GOD DAMN – GOD DAMN Album Review

GOD DAMN Album Review-Tous droits réservés
GOD DAMN Album Review-Tous droits réservés

L’Angleterre a toujours été une terre fertile pour le rock sous toutes ses formes. Aujourd’hui encore, elle donne des groupes talentueux à l’image de GOD DAMN sur le cas duquel nous nous penchons pour cette review !

Bonjour à toutes et à tous, nous allons donc parler du groupe GOD DAMN dans cette review de leur nouvel album. Le combo se forme en 2010 et nous vient en ligne directe de Wolverhampton. Les Anglais citent des artistes tels que The Melvins, Pixies, Black Sabbath, Jesus & Mary Chain, The Eighties Matchbox B-Line Disaster, Eagles Of Death Metal, ColdRice, Electric Wizard, Smashing Pumpkins, ou encore The Mars Volta comme influences. Des hommes de goût, assurément.

Fort de 3 albums (Démonstration en 2012, Vultures en 2015, Everything Ever en 2016 ) ainsi que 2 EP (I’m a Lazer, You’re a Radar en 2013 puis Heavy Money la même année), GOD DAMN a publié en Février 2020 son nouvel album au titre éponyme. C’est avec ces cartes en main que nous pouvons commencer cette chronique, qui, comme vous allez le voir, se place sous le signe d’un Rock agité. Pour notre plus grand bonheur, bien évidemment.

GOD DAMN- GOD DAMN, la review

Tout d’abord, l’opus s’ouvre sur le survolté Dreamers, son rythme en béton, son chant chaleureux, son dynamisme fulgurant. De plus, l’auditeur qui connaît son Rock sur le bout des doigts se retrouvera en terrain connu. Je citais plus haut quelques influences que possède le groupe et en fait, loin d’être grossièrement régurgitées, GOD DAMN les a parfaitement assimilées. Leur son ressemble à un mélange explosif de Rock Alternatif 90’s ainsi que de Métal saupoudré d’une petite touche de Grunge.

Mais loin de se cantonner à faire revivre le passé, nos nouveaux Anglais favoris s’attachent également à confectionner des morceaux dont l’immédiateté ne fait aucun doute. Pour prendre un autre exemple, High Frequency Words et ses « Woo-Woo !! » vicieusement placés en embuscade derrière un impeccable refrain et un riff vigoureux, s’attaqueront à vos oreilles. Ils ne les lâcheront plus, autant vous prévenir. Un titre plus mélodique mais non moins efficace. Par la suite, l’énorme Hi Ho Zero arrivera à point nommé pour sonner quelques cloches et s’imprimer rapidement dans votre cerveau. Il y a un sens de l’accroche très clair chez GOD DAMN, c’est une évidence.

Ca claque sévèrement, dis donc !

Loin de calmer les ardeurs, Whip The Crack posera faussement le rythme. Au début.
Whip The Crack est le genre de morceau entraînant et Heavy à la fois. Également furieux, il donnera après quelques secondes l’envie de danser sur place en cherchant un collègue de pogo. Thom, le chanteur, y fait d’ailleurs un travail remarquable, alternant entre un chant clair et des parties hurlées. Le titre conserve néanmoins une ligne mélodique tout à fait appréciable. Un peu dans la même veine, We Are One entretiendra ce type d’ambiance, mais construite différemment. Début  » paisible » puis lente montée vers les cimes d’un riff saturé menant à une courte accalmie, et ensuite au vertige au milieu du morceau.

Les choses prennent une autre tournure dans cette review de GOD DAMN avec Palm Of Sand. Apôtre du versant lourd du combo de Wolverhampton, la chanson déverse sa demi tonne réglementaire de Metal en fusion. En outre GOD DAMN a l’intelligence de ne pas trop faire durer un riff certes bien trouvé, mais qui aurait pu rapidement tourner en rond. Il conserve de fait sa force de frappe et constitue à mon sens une bonne petite opportunité de démontrer le savoir-faire du groupe en matière de diversité. Tiny Wings, elle aussi, aura ce goût ô combien savoureux échappé des 90’s (pensez Pop croisée avec du Shoegaze) moitié doux, moitié amer. Quant à la chanson elle même, elle aura le mérite de marquer réellement une pause sur le disque cette fois ci.

Un miroir, des cordes, un satellite pour une mise en orbite

Mais si vous pensiez que GOD DAMN allait se laisser aller à faire des pauses tous les 3 morceaux, vous vous mettez le doigt dans l’oeil jusqu’au fondement. « Fuck, Fuck, Fuck’em all / Go shake your bits in a mirror ball !!! » sera le leitmotiv de Mirror Ball, signant ainsi la reprise des hostilités chauffées à blanc. Le groovy Bleeding A Rope prendra le relais avec toujours autant d’excellence dans le mélange mélodique tendance accroche venimeuse/fissurage des murs, tandis que le court instrumental Hinge-Unhinged servira d’introduction au dessert de GOD DAMN, l’album.

En effet, les Anglais ont gardé le meilleur pour la fin. Si vous voulez du bitume, du qui pèse son poids en notes de plomb, alors jetez vous sur le glorieux Satellite Prongs ! La chanson s’étalera de tout son long pendant presque 9 minutes, diffusant un motif sonore propice à l’expérimentation et au Metal que personnellement je qualifierai de Stoner. Empruntant certains codes du genre (encore une fois, un riff massif comme une armoire Normande, la longueur et un côté qui regarde du côté du Psyché) Satellite Prongs est une totale réussite. Un très bon point d’orgue sur un album qui n’en manquait déjà pas.

GOD DAMN, en conclusion

Je ne connaissais pas avant d’écrire cette review de l’album, les Anglais de GOD DAMN. C’est désormais une erreur réparée. Le combo a réussi à me propulser vers une époque que je considère comme l’une des meilleures dans le Rock (nostalgie, quand tu nous tiens) tout en parvenant à ne sonner ni daté, ni inutile. Bien au contraire, tous les adorateurs de Heavy Rock, de Metal, d’Alt Rock voire de Grunge peuvent se retrouver à l’intérieur de GOD DAMN. Le disque regorge de bons titres, de très bons titres même.

Le combo inscrit son style dans des genres classiques tout en les revigorant et il s’agit d’une chose assez rare pour être soulignée. La prod, crasseuse à souhait ( mais travaillée en ce sens ) vient renforcer cet aspect « garage » cher aux groupes underground de cette ère. Le mieux est l’ennemi du bien dit-on. GOD DAMN a bien fait son job, et on ne leur demandait pas mieux.

Absolument conseillé !

GOD DAMN, disponible depuis le 14/02/2020 via One Little Indian

Pour aller plus loin:

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SWARM ANATHEMA

Swarm-Anathema-Tous droits réservés
Swarm-Anathema-Tous droits réservés

Dire que la scène Metal Française se porte bien fera sourire certains. Pourtant si l’on regarde bien, des groupes de qualité il y en a, et SWARM, qui met Antibes sur la carte du Heavy Metal, le prouve de fort belle manière.

En tout cas, c’est ce que nous allons essayer de démontrer avec la review du nouvel album de Swarm, Anathema.
Comme annoncé plus haut, le groupe représente Antibes. Une ville plus réputée pour sa proximité avec la mer et le soleil que pour ses riffs titanesques. Dans un autre ordre d’idée, Swarm officie dans le Groove Metal. Si l’appellation ne vous dit rien, pensez à des groupes tels que Pantera, Machine Head, Lamb of God

Mais il serait faux de résumer Swarm à une simple copie de ces illustres formations. En effet, les sudistes ont heureusement plus à proposer qu’une pâle imitation. Mais nous verrons cela par la suite.

Formé en 2013, Swarm est un groupe de métal originaire de la Côte d’Azur. Évoluant dans un mélange de Groove, Thrash et Hardcore, leurs paroles s’inspirent des maux que nous subissons tous au quotidien. Quelques années de travail acharné permettent au combo de sortir son premier LP Division & Disharmony. Premier album avec un premier clip, Headtrip. Le titre fera tourner le nom du groupe au delà du cercle d’initiés. Swarm en profite également pour partager l’affiche avec des groupes tels que Moghan Ra, In Other Climes, Colorblind, Made of Ashes, Deep in Hate ou Psykup. Le groupe ouvre aussi pour les stars du Nu Metal Ill Niño et sort son 2ème clip pour No Gods // No Guns

Tout ceci nous conduit aujourd’hui à ce nouvel album, d’une redoutable efficacité.

SWARM-ANATHEMA, la review

En premier lieu, le groupe choisit d’ouvrir le disque avec New Sun. Le choix est risqué puisque le titre frôle les 8 minutes au compteur ! Pourtant, il brisera la glace en faisant immédiatement étalage des talents de compositions de Swarm. Longue intro agrémentée de claviers, rythme ultra massif de batterie, c’est parti, on embraye tout de suite ! Donc autant prévenir les deux ou trois du fond qui ne suivent pas: ça va faire mal. Un solo brutal débarque avant que ne surgisse un riff qui ne l’est pas moins.

Conscients qu’un tel titre n’offre que peu de répit sur sa longueur, les Antibois opteront aussi pour la variété dans les ambiances. Effectivement la suite du morceau laissera la place à un mastodonte sonore, lourd, très lourd, et alternera entre deux atmosphères jusqu’au bout. C’est bon vous avez encaissé le premier missile ? Alors on continue.

Bouge ta tête on te dit !

Je parlais plus haut de Groove Metal. Frontiers, le second titre, en possède une tonne, du groove. Alors oui, on va oublier le groove en plastique et se concentrer sur celui en adamantium. Frontiers se situe aux abords d’un Pantera qui aurait copulé avec Slayer. La tête de l’enfant ressemble à cette chanson. Avec un PUTAIN de refrain en prime absolument… groove. Le genre qui te chope la nuque pour ne plus la lâcher. Ca accélère, ça gueule mais ça n’oublie en aucun cas de te faire transpirer. Grosse prestation de Rémy, le chanteur et Matt, guitariste-chanteur, tout à fait intenables du début à la fin, qui feront évoluer vocalement Frontiers entre growl viril et parties claires avec brio. Énorme titre.

Une prod’ au taquet

On restera dans l’ambiance « riff hardcore option démolition totale » puisque Intifada anéantira tout espoir de résistance. Intifada a une saveur particulière pour moi et me permet d’aborder un point crucial dans le son du groupe. Tout d’abord, disons les choses franchement. L’album sonne carrément bien (mixage/enregistrement au studio Artmusic, mastering au studio Kohlekeller). Tu as beau t’en prendre plein la tête, il y a de l’espace, on respire entre les notes, il n’y a pas cette sensation d’écoute étouffante que l’on peut parfois entendre dans les disques du genre. Et on aime bien cela par ici.

Pour revenir sur Intifada, Swarm mélangera vitesse, complexité des structures et moments (un peu ) moins intenses, avec un sens de la compo évident. Comme le dit si bien Rémy à la fin de la chanson: « Urgh ! »

Dirty Deeds

The Deed Is Done prendra le relais avec une pointe de French Touch puisque le groupe ajoute des paroles en français à son arsenal sonore. Le titre se glisse vers le très bon d’Anathema et convainc sans peine. La mélodie principale, furieuse, reste simple mais pas basique. Le tempo donne globalement envie de jumper comme un dingue et il y aura des bleus à soigner après cette avalanche de décibels. Mais la donne change quelque peu ensuite avec Spoutnik Explorer.

Une intro très douce, presque rêveuse, surprenante, débouchera sur un riff bien heavy. Swarm ne ralentira pas le galop bien longtemps et laissera s’exprimer son talent pour les gifles métalliques un peu plus loin ( ce solo ! ), non sans qu’un petit break légèrement aérien nous ait auparavant laissé entrevoir une fois de plus son goût pour les variations dans les ambiances. Un morceau plus que bienvenu à ce stade qui évite à l’album de tourner en rond.

Pas aveugle, encore moins muet ni sourd

Swarm, dans cette review d‘Anathema, passe un autre cap avec le très justement clippé Deaf Blind Silent. On y entend Rémy poser des couplets mi rappés mi chantés, soutenu par Anthony Trillaud, le batteur, qui cadence les fondations du titre avec la précision d’une machine. Je pose par ailleurs la question suivante: Est-il le résultat du croisement entre une boîte à rythmes et un marteau-piqueur ? Sérieusement, ce mec cogne dur sans oublier d’insuffler suffisamment de dynamique à ses patterns pour nous faire secouer nos crânes comme si c’était la dernière fois.

Quant aux harmonies et autres riffs mis en place par les guitaristes Antoine Chapet et Matt Bankowski, l’un déchire vos tympans à coups de solo soit technique, soit destructeur (voire les deux à la fois, ne nous privons pas) tandis que l’autre bétonne derrière, le tout dans l’entente la plus cordiale, tout accompagnés qu’ils sont par le jeu solide de Mikael Gentili à la basse.

Quoi qu’il en soit, Deaf Blind Silent fait dans la qualité. Fluide, ultra accrocheur en restant incisif, nous avons probablement ici l’un des meilleurs titres que nous donne à entendre Swarm dans cette review d’Anathema.

ANTIBES TEXAS CONNECTION

Mais ça, c’était avant Life on Hold. À supposer que vous lisiez toujours cette review, je vous demande une chose. Accrochez vous bien. Car à mon sens il y a du Dimebag Darrell là dedans. Pas uniquement bien entendu, mais durant les premières secondes, j’ai cru voir sa célèbre guitare Dime From Hell devant moi. Hey, c’est pas rien quand même ! Life on Hold a cette sève un peu plus fine néanmoins, plus « catchy » si j’ose dire. Que dire, une nouvelle fois, du solo final et des voix qui s’y superposent ? Les Texans seraient sans doute fiers. Le morceau se suffit toutefois à lui même, mais il y a un parallèle à faire et pas des plus mauvais, loin s’en faut.

Simple Automata Return ensuite. Tiens, encore une bonne surprise. Quelque chose qui ressemble à du Thrash/Power Ballad vintage. S’il y a des vétérans des 90’s qui lisent ceci, cela leur rappellera des souvenirs émus. Construit comme une montée en puissance, avec une voix féminine au début, oscillant entre calme et tempête, l’humeur est à la mélancolie rageuse. Puis Simple Automata Return explosera à la fin dans un torrent de notes déchirantes. Très bon.

Hardcore jusqu’à la mort

Legacy of Misery signera le retour à du Swarm version hardcore. De quoi se remettre du morceau précédent dans la joie et l’allégresse. Pour autant le combo n’oublie jamais d’intégrer ici et là des petits changements, des breaks qui continuent de tenir l’auditeur en haleine. Le déferlement continue jusqu’au terme d’Anathema en compagnie de Five et surtout de l’épique Pyroclastic Flow. Ce dernier est un instrumental assez décomplexé donnant dans la démonstration de puissance assumée. Vous vouliez une dernière dose de Metal en fusion ? La voilà ! La boucle s’achève comme elle a commencé en début d’album avec un titre long, fougueux, porté par un frénétisme de tous les instants. Ou presque. Pyroclastic Flow termine l’opus avec des notes acoustiques calmes en guise d’au revoir.
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Nous allons, malheureusement, faire de même ( pas la guitare, mais « au revoir »).

SWARM ANATHEMA – LA REVIEW, EN CONCLUSION

Quelle belle découverte. Swarm a de l’audace et manie brillamment l’ingéniosité dans sa violence. Il faut bien écouter l’album pour s’apercevoir qu’il y a bien d’autres choses à découvrir qu’un simple disque de Metal / Thrash. Rajoutant une couche ici, une signature par là, une couleur sonore ailleurs, Anathema joue dans la cour des grands avec intelligence. Il serait d’ailleurs injuste que le groupe n’ait pas accès à une plus grande audience sous peu. La clarté de la production, le jeu des musiciens, les voix… Pas grand chose à redire. Tout assure. Swarm se paie le luxe d’en remontrer à tout un tas de groupes du genre qui ne songent qu’à faire un disque tel que celui ci. Ne sous-estimons pas non plus une puissance de feu qui fera des ravages parmi le public lors de futurs concerts et vous tenez un bâton de dynamite musical.

Bien évidemment déconseillé aux cardiaques. Les autres, foncez, c’est du velours.

SWARM-ANATHEMA disponible depuis le 30 septembre 2019 – Indépendant



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BODY COUNT Carnivore

BODY COUNT Carnivore-Tous Droits Réservés
BODY COUNT Carnivore-Tous Droits Réservés

Le célèbre groupe rapcore de Los Angeles, mené par l’Original Gangsta Ice T signe son retour avec un album flambant neuf. 28 ans après leur premier album, divers changements de line-up et des titres corrosifs flirtant avec la réalité, que vaut le nouvel opus ? Examinons cela de plus près.

Body Count, Carnivore la review donc. Pour les nouveaux arrivants, un point d’histoire. Body Count est formé en 1990 par Tracy Marrow. Si ce nom ne vous dit rien, Ice T devrait faire sonner quelques cloches dans votre tête. Un A.K.A incontournable parmi les artistes Hip Hop historiques. Originaire de Los Angeles, le rappeur sortit de grands albums comme Rhymes Pays, Power, The Iceberg/Freedom Of Speech ou bien OG: Original Gangster et Home Invasion, parmi d’autres. Ensuite les amateurs de séries TV policières l’ont sûrement déjà vu dans Law & Order. Mais l’un de ses rôles les plus marquants fut celui de Scotty Appleton dans New Jack City aux côtés de Wesley Snipes, au cinéma.

BC is in da house

Mais revenons à Body Count (souvent abrégé BC). Sa toute première apparition discographique officielle remonte à 1991 sur l’album OG: Original Gangster. La chanson éponyme constitua une surprise. Au beau milieu du disque, Ice T conviait Ernie C, Beatmaster V, MooseMan ainsi que D-Rock pour un titre proche du Punk et du Metal. Puis en 1992 le LP fondateur du même nom, arriva. Il contenait déjà tous les ingrédients de la formule BC à savoir un mélange de Thrash, de Metal et de lyrics crus en prise avec la réalité du quotidien.

Mentionnons que si l’étonnement de certains par rapport à l’orientation musicale du combo est compréhensible, cette dernière est logique. Le Rap contient des textes qui commentent ce à quoi doivent faire face les trois quart des gens dans leur vie. Le Thrash, lui même rejeton bâtard du Punk et du Metal, a souvent adopté un point de vue « social » dans ses paroles. Ice T et ses complices ont simplement choisi de perpétuer cette tradition en y ajoutant un chant rappé sur fond de guitares lourdes. Le MC y aborde différentes thématiques comme le racisme, la toxicomanie, l’autorité policière…

La controverse Cop Killer

Premier album donc et déjà premier drama, puisque Body Count contient le sulfureux Cop Killer. Cette chanson souleva une énorme polémique aux USA en son temps. Le rappeur se justifia en expliquant qu’elle signifiait le ras le bol vis à vis des brutalités policières du personnage créé pour le titre. Malgré les multiples renvois au 1er Amendement de la Constitution US, le combo retira la chanson de l’album sous la pression politique. Uniquement pour mieux la distribuer sous forme de single gratuit après.

Body Count Carnivore, la Review

L’orage passé, BC pu continuer sa route. D’autres albums suivirent, notamment Born Dead, Violent Demise: The Last Days, ou plus proche de nous, Bloodlust. Et nous arrivons en 2020, avec la dernière livraison de Body Count, Carnivore ainsi que notre review.

Une fois de plus, nous serons en terrain connu. Lorsque les accords de Carnivore résonnent, on reconnait immédiatement la patte BC. Quelques secondes s’écoulent avant que le flow caractéristique d’ Ice T n’arrive et plante définitivement le décor. « Digest these hoes, kill, repeat/ As savage as this all may seem/ I am called the human being/ Carnivore ! » déclame-t-il.

L’image parle d’elle même. Ice T compare l’homme à un prédateur moderne, dévorant tout, et surtout son prochain, au passage. Le morceau quant à lui est efficace. Gros beat de batterie lourd qui pose une base rythmique menaçante afin que Ice T puisse poser son chant syncopé, avant qu’un solo déchirant ne vienne lacérer l’ensemble.

Démarrage haute tension

Le nerveux Point The Finger verra Riley Gale des désormais célèbres Power Trip (très bon groupe de Power Thrash si vous ne connaissez pas) intervenir sur un morceau survolté, rageur à souhait alternant passages heavy et speed. On parlait plus haut de l’influence Thrash sur Body Count, elle apparaît plus qu’évidente ici. Un high kick taille 52 qui saura plaire aux fans du genre. Bum-Rush, un des singles issus de Carnivore martèlera son riff puissant ensuite. Bum-Rush met en lumière le bombardement d’informations auquel nous avons droit à l’heure actuelle, les divisions à l’intérieur du peuple dans son ensemble. Entre réseaux sociaux, télévision, presse etc… il devient parfois dur de s’y retrouver. Qui dit quoi ? Vrai ou faux ?

La chanson appartient à la lignée des chansons contestataires de Body Count et elle parvient sans mal à faire prendre conscience de certaines choses tout en vous donnant envie de sauter contre les murs de votre appartement (non, ce n’est pas incompatible).

Le combo a également l’habitude de rendre hommage aux groupes qui l’ont inspiré. Cette fois, la dédicace ira tout droit à Motörhead, dont le mythique chanteur/bassiste Lemmy a fait partie avant de mourir il y a quelques années. Ace Of Spades tonnera donc une énième fois dans des enceintes, avec une reprise qui rend sincèrement justice à l’original. RIP Lem’.

Amitié(s), souvenirs et respect

Autre chanson, autre invité. Jamey Jasta de Hatebreed, avec sa deuxième participation à un album de Body Count, viendra s’y coller. Outre cela, Another Level aura une approche oppressante et massive, mais néanmoins positive au final. Le morceau traite du fait de lutter contre l’adversité, d’arriver à s’élever hors de son marasme personnel. De se bouger le cul, de s’améliorer et de s’élever en somme. Jasta y assure des choeurs hurlés donnant au titre cette petite saveur Hardcore reconnaissable entre mille. Ice T revisitera par la suite son passé de rappeur avec une relecture de Colors, paru en 1988 dans sa version Rap.

Déjà bien connu des Hip Hop Heads, Colors version 2020 amène un surplus de dynamisme et a le mérite de lui donner un sérieux coup de lifting. En avait-il besoin ? Pour ma part, la chanson s’intègre très bien à la thématique du disque. La preuve, ce premier couplet froid, concret, tel une plaque de béton: « I am a nightmare walking, psychopath talking/King of my jungle just a gangster stalking/ Living life like a firecracker quick is my fuse/Then dead as a deathpack the colors I choose/ Red or Blue, Cuz or Blood, it just don’t matter/ Sucker die for your life when my shotgun scatters/ We gangs of L.A. will never die, just multiply »

N’y-a-t-il pas là quelque chose qui évoque à nouveau un… carnivore urbain ?

Amour et violence

Il y a aussi No Remorse qui verra Ice T se glisser dans la peau d’un personnage qui rend coup pour coup sans s’excuser pour autant, et nous écouterons par la suite When I’m Gone qui accueillera Amy Lee d’Evanescence en guest. Le chanteur introduit le titre en expliquant que le déclic qui lui a inspiré le morceau fut le récent décès de Nipsey Hussle, jeune rappeur assassiné alors que sa carrière était sur le point d’exploser. Entre mélodies et riff plombé, Ice T s’interrogera sur la question de la disparition subite d’un ou de plusieurs proches, voire de la sienne. Il demandera (ordonnera presque) aux gens de ne pas attendre que la mort emporte un ami, un membre de la famille avant de leur témoigner de l’amour.

Une chanson pesante, dans tous les sens du terme, au cours de laquelle Amy Lee amènera une touche quasi lyrique dans ses dernières secondes. Evidemment, le sujet, abordé maintes fois auparavant chez d’autres que Body Count, revêt un écho singulier quand on connaît la vie de la rue. Certes, de l’eau a coulé sous les ponts depuis mais Ice T connait cela. Il sait tout simplement de quoi il parle.

Body Count finit furieusement Carnivore

On conclura cette review du Carnivore de Body Count avec Thee Critical Beatdown et The Hate Is Real. Deux titres velus, l’un avec un break bien costaud qui traitera de « régler des comptes » suite aux divers déballages mensongers que l’on peut subir de la part d’une tierce personne. Histoire de se soulager un bon coup quoi. L’autre constituera une charge explosive envers un racisme bien trop présent en Amérique, ou dans le monde d’ailleurs. Sous influence Hardcore, BC dénoncera les fausses démonstrations de soutien ou de respect envers les minorités au profit d’une haine qui perdure à travers les époques. The Hate Is Real contient assez de kérosène pour envoyer brûler tous les préjugés brûler sur le même bûcher. Et la sève vocale qui l’accompagne sert avec ferveur le propos. Un point final bruyant.

Body Count Carnivore – la review, en conclusion

Body Count fait du Body Count. Classique, sans fard, authentique. En revanche, là ou vous pouvez compter sur le groupe, c’est quand il s’agit de vous donner votre dose de titres virulents, à l’épreuve des balles. Et Carnivore en contient un bon paquet.

Malgré les années qui passent, le combo semble plus à l’aise que jamais et grâce à ces chansons en acier trempé survolées par le flow incendiaire d’Ice T, critiquant les maux de notre société, Body Count se hisse sans mal à la hauteur des attentes. La production, très claire, musclée, aide par ailleurs beaucoup à mettre en valeur les nouvelles compositions. De plus, il est plaisant de constater qu’Ice T, 62 piges au compteur, conserve son regard lucide et affûté sur ce qu’il se passe autour de lui. Son humour noir, son sens de la critique, font heureusement toujours partie du voyage.

En tout cas, Carnivore ne manque pas de mordant et on écoutera ce nouveau chapitre made in Body Count avec un enthousiasme non feint.

Body Count-Carnivore, disponible le 06 Mars 2020 via Century Media

Pour aller plus loin

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THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain

THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés
THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés

Un autre jour, une autre review sur Zeekology.fr ! Décidément, la scène Métal française se porte plutôt bien ces derniers mois car j’ai le plaisir de faire la review du nouvel album de Think Of A New Kind, Ideals Will Remain.

Petit retour sur l’historique du groupe:

D’abord, il y avait Dark Signs, ensuite T.A.N.K (Think of A New Kind), un groupe de Metal régulièrement étiqueté comme « Death mélodique moderne », formé entre la Seine-et-Marne et l’Essonne.

Plus tard, en 2007 sort un premier EP 2 titres du combo, qui comprend alors dans ses rangs Raf Pener (chant), Symheris et Eddy Chaumulot (guitares). Puis, le groupe se complète avec l’arrivée d’ Olivier d’Aries (basse) et Clément Rouxel (batterie).

Enregistré par Guillaume Mauduit au Studio Sainte-Marthe (Paris), ce CD, sélectionné par le magazine Rock Hard comme révélation de décembre, percera partout comme une « future référence » (French Metal).

Quelques dates et moments clés

T.A.N.K entreprend ensuite de rencontrer ses fans en France et en Belgique, où il se fait remarquer par sa fougue et sa hargne sur scène. Le public, les webzines, saluent leurs shows mais ils impressionnent aussi les groupes dont il font la première partie :

« Un très bon groupe qui déploie une immense énergie sur scène » (Werther, bassiste de Dagoba –Interview Metal France).

Le quintet remporte le Metallian Battle Contest 2009 au Ninkasi Kao de Lyon. T.A.N.K, propulsé sur les scènes du mythique festival Wacken Open Air en Allemagne et du Metalcamp en Slovénie, croise alors d’un côté des références internationales telles que Machine Head, In Flames, et de l’autre Down avec l’ex chanteur de Pantera Phil Anselmo. Après quoi Think of A New Kind , toujours avec Guillaume Mauduit, enregistre son premier album : The Burden of Will. L’accueil de ce premier opus, qualifié d’accrocheur, dynamique et de grande envergure, dépasse leurs attentes du moment. Ce que divers magazines, presse ou sur le web, s’accordent à dire.

Le T.A.N.K s’en va-t-en guerre

Mais le combo ne ralentit pas la cadence pour autant. Tout en composant son deuxième album, T.A.N.K retourne sur la route. Notamment en République Tchèque au Basinfirefest, ou assurant l’ouverture pour des noms plus confirmés tels que Sybreed, Hacride ou Gorod. Spasms of Upheaval, l’attendu deuxième effort du groupe, arrive enfin et envoie un autre signal fort: le clip d’Inhaled, avec la participation de Jon Howard du groupe Threat Signal, dépasse à ce jour les 250 000 vues sur Youtube. Les premiers changements internes arrivent aussi: Think of A New Kind accueille le guitariste Nils Courbaron en lieu et place d’ Eddy Chaumulot.

Symbiosis

Le combo confirme alors l’attente autour de son nom lors d’une date-événement du Upheaval Tour: T.A.N.K joue au Hellfest 2013 sur la Altar où sa prestation ne passe pas inaperçue et enflamme une audience massivement présente. Là-dessus nous arrivons en 2015 et T.A.N.K lâche en septembre son troisième album, intitulé Symbiosis. il bénéficie d’une sortie physique européenne et permettra au groupe de joindre ses forces ainsi que son talent à Soilwork et HateSphere pour la première tournée européenne de son histoire. Dans le même temps, Symheris quitte le groupe, remplacé par Charly Jouglet puis Thomas Moreau en janvier 2017.

(Source: Bio officielle de Think of A New Kind)

Ce qui nous amène donc fort logiquement en 2020. Et comme vous allez voir, Think of A New Kind n’a pas fini de nous en mettre plein les oreilles en particulier avec un LP du calibre de Ideals Will Remain.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain-La review

Autant énoncer les faits clairement, T.A.N.K sort à nouveau un disque qui ne fera rien pour ternir l’excellente réputation dont jouissent ses membres. Le groupe ne perd pas de temps en palabres et nous plonge tout de suite dans le grand bain avec Anima. Ce titre, bien que très court, fera d’ailleurs office de présentation. Puis, Last Days Of Deception se chargera de commencer le travail de démolition. Et l’on peut d’ores et déja voir que le job défonce.

Véritable rouleau compresseur Métal, le morceau est à l’image du nom du combo, du moins son acronyme. Des riffs qui rouleront sur les derniers doutes que vous auriez pu avoir. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, fureur et mélodies nous accompagneront tout au long de Ideals Will Remain.

Au tour de The Pledge de sortir des tranchées creusées par T.A.N.K. De nouveau, on reste bouche bée devant l’énergie déployée. Certain signes auxquels nous sommes plus ou moins habitués montrent le bout de leurs notes. Si effectivement la tendance générale de l’album se dirige vers un Métal explosif, en tendant l’oreille, nous distinguons ce qui fait l’un des signes distinctifs de T.A.N.K.

Sortez l’artillerie lourde !

Les Français n’ont pas l’intention de laisser tomber l’intelligence de leurs compos. Rythmiquement irréprochable, puis distillant des touches mélodiques aux moments opportuns, le groupe se montre sous son meilleur jour. Même Shadow Hill, ce monstre de brutalité contrôlée, n’échappe pas à ce constat. Il y a à l’intérieur plusieurs idées qui serviraient à d’autres groupes pour remplir un album entier. Des changements de tempos (très courts mais amenant ce surplus de créativité bienvenu) par exemple. Presque imperceptibles au premier abord, ces variations évitent au morceau d’être simplement bourrin. Un morceau plus « subtil » à mon sens qu’il n’y paraît.

The Phantom lui, optera pour une alternance chant clair/growl, relevé par des solos impeccablement exécutés. Et toujours en fond, cette assurance rythmique qui fera également sans nul doute possible les bons moments du l’opus. Passons rapidement sur EVE, une pause instrumentale, pour parler de Survivance, probablement l’un des titres aux influences Death mélo les plus marquées. Survivance prolonge les impressions du morceau précédent, mais amène en prime un solide riff syncopé sur lequel se posent les voix tantôt hurlées, tantôt en apesanteur.

Char d’assaut tout terrain

Viendra par la suite un morceau que je trouve assez incroyable, Dead End’s Night. Think of A New Kind au cours de cette review de l’album Ideals Will Remain a rempli son contrat depuis longtemps. Mais ici, je dois dire qu’ils arrivent à pousser leur style à un autre niveau. Conservant le taux réglementaire de dynamisme et de furie, voilà une chanson devant absolument sortir du lot afin que le public en profite en live. Elle résume beaucoup de choses chez eux. Les mélodies, placées avec justesse, de gros choeurs en guise de refrain fédérateur, et encore des solos dont l’efficacité n’égale que la précision. Très, très lourd.

Think Tank

Alors que je reste scotché par Dead End’s Night, je m’aperçois que le combo n’en a pas encore fini. Pyro Ent, largement balistique, déploie l’arsenal habituel, gros son, gros riff bien vénère. Mais ouvre surtout la voie au morceau final: The Essence. T.A.N.K offre la chanson la plus variée et peut-être la plus complète de son album. The Essence aura une orientation presque Progressive et démontrera, si besoin il y avait encore, toute l’étendue du savoir-faire du groupe en matière de composition. Le groupe joue avec son idée de départ, y ajoute d’autres couches de notes, d’idées toutes parfaitement structurées. D’ailleurs, si j’avais une remarque à faire, elle ferait état de mon intention de voir par la suite cette influence encore plus développée à l’avenir.

The Essence conclut Ideals Will Remain idéalement. T.A.N.K signe un titre long, lourd mais haletant. De cette façon, il s’assure une sorte de cliffhanger musical, nous laissant espérer de grandes choses pour la suite.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain -La review, en conclusion.

Que dire sans tomber dans l’évidence ? En ce qui concerne le moment présent, les Français ont donné le meilleur en sortant un nouvel opus riche de son interprétation, débordant d’imagination tout en conservant un style propre. . Un disque dense. Qui explose de partout mais ne s’éparpille nulle part. En outre, une production digne des plus grands offre aux chansons l’oxygène nécessaire afin qu’elles puissent prendre leur essor.

Des compositions de qualité, dévastatrices ou exploitant avec facilité un registre un peu plus mélodique, achèveront les fans qui n’en demandaient pas tant. Tout au plus, comme dit plus haut, l’on pourra suggérer au combo de creuser cette veine Progressive. Il y a des choses à faire par là. Mais franchement, comparé au reste, c’est peanuts.

Ideals Will Remain se pose en tant que grand disque du genre. Il n’aura pas à rougir de la comparaison avec d’autres noms de la scène européenne. Oserai-je « mondiale » ? Pourquoi pas. Souhaitons à l’album un grand succès. Et remercions Think of A New Kind de sortir un nouveau chapitre de cette trempe.

Pour aller plus loin:
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THINK OF A NEW KIND – Ideals Will Remain, disponible le 28/02/2020 via Verycords / Warner


KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King

KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés
KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés

Voici la review surprise du jour: Kause 4 Konflikt, Fornication Under Control of King !

Le hasard est une chose formidable. Je zone sur Youtube, j’ écoute des trucs et puis tout à coup je me prend une beigne. Tiré de ma torpeur, j’appuie sur pause, je scrolle vite en haut de la page pour voir le nom du groupe. Kause 4 Konflikt. Gné ? Inconnu au bataillon mon capitaine. Quoiqu’il en soit, accroché au chant et aux riffs monstrueusement puissants qui s’échappe de mes enceintes, je pars à la pêche aux infos. Ô joie ! Et cocorico aussi. Kause 4 Konflikt représente la France.

En effet le combo survolté émerge toutes guitares dehors de Paris. Avant de savoir ça, j’aurais mis un billet sur n’importe quel bled américain tant ce qui sortait de ma sono m’a impressionné. Loin de moi l’idée de dénigrer nos groupes. Mais là… A part un Gojira, je vois pas trop à qui ou quoi comparer le groupe en termes de production dans nos contrées. Les intéressés excuseront mes lacunes en la matière.

Quelques mots…

Pour commencer, Kause 4 Konflikt se compose donc de cinq membres: SBT OTS au chant, ALX et JAY DEZ aux guitares, KTS à la basse et MEHDI à la batterie. K4K se définit plus précisément comme un groupe d’ « Offensive Warcore », ce qui, n’en doutons pas un seul instant, leur va très bien. Les Parisiens indiquent également être influencés par « le Thrash moderne et le Hardcore Métal ». Jusqu’ici pour ma part, tout va bien. Le disque pue la testostérone, les chants virulents et les riffs turbocompressés. Rajoutons une section rythmique qui pilonne bien comme il faut. Et bien voilà, vous avez un bâton de dynamite allumé en guise d’album.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King-La Review

Souvenez vous, j’avais appuyé sur pause. Quelque peu excité par tout ca, je remets l’album au début. Dès l’ intro du disque Less One, quelque chose de légèrement familier me revient en tête. Cette guitare, cet effet… Pantera, Cowboys From Hell ! Mais le souvenir s’arrêtera là car la suite n’ a absolument rien à voir avec les Texans. Nous avons ici affaire à un autre genre de bestiau. Et pas des plus calmes.

Less One nous amènera directement sur le très explosif You Sign For It. Et les choses sérieuses démarrent. Pied au plancher, à toute blinde, les Parisiens se permettent également d’inclure dans la chanson un sample de la célèbre tirade de Samuel Jackson alias Jules dans Pulp Fiction en fond. En fait, si je devais faire un parallèle avec le film je dirais que You Sign For It représente la citation que Kause 4 Konflikt récite avant de tirer, auditivement bien sûr, à bout portant.

Sans délai, God Pretends balaiera la moindre de mes hésitations, s’il en restait. Putain… quel riff !!! Excusez ma grossièreté mais ça poutre sévèrement comme dirait l’autre. La violence du groupe prend toute son ampleur et démontre également de belles compétences mélodiques tout en conservant un sens de l’urgence conséquent. En cet instant, selon moi, le disque s’envole et ne retouchera terre qu’en de rares occasions.

Brisons la glace, et quelques côtes

Kause 4 Konflikt continuera sur cette lancée tout au long de l’album, sachant varier les plaisirs lorsque l’occasion se présente. Fornication Under Control of King est un disque brutal certes, mais le combo se plaît aussi à jouer avec certaines dynamiques. Par exemple Nothing For No One empruntera une voie plus mélodique au départ, entretiendra un tempo rapide avant de subitement casser son rythme, laissant tout l’espace nécessaire au riff final, majoritairement écrasant, de s’installer.

Aussi, les Scapegoat (feat. Esben) ou Ain’t Give A Shit, tour à tour Heavy et rapides, s’ancreront dans une tradition plus Hardcore New School que Thrash, même si cette dernière influence se traduit toujours par de courtes interventions de solos au détour de choeurs virils chers au genre. Pour ce qui est des invités, outre Esben, le surpuissant Jawbreaker verra Les Tambours du Bronx (qui par le passé, avaient fait quelque chose avec Sepultura si je ne dis pas de sottises ) accompagner la bande sur un brûlot bien énervé.

Offensive Thrash WarMachine

Sur le plan du groupe lui même, il faut souligner une chose: j’ai sincèrement la sensation d’écouter une machine de guerre incroyablement bien huilée. L’image peut faire sourire mais c’est exactement de cela dont il s ‘agit. L’ensemble est d’une homogénéité parfaite. A titre personnel, j’aimerai également mettre en valeur le travail fait par Mehdi, le batteur. Ce mec cogne comme s’il n’ y avait pas de lendemain. Plus sérieusement, son sens du rythme porte les morceaux dans des sphères de groove et d’énergie qui font plaisir à entendre.

Le reste du combo n’est évidemment pas en reste et les performances au chant ainsi qu’aux guitares/basse sont de haute volée. Le groupe fonctionne en symbiose et ca se sent.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King- En conclusion

N’y allons pas par quatre chemins pour achever cette review, avec Fornication Under Control of King, Kause 4 Konflikt a sorti un foutu bon disque. Si des noms comme Power Trip ou Red Death font qu’une ampoule s’allume au dessus de votre tête à leur évocation, allez-y. Foncez tout droit, il n’y aura pas de déception. Le mélange Thrash/Hardcore opère comme par magie et le combo se montrera tout à fait à la hauteur de vos attentes. Sauvage et instoppable, K4K se hisse sans mal à la hauteur des ténors du genre et contentera tous ceux qui aiment leur Crossover servi avec une dose de [insérez votre style préféré]-Core supplémentaire.

Honnêtement, je ne vois pas grand chose à ajouter, l’écoute vous convaincra beaucoup mieux que les mots.

Un grand bravo à eux, et merci. Moi je retourne sur Bandcamp acheter l’album.

Chronique réalisée à partir du service de streaming Bandcamp

Kause 4 KonfliktFornication Under Control of King: Disponible depuis le 31/01/2020 via Built To Rock

Kause 4 Konflikt Online: Twitter | Facebook | Instagram | Bandcamp


Loathe I Let It in and It Took Everything

Loathe I Let It in and It Took Everything review-Tous droits réservés
Loathe: I Let It in and It Took Everything-Tous droits réservés

Alors, attention aujourd’hui nous avons le full package avec le dernier album de Loathe: I Let It in and It Took Everything dont nous allons faire la review. Je vais vous faire un aveu. Il y a un mois je ne connaissais pas Loathe. Une lecture de la bio du groupe m’a toutefois conduit vers des éléments qui m’ont poussé à jeter une oreille au disque. Mais dans un premier temps, si vous êtes dans mon cas, une présentation s’impose.

Loathe a émergé de l’ underground britannique dès 2014. Deux EP ainsi qu’un album les ont mis en orbite. Par la suite le groupe obtint deux nominations en tant que meilleur nouveau groupe. L’une au Metal Hammer Golden Gods. L’autre, Best UK Breakthrough Band aux Heavy Music Awards. Depuis, il en ressort que Loathe fait partie des groupes qui ont des ambitions bien pesées et désormais, avec la sortie de l’ album I Let It In and It Took Everything, ces ambitions commencent à se concrétiser.

Entre Métal en fusion, films et jeux

Parlons un peu des influences chez les Anglais: la bande sonore du jeu vidéo Silent Hill 2, celle du film Joker de 2019 ou l’ensemble des œuvres de David Lynch, parmi d’autres. Ces dernières ont lourdement pesé dans les compositions de Loathe où tout ou presque semble alambiqué, dispersé et malgré tout homogène à la manière des longs métrages du réalisateur.

Pas le chemin le plus évident, mais les routes qui valent la peine d’être empruntées ne sont pas les plus faciles à parcourir. Une attitude audacieusement résumée dans ce titre obscur, I Let It In and It Took Everything. « ll y a là l’idée de ce que nous faisons et l’enregistrement de l’album  » explique Erik (Bickerstaffe, guitares).  » Nous avons laissé entrer l’idée d’être dans ce groupe, et il nous a tout pris. Sans essayer de le faire sonner comme une histoire sanglotante, nous avions besoin de nous construire à nouveau afin de faire cet album « .

Loathe: I Let It in and It Took Everything, la review de l’album

Bien. Maintenant que nous avons abordé les débuts du groupe, ainsi qu’un certain état d’esprit, débutons la chronique de I Let It in and It Took Everything. Je parlais plus haut de la diversité des ambiances présentes sur l’album. Effectivement, Loathe aime Jouer avec elles. Très bon point par ici. En outre, cela tend à démontrer que le groupe possède des idées, des thèmes. Surtout, qu’il n’a pas l’intention de les laisser dans un coin. Un certain dynamisme créatif donc, qu’il serait injuste de passer sous silence.

Au début fut Thème. Il s’agit d’une courte intro. Calme, aérienne et délicate. Une petite nappe de synthé se charge donc de démarrer l’écoute. Ceci avant qu’un bruit de portière se refermant ne laisse le riff bestial d’Aggressive Evolution se faire entendre. Des couplets sauvages se mêleront aux refrains beaucoup plus éthérés du titre. Avec, évidemment, un dynamisme sous-jaçent de tous les instants. Un début poing dans la gueule foutrement efficace.

Entre la plume et l’enclume

Au fur et à mesure que I Let It In and It Took Everything avance, reconnaissons une chose. Les influences sus-citées arrivent à surgir d’un coup d’un seul. Elles s’intègrent dans un moule sonore personnel avec facilité. Car si elles peuvent s’identifier relativement facilement, elles ne trahissent jamais l’envie du groupe de s’en émanciper. Loathe étale les différentes composantes de son identité après avoir absorbé ce dont ils avaient besoin. Ces indicateurs, à l’instar de pistes telles que les brutaux Gored, le bien nommé Broken Vision Rythm (qui arrive à intégrer sans que cela gêne le son d’un fax !), Screaming, et Heavy Is The Head That Falls With the Weight Of A Thousand Thoughts, nous montrent que Loathe manie la dissonnance, la lourdeur ou les parties plus mélodiques avec une dextérité folle.

Plus qu’un simple défouloir, plusieurs de ces titres aux rythmes hâchés, pliés et régurgités avec assurance sont les témoins de la technique au service de la diversité. Comme pour mieux titiller notre étonnement, Heavy Is the Head… se finit d’ailleurs sur quelques secondes apaisantes de guitare inattendues. J’évoquais plus haut des atmosphères comme celles des OST des jeux comme Silent Hill ou David Lynch, dont la manifestation bruitiste probablement la plus évidente se trouve sur Red Room. La forme est chaotique par instants et cela m’a plus fait penser au pilonnage sonore que l’ont peut parfois entendre chez quelques artistes du genre Industriel.

Tous les (bons) goûts sont dans leur nature

Mais il n’y a pas que ça chez Loathe. Le combo nous réserve d’autres surprises. L’autre marque de fabrique qui m’a semblé impeccablement intégrée fera le pont avec les Deftones. Cela se remarque facilement sur des titres comme l’excellent New Faces In The Dark (qui résume parfaitement les multiples capacités du groupe en un seul morceau), plus encore sur Is It Really You. J’ai même cru à un moment que Chino Moreno chantait sur ce dernier. Loin de moi l’idée de dire pourtant qu’il s’agit d’un calque.

Au contraire, c’est plutôt un compliment. Et Loathe noie ce qui pourrait sembler apparaître comme un défaut dans une belle dose d’interprétation talentueuse sans que cela ne plombe le disque. L’influence est tout à fait présente, oui. Mais les Anglais, encore une fois sont assez polyvalents au niveau de la structure musicale de leurs compos pour se sortir de cette situation avec grâce.

De l’art de la pause

Avant que nous finissions cette review, notons que I Let It In and It Took Everything glisse néanmoins des plages de répit. Les planants et synthétiques 451 Days, A Sad Cartoon (Reprise) pour prendre un autre exemple, feront office d’aires de repos pour un auditeur qui n’en attendait pas tant. Rapides contrepoids idéaux en opposition aux chansons plus charnues et virulentes qui constituent le reste de I Let It In and It Took Everything, elles aussi désigneront d’autres points d’intérêt que nous pourrions voir se développer plus tard dans la carrière de Loathe.

Un dernier mot sur le travail effectué par le groupe. D’abord mettons en avant la cohésion qui existe entre le chanteur Kadeem France et le reste des Liverpooliens. Qu’il verse dans le growl ou un registre clair, il se montre plus qu’à la hauteur sur la durée du disque. Un grand bravo à lui. Ses cordes vocales nous emmènent au fond de l’abîme ou vers des cieux plus chaleureux et nous le suivons avec plaisir. Les riffs de Erik Bickerstaffe et Connor Sweeney sont bien trouvés, admirablement construits. Ils constituent un bon support pour les mélodies vocales et font un très bon job afin de varier les ambiances. Quant à la section rythmique, Sean Radcliffe à la batterie et Feisal El-Kazraghi, l’un est un parfait métronome tandis que l’autre bétonne des morceaux torturés ou plus simples avec sa basse, amenant un supplément de profondeur et de muscle appréciable.

Loathe: I Let It in and It Took Everything, en conclusion

Pour ma part, il s’agit d’une découverte concluante. J’ai positivement été surpris dans cette chronique par la richesse des compositions, allant du brutal méthodique aux envolées lumineuses des refrains sur certains titres. Les morceaux sont diversifiés, mais suivent globalement une ligne directrice bien définie. Si, par le contour de quelques chansons, on arrive à deviner qui a inspiré quoi, on en arrive à se dire que franchement, il ne s’agit que d’un détail mineur. On souhaitera quand même à Loathe de suivre le chemin des aînés et d’acquérir plus d’expérience propre et de s’affirmer encore plus, en particulier au vu du brillant résultat à ce jour. Cela viendra en son temps, j’en suis convaincu

Avec ce deuxième album complet, Loathe confirme les grands espoirs placés en eux, et de fait réussit un beau hold-up. Un disque largement recommandable en somme.

De pair avec le dernier Sepultura, il s’agit d’un autre excellent disque en ce début de Février.

Loathe – I Let It in and It Took Everything disponible le 07/02/2020 via Sharptones Records.

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