche bée devant l’énergie déployée. Certain signes auxquels nous sommes plus ou moins habitués montrent le bout de leurs notes. Si effectivement la tendance générale de l’album se dirige vers un Métal explosif, en tendant l’oreille, nous distinguons ce qui fait l’un des signes distinctifs de T.A.N.K.

Sortez l’artillerie lourde !

Les Français n’ont pas l’intention de laisser tomber l’intelligence de leurs compos. Rythmiquement irréprochable, puis distillant des touches mélodiques aux moments opportuns, le groupe se montre sous son meilleur jour. Même Shadow Hill, ce monstre de brutalité contrôlée, n’échappe pas à ce constat. Il y a à l’intérieur plusieurs idées qui serviraient à d’autres groupes pour remplir un album entier. Des changements de tempos (très courts mais amenant ce surplus de créativité bienvenu) par exemple. Presque imperceptibles au premier abord, ces variations évitent au morceau d’être simplement bourrin. Un morceau plus « subtil » à mon sens qu’il n’y paraît.

The Phantom lui, optera pour une alternance chant clair/growl, relevé par des solos impeccablement exécutés. Et toujours en fond, cette assurance rythmique qui fera également sans nul doute possible les bons moments du l’opus. Passons rapidement sur EVE, une pause instrumentale, pour parler de Survivance, probablement l’un des titres aux influences Death mélo les plus marquées. Survivance prolonge les impressions du morceau précédent, mais amène en prime un solide riff syncopé sur lequel se posent les voix tantôt hurlées, tantôt en apesanteur.

Char d’assaut tout terrain

Viendra par la suite un morceau que je trouve assez incroyable, Dead End’s Night. Think of A New Kind au cours de cette review de l’album Ideals Will Remain a rempli son contrat depuis longtemps. Mais ici, je dois dire qu’ils arrivent à pousser leur style à un autre niveau. Conservant le taux réglementaire de dynamisme et de furie, voilà une chanson devant absolument sortir du lot afin que le public en profite en live. Elle résume beaucoup de choses chez eux. Les mélodies, placées avec justesse, de gros choeurs en guise de refrain fédérateur, et encore des solos dont l’efficacité n’égale que la précision. Très, très lourd.

Think Tank

Alors que je reste scotché par Dead End’s Night, je m’aperçois que le combo n’en a pas encore fini. Pyro Ent, largement balistique, déploie l’arsenal habituel, gros son, gros riff bien vénère. Mais ouvre surtout la voie au morceau final: The Essence. T.A.N.K offre la chanson la plus variée et peut-être la plus complète de son album. The Essence aura une orientation presque Progressive et démontrera, si besoin il y avait encore, toute l’étendue du savoir-faire du groupe en matière de composition. Le groupe joue avec son idée de départ, y ajoute d’autres couches de notes, d’idées toutes parfaitement structurées. D’ailleurs, si j’avais une remarque à faire, elle ferait état de mon intention de voir par la suite cette influence encore plus développée à l’avenir.

The Essence conclut Ideals Will Remain idéalement. T.A.N.K signe un titre long, lourd mais haletant. De cette façon, il s’assure une sorte de cliffhanger musical, nous laissant espérer de grandes choses pour la suite.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain -La review, en conclusion.

Que dire sans tomber dans l’évidence ? En ce qui concerne le moment présent, les Français ont donné le meilleur en sortant un nouvel opus riche de son interprétation, débordant d’imagination tout en conservant un style propre. . Un disque dense. Qui explose de partout mais ne s’éparpille nulle part. En outre, une production digne des plus grands offre aux chansons l’oxygène nécessaire afin qu’elles puissent prendre leur essor.

Des compositions de qualité, dévastatrices ou exploitant avec facilité un registre un peu plus mélodique, achèveront les fans qui n’en demandaient pas tant. Tout au plus, comme dit plus haut, l’on pourra suggérer au combo de creuser cette veine Progressive. Il y a des choses à faire par là. Mais franchement, comparé au reste, c’est peanuts.

Ideals Will Remain se pose en tant que grand disque du genre. Il n’aura pas à rougir de la comparaison avec d’autres noms de la scène européenne. Oserai-je « mondiale » ? Pourquoi pas. Souhaitons à l’album un grand succès. Et remercions Think of A New Kind de sortir un nouveau chapitre de cette trempe.

Pour aller plus loin:
Think of A New Kind online: Site | Twitter | Facebook | Instagram

THINK OF A NEW KIND – Ideals Will Remain, disponible le 28/02/2020 via Verycords / Warner


KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King

KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés
KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés

Voici la review surprise du jour: Kause 4 Konflikt, Fornication Under Control of King !

Le hasard est une chose formidable. Je zone sur Youtube, j’ écoute des trucs et puis tout à coup je me prend une beigne. Tiré de ma torpeur, j’appuie sur pause, je scrolle vite en haut de la page pour voir le nom du groupe. Kause 4 Konflikt. Gné ? Inconnu au bataillon mon capitaine. Quoiqu’il en soit, accroché au chant et aux riffs monstrueusement puissants qui s’échappe de mes enceintes, je pars à la pêche aux infos. Ô joie ! Et cocorico aussi. Kause 4 Konflikt représente la France.

En effet le combo survolté émerge toutes guitares dehors de Paris. Avant de savoir ça, j’aurais mis un billet sur n’importe quel bled américain tant ce qui sortait de ma sono m’a impressionné. Loin de moi l’idée de dénigrer nos groupes. Mais là… A part un Gojira, je vois pas trop à qui ou quoi comparer le groupe en termes de production dans nos contrées. Les intéressés excuseront mes lacunes en la matière.

Quelques mots…

Pour commencer, Kause 4 Konflikt se compose donc de cinq membres: SBT OTS au chant, ALX et JAY DEZ aux guitares, KTS à la basse et MEHDI à la batterie. K4K se définit plus précisément comme un groupe d’ « Offensive Warcore », ce qui, n’en doutons pas un seul instant, leur va très bien. Les Parisiens indiquent également être influencés par « le Thrash moderne et le Hardcore Métal ». Jusqu’ici pour ma part, tout va bien. Le disque pue la testostérone, les chants virulents et les riffs turbocompressés. Rajoutons une section rythmique qui pilonne bien comme il faut. Et bien voilà, vous avez un bâton de dynamite allumé en guise d’album.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King-La Review

Souvenez vous, j’avais appuyé sur pause. Quelque peu excité par tout ca, je remets l’album au début. Dès l’ intro du disque Less One, quelque chose de légèrement familier me revient en tête. Cette guitare, cet effet… Pantera, Cowboys From Hell ! Mais le souvenir s’arrêtera là car la suite n’ a absolument rien à voir avec les Texans. Nous avons ici affaire à un autre genre de bestiau. Et pas des plus calmes.

Less One nous amènera directement sur le très explosif You Sign For It. Et les choses sérieuses démarrent. Pied au plancher, à toute blinde, les Parisiens se permettent également d’inclure dans la chanson un sample de la célèbre tirade de Samuel Jackson alias Jules dans Pulp Fiction en fond. En fait, si je devais faire un parallèle avec le film je dirais que You Sign For It représente la citation que Kause 4 Konflikt récite avant de tirer, auditivement bien sûr, à bout portant.

Sans délai, God Pretends balaiera la moindre de mes hésitations, s’il en restait. Putain… quel riff !!! Excusez ma grossièreté mais ça poutre sévèrement comme dirait l’autre. La violence du groupe prend toute son ampleur et démontre également de belles compétences mélodiques tout en conservant un sens de l’urgence conséquent. En cet instant, selon moi, le disque s’envole et ne retouchera terre qu’en de rares occasions.

Brisons la glace, et quelques côtes

Kause 4 Konflikt continuera sur cette lancée tout au long de l’album, sachant varier les plaisirs lorsque l’occasion se présente. Fornication Under Control of King est un disque brutal certes, mais le combo se plaît aussi à jouer avec certaines dynamiques. Par exemple Nothing For No One empruntera une voie plus mélodique au départ, entretiendra un tempo rapide avant de subitement casser son rythme, laissant tout l’espace nécessaire au riff final, majoritairement écrasant, de s’installer.

Aussi, les Scapegoat (feat. Esben) ou Ain’t Give A Shit, tour à tour Heavy et rapides, s’ancreront dans une tradition plus Hardcore New School que Thrash, même si cette dernière influence se traduit toujours par de courtes interventions de solos au détour de choeurs virils chers au genre. Pour ce qui est des invités, outre Esben, le surpuissant Jawbreaker verra Les Tambours du Bronx (qui par le passé, avaient fait quelque chose avec Sepultura si je ne dis pas de sottises ) accompagner la bande sur un brûlot bien énervé.

Offensive Thrash WarMachine

Sur le plan du groupe lui même, il faut souligner une chose: j’ai sincèrement la sensation d’écouter une machine de guerre incroyablement bien huilée. L’image peut faire sourire mais c’est exactement de cela dont il s ‘agit. L’ensemble est d’une homogénéité parfaite. A titre personnel, j’aimerai également mettre en valeur le travail fait par Mehdi, le batteur. Ce mec cogne comme s’il n’ y avait pas de lendemain. Plus sérieusement, son sens du rythme porte les morceaux dans des sphères de groove et d’énergie qui font plaisir à entendre.

Le reste du combo n’est évidemment pas en reste et les performances au chant ainsi qu’aux guitares/basse sont de haute volée. Le groupe fonctionne en symbiose et ca se sent.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King- En conclusion

N’y allons pas par quatre chemins pour achever cette review, avec Fornication Under Control of King, Kause 4 Konflikt a sorti un foutu bon disque. Si des noms comme Power Trip ou Red Death font qu’une ampoule s’allume au dessus de votre tête à leur évocation, allez-y. Foncez tout droit, il n’y aura pas de déception. Le mélange Thrash/Hardcore opère comme par magie et le combo se montrera tout à fait à la hauteur de vos attentes. Sauvage et instoppable, K4K se hisse sans mal à la hauteur des ténors du genre et contentera tous ceux qui aiment leur Crossover servi avec une dose de [insérez votre style préféré]-Core supplémentaire.

Honnêtement, je ne vois pas grand chose à ajouter, l’écoute vous convaincra beaucoup mieux que les mots.

Un grand bravo à eux, et merci. Moi je retourne sur Bandcamp acheter l’album.

Chronique réalisée à partir du service de streaming Bandcamp

Kause 4 KonfliktFornication Under Control of King: Disponible depuis le 31/01/2020 via Built To Rock

Kause 4 Konflikt Online: Twitter | Facebook | Instagram | Bandcamp


VDon Black Mass Review

VDon Black Mass Review-Tous droits réservés
VDon Black Mass Review-Tous droits réservés

Le producteur VDon a sorti il y a quelques jours l’album Black Mass, son nouveau projet, ce qui nous donne, après le Navy Blue un peu plus tôt, une excellente excuse pour faire une… review. Vous allez me demander: « Mais qui donc est VDon ? » Et bien il s’agit d’un producteur apparu en 2010. Au cours de cette même année, VDon a produit le single « Large On The Streets » du résident de Harlem et rappeur Vado, présenté au XXL Top 10 Freshman Concert 2010 suivi d’une première vidéo sur BET’s 106 & Park. 

En 2011, VDon participe à la production du disque de ASAP Rocky « Long Live ASAP » augmentant ainsi sa popularité. Il a également contribué à une grande variété de projets allant de Lloyd Banks, 50 Cent, Curren$y, Smoke DZA, à Jadakiss ou Stylez P et d’autres. Puis, en 2015, VDon a finalement sorti son premier album « The Opiate » avec le collectif Serious Soundz.

(Source: Serious Soundz.com)

VDON BLACK MASS REVIEW

Il y a des albums qui vous hantent. Black Mass fait partie ceux là. D’abord parce que en dépit de morceaux relativement courts (l’album dépasse à peine les 30 minutes), il s’en dégage une aura envoûtante qui arrive à retenir notre attention. Le titre ne pouvait être mieux choisi. Les diverses ambiances font penser à une sorte d’élément vaporeux, une litanie musicale obscure. A base de boucles de piano soit hypnotiques ( le titre éponyme qui voit également Eto venir débiter élégamment ses rimes ) ou bien mélancoliques, elles forment un curieux nuage sonore, à l’instar d’un rêve étrange que l’on aurait fait et dont on se réveille.

Ensuite les productions élaborées par VDon ne donnent pas dans la démonstration prétentieuse. Plutôt minimales et à la fois très présentes, habitées, elles servent au mieux les propos des MC’s invités sur le projet. D’ailleurs ces invités qui sont-ils ? Outre Eto, nous croiseront donc des gens tels que Dave East sur le très bon Get Back. Mais aussi D Polo, sur le jazzy Weather Of March ou Dark Lo avec un Forefathers revanchard soutenu par des choeurs lyriques de toute beauté.

Quelque chose du passé

Black Mass a beau être un projet sorti récemment, je dois dire que certains passages m’ont ramené à une époque que les moins de 20 ans n’ont pas connu. Celle des productions que l’on pourrait peut-être qualifier de grim n’ gritty, ces sons durs et/ou plus ou moins darks, parfois étouffants. Néanmoins, VDon apporte sa touche personnelle et s’en éloigne ou s’en rapproche au gré de ses compositions. Un travail bien fait qui fait échos aux habillages sonores d’un Muggs voire d’un RZA par exemple. Il s’agit d’un rap à l’esthétique principalement acoustique et, encore une fois, versant dans quelque chose de lent, avec des instrumentaux qui pourraient éventuellement se suffire à eux mêmes.

Loin d’être un défaut, je trouve en fait cela assez rafraîchissant dans un paysage ou la Trap domine. Il en faut aussi, mais ce style de disque permet de revenir à un hip-hop plus classique, ce dont on se plaindra pas par ici.

Black Mass, la review-en conclusion

Le producteur New Yorkais livre ici un EP brillant, contrairement à ce que suggère son titre. Il marque par la qualité constante des instrumentaux, ainsi que les talents choisis pour incarner des textes crus, réels. Encore une fois, sa concision évite une redondance dans sa proposition et 30 minutes suffisent largement à satisfaire un auditeur qui, le cas échéant, en redemandera certainement.

Avec un peu de chance, Black Mass vous accompagnera un certain temps, vous faisant découvrir sa palette de couleurs. Un arc-en-ciel allant du gris clair au… noir foncé.

Pour aller plus loin:
VDon: Serious Soundz|ITunes|Twitter|Facebook|Instagram

VDon-Black Mass disponible depuis le 07/02/20

Chronique réalisée à partir du service de streaming Youtube.

Navy Blue Ada Irin

Navy Blue Ada Irin-Tous droits réservés
Navy Blue Ada Irin-Tous droits réservés

Bonjour à toutes et à tous, aujourd’hui nous allons nous atteler à la review de l’album de Navy Blue, Ada Irin.
Si le nom de ce jeune rappeur ne vous évoque rien, rassurez vous, cela ne saurait tarder. En particulier si vous guettez avidement les sorties de disques underground. En effet Ada Irin est son premier album. Mais un premier album qui finalise un cycle d’EP et autres maxis.

Sage Elgesser de son vrai nom a donc sorti une bonne dizaine de projets personnels entre 2015 et 2019. Dire que le bonhomme est occupé tient de l’euphémisme. Entre une carrière de rappeur, producteur (pour Mach Hommy, Tha God Fahim ou Earl Sweatshirt entre autres), skateur ou encore modèle, il a néanmoins trouvé le temps de nous envoyer Ada Irin en ce début 2020.

Ada Irin: De la constance dans l’effort

Comme beaucoup de jeunes artistes de nos jours, Elgesser commence à sortir ses productions via Soundcloud sous le nom de Navy Blue. Un moyen comme un autre de partager son travail avec un public de curieux, constamment à la pointe de l’actualité. Etant connu dans d’autres milieux, cela lui permit également de rester discret quant à ses activités musicales. Enfin, ces différents projets lui offrent l’occasion de chercher, puis de trouver son style afin de le peaufiner tranquillement.

Lorsqu’il se sentit assez aguerri, il publia en 2015 According to the Waterbearer son premier effort. Et depuis, Elgesser ne s’est plus arrêté. De manière générale, les années qui suivirent ont connu un tournant au niveau du rythme et de la qualité des sorties. Comme je le disais plus haut, ce sont une dizaine de projets qui ont vu le jour en 5 ans. April Blue, Navy in Rage, Yvan Wen ou bien From the Heart ont tous été publiés au cours de cette période extrêmement productive. Ce qui nous conduit tout droit à son premier album en date, Ada Irin dont nous allons commencer sans plus attendre la chronique.

Navy Blue: Ada Irin-La review

Ada Irin est un disque authentique. Du haut de ses 23 ans le jeune rappeur a choisi de se confier. Il ouvre les pages d’un livre où se mêlent ses souvenirs d’enfance, ses problèmes, ses douleurs, mais aussi et heureusement quelques rayons de lumière. Au travers de rimes pouvant paraître mystérieuses et dont lui seul semble avoir la clé, Elgesser laisse cependant assez de traces pour que l’auditeur puisse le suivre. Faisant le lien entre ses ennuis et la motivation qui le pousse à avancer ( « Nothing seems to quit except the truth on the sweat/ I left my shoes in the shade and had my feet in the water  » sur le resplendissant With Sage), nous pouvons deviner que l’opus, grâce à des lyrics parfois durs, parfois à fleur de peau, et à des ambiances paradoxalement douces, voire cotonneuses, nous emmènera au fond des pensées de son auteur.

Pour ces raisons, l’écoute se fait encore plus attentive. Comment résister au très soulful Life’s Riddle et ces mots remplis d’un constat froid et pourtant tellement humains (« I ascend from the root/ I made amends, I carved the proof
I hate the stench from the hatred in the room/ I know the Benz, it ain’t a basic loot « ) ? Ou à ces lyrics en mode photo, liens entre sa propre psyché et ce qui domine chez lui à ce jour, son art ? ( » Razor sharp memories up in the grooves/ On my brain, life’s riddle is the truth »)

Un blues contemporain, couleur marine

Navy Blue avec Ada Irin nous donne un album mélancolique. Quelques fois proche de mettre un genou à terre, il y a également cette volonté de se redresser, en même temps enfouie et si proche. Une fragilité de tous les instants, et à l’opposé, une force constamment ravivée par ses souvenirs. Il y a d’autres titres, en particulier une « trilogie » de morceaux qui trancheront avec le reste des atmosphères présentes.

Hari Kari fera office de moment jazzy et remuant, plus rythmé. La chanson est basée sur une boucle de percus, survolée par un piano entêtant. Le flow du rappeur accélère un peu pendant que le track défile. Sur la même lancée 22 ! entretiendra ce tempo ni trop enlevé, ni trop lent. Crash ! accompagné de cuivres chaleureux, posera l’éternelle question d’un hypothétique « Et si ? » puis l’évolution qui aurait pu en découler ( » My life grew, that’s right I grew up/ Try truth, don’t try amuse us/ What would I be if I ain’t have music ? »)

Signalons aussi l’impeccable In Good Hands avec son sample d’orgue très 70’s à la saveur échappée d’un autre temps. Une prise de conscience sur un avenir il n’y a apparemment pas si longtemps très flou où Navy Blue se réjouit d’être « entre de bonnes mains ». Souhaitons lui à minima cela.

Navy Blue: Ada Irin – La review: en conclusion

Il est l’heure de refermer le livre des souvenirs que nous a offert Navy Blue avec Ada Irin, et par la même occasion cette review. Il s’agit d’un album que j’ai eu plaisir à découvrir premièrement, à réécouter par la suite. Parti un peu à l’aventure pour cette chronique, j’en reviens avec la sensation d’avoir trouvé un nouveau compagnon de route. Sans travesti, sans fard, le jeune homme éponge ses bleus à l’âme à force de travail et trouve dans le rap un exutoire à ses démons.

Ada Irin a en plus le bon goût de ne jamais tomber dans la lourdeur tragique en partie grâce au choix des instrumentaux. Douces ou entraînantes, jamais longues les chansons évitent une trop grande gravité qui aurait pu se révéler fatale au vu des thèmes abordés par le rappeur.

Une belle carte de visite pour, espérons, une plus grande exposition future. Pas sur une planche de skate (la case est déjà cochée) , mais derrière le micro.

Pour aller plus loin:
Navy Blue: Bandcamp | Twitter |

Chronique réalisée en streaming Bandcamp.

Loathe I Let It in and It Took Everything

Loathe I Let It in and It Took Everything review-Tous droits réservés
Loathe: I Let It in and It Took Everything-Tous droits réservés

Alors, attention aujourd’hui nous avons le full package avec le dernier album de Loathe: I Let It in and It Took Everything dont nous allons faire la review. Je vais vous faire un aveu. Il y a un mois je ne connaissais pas Loathe. Une lecture de la bio du groupe m’a toutefois conduit vers des éléments qui m’ont poussé à jeter une oreille au disque. Mais dans un premier temps, si vous êtes dans mon cas, une présentation s’impose.

Loathe a émergé de l’ underground britannique dès 2014. Deux EP ainsi qu’un album les ont mis en orbite. Par la suite le groupe obtint deux nominations en tant que meilleur nouveau groupe. L’une au Metal Hammer Golden Gods. L’autre, Best UK Breakthrough Band aux Heavy Music Awards. Depuis, il en ressort que Loathe fait partie des groupes qui ont des ambitions bien pesées et désormais, avec la sortie de l’ album I Let It In and It Took Everything, ces ambitions commencent à se concrétiser.

Entre Métal en fusion, films et jeux

Parlons un peu des influences chez les Anglais: la bande sonore du jeu vidéo Silent Hill 2, celle du film Joker de 2019 ou l’ensemble des œuvres de David Lynch, parmi d’autres. Ces dernières ont lourdement pesé dans les compositions de Loathe où tout ou presque semble alambiqué, dispersé et malgré tout homogène à la manière des longs métrages du réalisateur.

Pas le chemin le plus évident, mais les routes qui valent la peine d’être empruntées ne sont pas les plus faciles à parcourir. Une attitude audacieusement résumée dans ce titre obscur, I Let It In and It Took Everything. « ll y a là l’idée de ce que nous faisons et l’enregistrement de l’album  » explique Erik (Bickerstaffe, guitares).  » Nous avons laissé entrer l’idée d’être dans ce groupe, et il nous a tout pris. Sans essayer de le faire sonner comme une histoire sanglotante, nous avions besoin de nous construire à nouveau afin de faire cet album « .

Loathe: I Let It in and It Took Everything, la review de l’album

Bien. Maintenant que nous avons abordé les débuts du groupe, ainsi qu’un certain état d’esprit, débutons la chronique de I Let It in and It Took Everything. Je parlais plus haut de la diversité des ambiances présentes sur l’album. Effectivement, Loathe aime Jouer avec elles. Très bon point par ici. En outre, cela tend à démontrer que le groupe possède des idées, des thèmes. Surtout, qu’il n’a pas l’intention de les laisser dans un coin. Un certain dynamisme créatif donc, qu’il serait injuste de passer sous silence.

Au début fut Thème. Il s’agit d’une courte intro. Calme, aérienne et délicate. Une petite nappe de synthé se charge donc de démarrer l’écoute. Ceci avant qu’un bruit de portière se refermant ne laisse le riff bestial d’Aggressive Evolution se faire entendre. Des couplets sauvages se mêleront aux refrains beaucoup plus éthérés du titre. Avec, évidemment, un dynamisme sous-jaçent de tous les instants. Un début poing dans la gueule foutrement efficace.

Entre la plume et l’enclume

Au fur et à mesure que I Let It In and It Took Everything avance, reconnaissons une chose. Les influences sus-citées arrivent à surgir d’un coup d’un seul. Elles s’intègrent dans un moule sonore personnel avec facilité. Car si elles peuvent s’identifier relativement facilement, elles ne trahissent jamais l’envie du groupe de s’en émanciper. Loathe étale les différentes composantes de son identité après avoir absorbé ce dont ils avaient besoin. Ces indicateurs, à l’instar de pistes telles que les brutaux Gored, le bien nommé Broken Vision Rythm (qui arrive à intégrer sans que cela gêne le son d’un fax !), Screaming, et Heavy Is The Head That Falls With the Weight Of A Thousand Thoughts, nous montrent que Loathe manie la dissonnance, la lourdeur ou les parties plus mélodiques avec une dextérité folle.

Plus qu’un simple défouloir, plusieurs de ces titres aux rythmes hâchés, pliés et régurgités avec assurance sont les témoins de la technique au service de la diversité. Comme pour mieux titiller notre étonnement, Heavy Is the Head… se finit d’ailleurs sur quelques secondes apaisantes de guitare inattendues. J’évoquais plus haut des atmosphères comme celles des OST des jeux comme Silent Hill ou David Lynch, dont la manifestation bruitiste probablement la plus évidente se trouve sur Red Room. La forme est chaotique par instants et cela m’a plus fait penser au pilonnage sonore que l’ont peut parfois entendre chez quelques artistes du genre Industriel.

Tous les (bons) goûts sont dans leur nature

Mais il n’y a pas que ça chez Loathe. Le combo nous réserve d’autres surprises. L’autre marque de fabrique qui m’a semblé impeccablement intégrée fera le pont avec les Deftones. Cela se remarque facilement sur des titres comme l’excellent New Faces In The Dark (qui résume parfaitement les multiples capacités du groupe en un seul morceau), plus encore sur Is It Really You. J’ai même cru à un moment que Chino Moreno chantait sur ce dernier. Loin de moi l’idée de dire pourtant qu’il s’agit d’un calque.

Au contraire, c’est plutôt un compliment. Et Loathe noie ce qui pourrait sembler apparaître comme un défaut dans une belle dose d’interprétation talentueuse sans que cela ne plombe le disque. L’influence est tout à fait présente, oui. Mais les Anglais, encore une fois sont assez polyvalents au niveau de la structure musicale de leurs compos pour se sortir de cette situation avec grâce.

De l’art de la pause

Avant que nous finissions cette review, notons que I Let It In and It Took Everything glisse néanmoins des plages de répit. Les planants et synthétiques 451 Days, A Sad Cartoon (Reprise) pour prendre un autre exemple, feront office d’aires de repos pour un auditeur qui n’en attendait pas tant. Rapides contrepoids idéaux en opposition aux chansons plus charnues et virulentes qui constituent le reste de I Let It In and It Took Everything, elles aussi désigneront d’autres points d’intérêt que nous pourrions voir se développer plus tard dans la carrière de Loathe.

Un dernier mot sur le travail effectué par le groupe. D’abord mettons en avant la cohésion qui existe entre le chanteur Kadeem France et le reste des Liverpooliens. Qu’il verse dans le growl ou un registre clair, il se montre plus qu’à la hauteur sur la durée du disque. Un grand bravo à lui. Ses cordes vocales nous emmènent au fond de l’abîme ou vers des cieux plus chaleureux et nous le suivons avec plaisir. Les riffs de Erik Bickerstaffe et Connor Sweeney sont bien trouvés, admirablement construits. Ils constituent un bon support pour les mélodies vocales et font un très bon job afin de varier les ambiances. Quant à la section rythmique, Sean Radcliffe à la batterie et Feisal El-Kazraghi, l’un est un parfait métronome tandis que l’autre bétonne des morceaux torturés ou plus simples avec sa basse, amenant un supplément de profondeur et de muscle appréciable.

Loathe: I Let It in and It Took Everything, en conclusion

Pour ma part, il s’agit d’une découverte concluante. J’ai positivement été surpris dans cette chronique par la richesse des compositions, allant du brutal méthodique aux envolées lumineuses des refrains sur certains titres. Les morceaux sont diversifiés, mais suivent globalement une ligne directrice bien définie. Si, par le contour de quelques chansons, on arrive à deviner qui a inspiré quoi, on en arrive à se dire que franchement, il ne s’agit que d’un détail mineur. On souhaitera quand même à Loathe de suivre le chemin des aînés et d’acquérir plus d’expérience propre et de s’affirmer encore plus, en particulier au vu du brillant résultat à ce jour. Cela viendra en son temps, j’en suis convaincu

Avec ce deuxième album complet, Loathe confirme les grands espoirs placés en eux, et de fait réussit un beau hold-up. Un disque largement recommandable en somme.

De pair avec le dernier Sepultura, il s’agit d’un autre excellent disque en ce début de Février.

Loathe – I Let It in and It Took Everything disponible le 07/02/2020 via Sharptones Records.

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