RED DEATH-SICKNESS DIVINE

RED DEATH-SICKNESS DIVINE- Tous droits réservés
RED DEATH-SICKNESS DIVINE- Tous droits réservés

Bonjour et bienvenue dans cette review du Sickness Divine par Red Death. Pour commencer, Red Death est un groupe de crossover. D’abord, si vous permettez, il convient peut-être de tenter de définir brièvement ce qu’est le crossover. Si vous écoutez des groupes tels que Power Trip, Iron Reagan ou plus anciennement les albums de milieu de carrière de Suicidal Tendencies, Cro-Mags (période Best Wishes), ou bien Stormtroopers Of Death et Nuclear Assault, vous êtes en plein dedans. Il s’agit d’un mélange de Thrash et de Punk, voire de Hardcore.

On situe l’apparition du style au début des 80’s, époque où les deux scènes cohabitaient et où des groupes de Metal ont commencé à emprunter certains éléments musicaux au Punk et au Hardcore, ce dernier étant alors émergeant. Par la suite, des groupes ont décidé de fusionner complètement ces genres et le crossover était né ! Pour info, on vous recommande fortement de vous pencher sur les discographies des groupes sus-cités, et plus en amont sur celle du groupe Anglais Discharge, l’un des véritables détonateurs du crossover. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive et il existe, encore aujourd’hui, une multitude de groupes qui continuent de façonner leur son autour de ce style.

Les origines

Red Death vient de Washington DC, une ville qui a engendré quelques « petits » combos. Oh trois fois rien, simplement d’éminents pratiquants d’un Rock Hardcore: Minor Threat et Bad Brains, mais aussi, dans un autre registre, des artistes comme Fugazi, Youth Brigade, Dag Nasty… que vous pouvez largement ajouter à votre liste de groupes à découvrir s’ils manquent à l’appel sur vos étagères ou autres disques durs. Bref pour en revenir à Red Death, de toute évidence l’urgence et la colère bouillonnent dans leur for intérieur.

La bonne idée du groupe ? Pratiquer un Hardcore virulent, empreint des groupes légendaires qui forgèrent la scène il y a 30/40 ans. Pourtant leur musique ne sonne jamais ni pompée (juste influencée, nuance) et complètement moderne. À ce jour, Red Death compte une discographie de trois albums en comptant ce Sickness Divine de toute beauté et précédé de Permanent Exile en 2015 puis Formidable Darkness en 2017. Le groupe s’est notamment fait connaître en tournant comme des fous, défendant leurs albums comme des forcenés aux quatre coins du pays et à l’international.

Red Death-Sickness Divine- La review

La preuve en est donc avec Red Death et son Sickness Divine. Le groupe originaire du Nord Est des USA démarre avec quelques paisibles accords de guitare ouvrant l’album avant qu’un riff pesant mais néanmoins groove et accrocheur ne s’empare de votre monde. La voix rocailleuse du chanteur, Chad, éclate alors. Effectivement le groupe ne plaisante pas. Un bon démarrage, mais également un apéritif de qualité avant ce qui suivra. Face The Pain remplira avec dextérité son rôle de bon petit rouleau-compresseur. Je citais plus haut Cro Mags et, sans préjuger, c’est une influence qui ressort beaucoup sur Sickness Divine. Ils ont d’ailleurs soutenu le très culte combo lors d’une récente tournée. Un bon point de plus pour Red Death dans cette review.

Comme on pouvait s’y attendre après un début comme celui ci, l’album va délivrer le taux maximal d’adrénaline. Le groupe enclenchera la seconde avec des morceaux comme Path Of Discipline, les excellents (Refuse To Be) Bound By Chains ou encore Exhalation Of Decay et sa basse virevoltante en milieu de chanson.

Le calme ET la tempête

La troisième vitesse, quant à elle dépassera le mur du son avec le bien nommé Ravage, accompagné d’un solo limpide et destructeur. Son jumeau dans l’intensité Sheep May Unsafely Graze appartient également au même moule renversant de fureur. Il s’agit d’ailleurs ‘une constante sur ce disque. On va d’une ambiance à l’autre avec aisance tout en restant dans l’urgence permanente. Vous ne serez jamais pris en défaut. À la gorge, oui. Mais c’est une autre histoire.

Mais le groupe sait aussi s’approprier quelques instants de répit avec deux instrumentaux: The Anvil’s Ring, celui ci ressemblant à une courte complainte, ainsi que Dreadful Perception, tous deux relativement calmes. D’une façon générale il faut bien sûr noter la remarquable prestation technique du groupe qui n’hésite pas à accélérer, ralentir, écraser, bref à emmener l’auditeur dans chaque recoin du disque à sa guise. Qui plus est le groupe est soutenu par une production claire et puissante assurée par Arthur Rizk (Power Trip, Sacred Reich) mettant ainsi en valeur sa férocité.

Red Death-Sickness Divine, en conclusion

Une chose saute aux oreilles lors de cette review du Sickness Divine par Red Death. Il n’y aura absolument aucune honte à ranger cet opus à côté de vos albums récents du genre favoris (Iron Reagan, Toxic Holocaust, Municipal Waste…). Le groupe défonce absolument tout sur son passage. Le propos, court, incisif saura satisfaire les amateurs de Thrash, de Hardcore, ou bien de… crossover. La technique, une fois de plus, est maîtrisée. Red Death met tout en oeuvre pour que les fans du genre ne s’ennuient pas une seule seconde.

Et le résultat, bien plus que satisfaisant, dépasse les espérances. On tient ici un album dont la qualité ne saurait échapper aux connaisseurs. Un classique ? Je ne sais pas encore. Trop tôt pour le dire. Mais un plaisir instantané oui, sans aucun doute. Un disque vivement recommandé afin de préparer au mieux l’hiver qui arrive doucement. Red Death maintiendra vos tympans dans une chaleur volcanique, c’est garanti.

Pour aller plus loin:

Facebook: https://www.facebook.com/REDDEATHDC/
Twitter: https://twitter.com/reddeathdc?lang=fr
Bandcamp: https://reddeath.bandcamp.com/

Red Death – Sickness Divine rugira à partir du 29/11/2019 via Century Media.

LONE SURVIVORS-GROUND ZERO-Review

LONE SURVIVORS-GROUND ZERO-Tous Droits Réservés
LONE SURVIVORS-GROUND ZERO-Tous Droits Réservés

Bonjour et bienvenue dans cette review de Ground Zero par Lone Survivors. Et c’est fort agréablement que j’ai pris du plaisir à faire cette chronique car autant jouer cartes sur table immédiatement: cet album fait figure de bonne petite dinguerie. Et puis non pas petite. Une dinguerie tout court. À peu près tout ce que j’aime entendre dans le Métal se trouve réuni ici: de la technique, de l’attaque, du dynamisme et surtout du GROOVE. Oui du groove. Car si Lone Survivors envoie du bois comme rarement, jamais le groupe n’oublie de donner à ses compos le rythme nécessaire pour bouger, respirer quand il le faut, bref captiver votre attention et il ne vous la rendra qu’en fin d’album.

Un petit mot sur le combo avant de démarrer: Lone Survivors se compose de Olivier Crescence (basse), Samuel Smith (guitare), accompagnés de Jérémy Piau (batterie) et François Lescuyer (guitare), puis de Matthieu Romarin (chant). Les Parisiens font dans le Métal aux fortes intonations Prog/Djent. Il s’agit là de leur tout premier opus, et bon dieu quelle claque ! Enfin maintenant qu’on a brisé la glace, attachez vous bien à votre siège. Ca va faire mal.

LONE SURVIVORS-GROUND ZERO, la review

Enigmatic Side Effects se charge de démarrer les négociations. Intro quelque peu planante, des notes de guitare se font discrètement entendre avant de balancer sans pitié aucune un riff monstrueux de puissance, dominé par la voix sauvage de Matthieu Romarin. Un excellent démarrage si vous voulez mon avis, car il résume bien le style du groupe: alternance de voix claires/growl du plus bel effet, une technique instrumentale maîtrisée, avec de surcroît un beau sens mélodique. D’emblée, j’ai aussi apprécié la clarté de la production. Bourriner, ok cool, mais avec un bon son, ç’est beaucoup mieux. Premier massacre donc, et premier carton.

In The Flesh perpétuera cette voie. Le titre démarre doucement avant de monter crescendo, soutenu par un solide riff syncopé ainsi que le chant mélodique de Matthieu Romarin. Mais les bonnes habitudes reviennent vite et si le morceau gardera cette trajectoire mid-tempo, son dernier tiers fera place à un chant furieux.

Batteur tu fais battre mon coeur

Notons également le job effectué par Jérémy Piau qui insuffle à la batterie ce fameux groove dont je parlais plus haut en martelant ses fûts tel un métronome humain avant de finir le morceau sur un rythme tribal.

Et en parlant du batteur, le début de Paul The Saint lui rendra ses lauriers. Complété par un synthé en retrait, il cogne un bon gros blast des familles. Néanmoins cette intro nous emmène dans une fausse direction puisqu’au moment où l’on s’attend à l’explosion, Paul The Saint prend une direction relativement atmosphérique et mélodique qui nous emmènera sur son superbe refrain. Lone Survivors affiche clairement sa passion pour le jeu avec les ambiances. Pour autant Paul The Saint est loin d’ être inoffensive et si nous sommes invités au décollage, la tension reste présente. Elle se situe simplement plus en retrait.

Les survivants de l’enfer…

Autre morceau, même constat. Lost In My Mind, lancé comme éclaireur en tant que single, achèvera sans doute à ce stade de vous convaincre de la qualité de l’album. Une fois de plus le travail est impeccable. Lone Survivors s’affranchira de son versant mélodique pour Six Feet Under. Nous allons entrevoir le visage brutal de la bête pour une chanson quasi Death Metal. Le growl de Romarin, déjà profond, se fait caverneux et les quelques moments réservés à l’apaisement nous préparent juste au prochain assaut.

Nous avons droit à une courte pause, le très cinématographique New Dimension qui une minute cinquante neuf secondes après, et pas une de plus, fera place à Quantum Slaves. Ce dernier reviendra aux affaires plus « classiques » des Parisiens en y ajoutant toutefois plusieurs touches légères de clavier dans le fond. Ceci vient ajouter un effet de boucle hypnotique bienvenu avant un break en plein milieu du morceau, où le jeu du groupe va nettement plus respirer.

… Souvent croisent le fer

La partie finale du disque, et donc de cette review du petit dernier de Lone Survivors se partage entre The Circle Of Thoughts, Lucid Dreams et le titre éponyme, Ground Zero. Je m’attarderai personnellement plus sur le premier. The Circle… est un joyau à la fois planant et déchirant , purement et simplement. Si la recette de l’alternance force brute/ aspect mélodique aura été bien appliquée, elle atteint ici un autre niveau. La percussion rythmique pourtant omniprésente tout au long du titre est éclipsée par l’atmosphère étrange qui s’en dégage.

Sans vouloir exagérer ni répéter les choses, le travail sonore effectué sur l’album force le respect. Les producteurs Fred Duquesne et Magnus Lindberg  ont su donner au disque une véritable griffe et une identité remarquables. Il aurait été injuste de passer sous silence leur performance. Dans le même esprit, Ground Zero plantera ses arguments avec conviction et conclura l’album par un dernier trip mélangeant toutes les forces de Lone Survivors.

Lone Survivors-Ground Zero, en conclusion

Waow. WAOW ! Pour un premier jet, on peut largement parler d’essai concluant. En tout début de review, je parlais de plaisir. Tenez vous le pour dit: il y a là matière à fonder de grands espoirs pour la suite. J’espère que Lone Survivors a ce qu’il faut en réserve pour le futur car on peut fortement leur souhaiter de percer à l’international. Son, style, technique, inspiration, ce groupe a déjà tout. Alors un mot quand même: on pourra penser par exemple à Messhugah ou aux autres ténors Djent, mais ca sera uniquement en termes de terrain connu. Lone Survivors explore son propre chemin et pourquoi pas suivre Gojira au rayon groupes français dont on parle souvent et en bien dans d’autres sphères ?

Mais ne brûlons pas les étapes. Ground Zero est extrêmement solide aujourd’hui et se suffit à lui même. Maintenant, excepté un:  » Ruez vous dessus ! », je ne vois pas trop quoi dire de plus. Un premier album tout bonnement exceptionnel.

Pour aller plus loin:

Bandcamp: https://lonesurvivors.bandcamp.com/album/ground-zero
Facebook: https://www.facebook.com/LoneSurvivors/
Site: https://www.lone-survivors.com/?fbclid=IwAR2x8R5hHl7SgViem66MUbGptbeVg_go3IZGAgsIm2eWKlahdowG_VvjBF4

Lone Survivors- Ground Zero, dispo le 29/11/2019

Violation Wound – Dying To Live Living To Die

Violation Wound - Dying To Live Living To Die - Tous Droits Réservés
Violation Wound – Dying To Live Living To Die – Tous Droits Réservés

Violation Wound – Dying To Live Living To Die en quelques mots

Bonjour à tous, Violation Wound après With Man in Charge publié l’année dernière, avec Chris Reifert, guitariste de Autopsy (et ancien Abcess) aux guitares et au chant, aux côtés du bassiste Joe Orterry et du batteur Matt O’Connell, revient aux affaires avec la livraison enragée de la marque de commerce de Reifert au cours du nouvel album de Violation Wound Dying to Live, Living to DieL’album présente 18 titres, ce qui peut paraître long pour un disque aux influences aussi chargé en influences Punk. Pourtant ces 18 titres passeront comme un lettre à la poste tant ce dernier Violation Wound est plaisant à écouter. Inspiré par toutes les choses qui se passent à l’heure actuelle autour du globe, le groupe apparaît comme totalement déjanté.

Une production à la hauteur


Enregistré au Hyde Studios St. à San Francisco durant l’été 2019, Violation Wound ne passera pas sur les ondes FM préférées des kids biberonnés aux derniers hits à la mode, mais rendra heureux à coup sûr ceux qui préfèrent les riffs déchaînés qui détruisent les murs. Créé en juin 2013, Violation Wound avec Dying To Live Living To Die, réaffirme un seul et unique objectif: produire un punk rock virulent, teinté d’un métal vénère. Le combo ne cherche pas à plaire à tout prix en prenant le dernier train en marche, il se met sur les rails, bloque le train et le braque.

La production quant à elle est rigoureusement musclée. Le son est clair, chaque instrument est parfaitement dissociable. La voix de Chris Reifert est mise en avant ce qu’il faut et l’ensemble forme un bloc à toute épreuve.

Live and let die

En premier lieu, après l’écoute de l’album, je dois dire une chose. Entre écouter ce dernier effort en date ou passer sous un tank, le résultat reflètera exactement la même image: on en ressort à plat. Ces fameux 18 titres s’enfilent sans répit aucun. En effet, Violation Wound apparaît comme particulièrement remonté contre pas mal de choses: la politique et ses mensonges (Exorcism of Ignorance, Dead Flags), l’ utilisation de plus en plus répandue d’armes à feu (Guns! Guns! Guns!), le néant culturel, souvent cruel, putassier, mis en avant par certains utilisateurs de réseaux sociaux au discours vide de sens et nauséabond (Insult Culture), et même, même… le jour où Lemmy est mort (RIP) (The Day Lemmy Died).

Ces morceaux tournent tous autour d’un même modèle, foutrement efficace. Brancher le jack, sortir un riff rapide et brutal, cracher la pilule comme elle vient et poser les questions après. J’adore.

Un autre excellent point: si la forme peut prêter à sourire, car fun et sauvage à la fois, le discours en revanche doit se prendre avec sérieux. Sans aller jusqu’à la thèse en sociologie, Violation Wound explore les maux actuels de notre époque avec un sens de la dérision certes présent, mais aussi sans enrobage cherchant à l’embellir plus que de raison. La vérité nue en quelque sorte.

En conclusion

D’un point de vue musical, pas grand chose à critiquer. Vous voulez du Punk tendance hardcore, vous allez en avoir. En premier lieu, comme tout bon disque du genre qui se respecte, aucun morceau n’est trop long. Le propos est critique, clair, net et précis. L’assaut musical, instoppable, se fraie un chemin à coup de batterie, de chant travaillé au papier de verre et de riffs frénétiquement bons. Le tout forme donc un cocktail absolument savoureux pour tout amateur d’album explosif. Je n’attendais pas ce Dying To Live Living To Die. Mais j’en ressors satisfait et je recommande l’album à celles et ceux cherchant un disque qui colle à son époque: fun à écouter, sans compromis (à l’image d’autres albums sortis récemment) et surtout, surtout… lucide.

Violation Wound – Dying to Live, Living to Die, dispo le 01/11/2019 via Peaceville Records

Pour aller plus loin

FB: https://www.facebook.com/Violationwound/
Instagram: https://www.instagram.com/violationwound


DIABOLIC NIGHT – Beyond The Realm Review

Diabolical Night - Beyond The Realm - Tous Droits Réservés
Diabolical Night – Beyond The Realm – Tous Droits Réservés

DIABOLIC NIGHT – Beyond The Realm, la review:

Bonjour et bienvenue dans cette review de Diabolic Night qui sort le 15 Novembre 2019 un Beyond The Realm sévèrement burné !

Le combo Allemand, premièrement conçu en 2013 comme un projet solo par le compositeur et chanteur Heavy Steeler, connaît depuis une aura plus importante. Après seulement une démo, un 7 pouces et un mini LP, Beyond the Realm est le premier album de Diabolic Night. En tant que tel, le disque offre un mélange particulier sur une base traditionnelle, penchant vers le hard rock sans âge, l’extravagance de la NWOBHM, la noirceur des années 90. De plus, la couverture ainsi que le titre font allusion à une phrase de Infernal Power, single du groupe en 2015, comme les expressions de la bataille interminable entre le bien et le mal en tant que leitmotiv conceptuel.

Enregistré dans pas moins de trois studios avec l’aide de Christhunter (!) derrière les fûts, Mario Scarpari au mixage, et masterisé par Patrick W. Engel au Temple of Disharmony, Beyond The Realm fait donc preuve de la volonté du chanteur, d’habitude plutôt solitaire quand il s’agit d’enregistrer, de s’entourer d’une belle équipe afin d’extraire le maximum de ses compositions. Et le résultat ne laisse pas indifférent comme nous allons le constater.

Ô douce nuit…

Diabolic Night fait globalement la part belle aux morceaux rapides sans concessions. La brève intro Towards Forgotten Paths nous met immédiatement dans le bain, avant de laisser partir le premier gros titre de l’opus. Sovereign Of Doom jette en pâture à l’auditeur une attaque sonore dans les règles de l’art mes amis. Surgi tout droit des tréfonds d’une ère ou le Speed et le Thrash régnaient sans partage. Furieusement accrocheur, mélodique dans son approche avec un beau solo en prime, et une basse qui vrombit clairement derrière, il permet d’envisager immédiatement de bonnes choses.

D’autant plus que Crescent Moon Rise enchaînera à grands renforts de batterie, tel un appel qui promet de vous emmener vers une nuit sans fin. La voix râpeuse mâtinée d’influence Black Metal de Heavy Steeler fait son effet sur un titre plus mid tempo mais dont l’efficacité n’est en rien diminuée par un léger ralentissement de rythme. L’aspect mélodique en ressort finalement grandi. On s’apercevra en outre dans cette review que Diabolic Night maîtrise totalement son sujet, quelque soit le terrain où il choisit de jouer. Et des exemples tels que ces premières chansons, l’album en regorge véritablement.

…Ô sainte nuit

En ce sens nous saluerons la vélocité et la facilité avec lesquelles In Retribution atterrira dans votre cerveau. Frères de l’obscurité, l’assaut continue, réjouissez vous. Il n’y aura pas de prisonniers. Encore une guillotine bien aiguisée pour votre nuque, soyez en certains. C’est pied au plancher que la transition se fera vers Beyond The Realm la chanson, instrumentale. Démonstration d’ambiance épique que j’aurais bien vue sur un disque d’Iron Maiden période Killers (de loin, pensez à Genghis Kahn).

Elle accorde un bref moment de répit dans ce maëlstrom métallique, jusqu’à ce que les violons et le bruit du tonnerre ne se fassent entendre. Préparez vous pour un Odyssey qui sera également le morceau le plus long de Beyond The Realm. Mini épopée Thrash, claquant au vent, multiples breaks, riffs solides, aucun remords. Et tiens ! Odyssey se paie même le luxe de convoquer Brahms en intro et outro, puisque y figurent des extraits du Hungarian Dance du compositeur classique.

La nuit leur appartient

Quoiqu’il en soit, il ne s’agit pas encore de raccrocher les médiators alors qu’ Infernal Power s’apprête aussi à ravager votre casque dans ce qui ressemble à une débauche ultra festive de riffs ballistiquement précis et d’une batterie überboostée. Après quoi, il faut souligner que ces structures et autres soli frénétiques feront qu’à un point ou un autre du disque, nous penserons à tel ou tel album du genre sorti il y a longtemps. Who cares ? Ca déboîte franchement et c’est souvent tout ce que je demande à un disque de Thrash.

Terminons ensuite avec Descension Into Dying Spheres. Si vous avez bien suivi jusqu’ici, vous aurez compris qu’il n’y a pas eu de demi-mesure dans l’intention contenue dans l’album. Donc vous comprendrez aisément que même si l’on arrive à la fin de cette review de Beyond the Realm, il n’y a pas de raison pour que cela change. Cinq minutes trente cinq de pur riffage, c’est la mesure syndicale pour ce point final. Le combo Allemand conclue sur un baroud d’honneur (et quelques notes acoustiques, puis un ultime éclair orageux qui lacérera cette nuit diabolique décidément bien agitée), chargé non pas de cesser les hostilités mais bel et bien de faire voir au delà. En tout cas jusqu’à un prochain album.

Review Diabolic NIGHT – Beyond The Realm, en conclusion

Quelle meilleure façon de démontrer son attachement à une période précise qu’on aime musicalement en lui insufflant suffisamment de respect et de travail ? Tout est réuni pour que nous prenions un pied incroyable à nous croire de nouveau en 1983. Attention, ne croyez surtout pas que Diabolic Night singe ses modèles, au jugé de la review. Bien sûr on pourra penser aux Slayer, Maiden, Bathory, Venom et à l’ensemble d’une certaine frange de la NWOBHM. Le groupe, bien que n’innovant pas nécessairement, préfère construire avec des bases déjà établies depuis longtemps certes, mais sur un terrain où l’on peut encore faire de bons albums. Et avec un certain panache, qui plus est. Je dois avouer que dans mon registre personnel des choses que je peux aimer dans un album de cet acabit, c’est que pas mal de croix sont cochées.

Le job est fait et plus que bien, messieurs. Les anciens, vestes patchées sur le dos, vous remercient !

DIABOLIC NIGHT- Beyond The Realm, dispo le 15/11/2019 via High Roller Records

Pour aller plus loin:
Facebook: https://www.facebook.com/DiabolicNight
Bandcamp: https://diabolicnight.bandcamp.com/


LEPROUS-PITFALLS

LEPROUS-PITFALLS-Tous Droits Réservés
LEPROUS-PITFALLS-Tous Droits Réservés

Je laisserai le premier mot au chanteur/claviériste de Leprous, Einar Solberg pour commencer cette review de l’album Pitfalls: “C’est vraiment l’album que personne n’attend de nous », déclare-t-il fièrement dans la bio du groupe.

Si cela peut ressembler à une énième phrase vide de sens afin de promouvoir la sortie de chaque nouvel album de X ou Y, ici, pas question. En effet, Leprous avec leur dernier album Pitfalls donc, vient de faire un très beau et très bon pas en avant. Ou peut-être en diagonale. Et ne manquera pas de diviser, ce qui est la marque d’un groupe qui affirme ses idées quoiqu’il en soit. Le disque, pour certains, portera bien son nom (Pièges en bon François bien de chez nous). Pour les autres, il sera source de plaisir. Ce qui peut sembler paradoxal lorsque l’on replace l’album dans son contexte, à savoir le combat de Solberg contre la dépression.

Leprous-Pitfalls: La review

Ceci apparaît comme une évidence dès l’entame de Below, judicieusement placé en ouverture de Pitfalls.

« All of my stories are below (below)
Beneath the surface you cannot grow (grow grow grow)
Curled and naked I defer (I defer)
Too shaky thoughts all in my plear »

On peut entendre toute l’angoisse et la détresse de Solberg sur un morceau très doux mais aussi où l’on peut le voir désorienté. Musicalement, il ne reste que très peu de traces du Métal. Une large dose de violons accompagnent le sentiment de perdition qui s’en échappe. Il s’agit en l’occurrence d’un titre relativement doux, savamment dosé en émotion, porté par un refrain majestueux et la voix toujours aussi puissante et cristalline de Solberg. L’interprète navigue à droite et à gauche, lentement mais inexorablement au gré de ses pensées maussades.

La suite n’est pas plus gaie avec I Lose Hope. Ceci dit, il ne faut pas croire que Pitfalls est une descente aux Enfers pour l’auditeur. Pour l’un de ses auteurs, assurément. Mais Leprous reste suffisamment maître de son discours pour ne pas infliger une dose létale d’anxiété à ceux qui prêteront l’oreille. D’ailleurs ce I Lose Hope est presque entraînant. La faute à ce motif immédiatement accrocheur où Solberg donne dans une sorte de chant léger, mais pourtant habité, par instants presque lyrique. La facette « catchy » de Leprous, nous la retrouverons à nouveau plus loin avec Observe The Train.

Voyage jusqu’au bout du tunnel

Puis viendra Alleviate, nouvelle plongée en apnée au coeur des sombres pensées de Solberg au moment où il écrivit ces paroles. Un titre très épuré dans lequel chaque instrument se superpose, construisant ainsi une colline de sentiments différents. Un habile collage d’émotions au départ dispersées, puis, petit à petit, le puzzle prend forme. Curieusement, cette chanson évoque pour moi la sensation de le voir trier dans sa tête ces fragments de trouble afin de les rassembler puis de finalement s’en évader.

Nous allons désormais parler du superbe At The Bottom. Voilà un très grand moment qu’est arrivé à composer Leprous sur Pitfalls et de fait sur cette review. Quelle délicatesse, quel savoir-faire dans le maniement des arrangements ! Tout tombe à pic et jamais, jamais le voyage sur cet album n’aura valu autant le coup. Le chanteur met à disposition de Leprous son état d’esprit et le groupe tout entier jongle avec le matériau qu’il veut bien lui donner. Que dire de ce violon lancinant qui intervient en plein milieu ? Il ajoute une couleur étrange avant de permettre au morceau de retomber sur ses pattes avec grâce. Le dernier mot revient encore à Solberg, triste, rageur et aérien à la fois. Magnifique.

De Charybde en Scylla

Distant Bells ira plus ou moins dans une direction similaire, mais aura plus de mordant dans sa partie finale. D’une infinie tristesse sur la plus grosse partie de la chanson, c’est le titre de la prise de conscience. Un morceau tout en montée en puissance, au départ terriblement discret. Les notes de piano distillent une imagerie inquiétante. Et ce chant, toujours éclatant, qui invariablement arrive à ajouter de multiples couches au traumatisme.

Le mot peut sembler fort. Oui, les troubles mentaux ne sont pas à prendre à la légère. Et Solberg tire de ses névroses une incroyable envie de s’en sortir. Ce morceau représente tout ce qui peut arriver lorsque l’on se retrouve dans ces états là. La perte de repères, la lassitude… Mais au bout du compte il faut se relever. Quoi qu’il en soit.

Reprise en mains et interrogation

Avec Foreigner, Leprous cassera, musicalement au moins, la dominante calme de Pitfalls. Il s’agit en effet du seul morceau « classique » en terme d’énergie à proprement parler, de l’album. Il sonnera d’ailleurs un peu comme un signal d’alerte. Le moment de la reprise en mains de son destin, de sa vie. Foreigner marque également le retour à un style plus musclé, plus Rock, plus brut.

Mais voici déjà venir l’heure du grand final avec The Sky Is Red. Longue pièce de plus de onze minutes, The Sky Is Red conclura Pitfalls de fort belle manière. Comme si on pouvait encore douter après tout ça hein ? Ultime morceau d’un disque beau comme un diamant, il nous rappellera pourquoi on aime Leprous. Réglé comme une horloge suisse, varié, une idée de chanson par riff, voilà le genre de dessert que l’on ne refuse pas. Il se terminera également de manière intrigante, en forme de point d’interrogation pour un futur que l’on souhaite beaucoup plus lumineux à son auteur.

Leprous-Pitfalls- La review :conclusion

Bien. Avant de finir je tiens d’abord à adresser un immense bravo à Einar Solberg pour sa prestation vocale. Il tient et porte littéralement l’album de bout en bout. Nous ne sommes que spectateur de sa chute mais avec l’aide du groupe il peint une superbe fresque, tragique, humaine, personnelle. Le reste de Leprous n’est absolument pas en reste et la cohésion des deux donne à écouter l’un des albums les plus inspirés de cette année. Raffiné, délicat et pourtant très dur dans son discours, le tout est mis en place avec subtilité et un grand sens de la délicatesse.

Non content de se remettre en question (une fois de plus) avec Pitfalls, je crains néanmoins que cet album divise. Pas assez Rock pour certains, pas assez Prog pour d’autres (alors que pourtant), il risque d’en laisser quelques uns sur le carreau. Posez vous cette question: Si l’un des groupes que vous aimez ose franchir un palier à chaque sortie, quitte à briser une formule utilisée par le passé, n’est-ce pas la meilleure preuve d’honnêteté que vous pouvez obtenir de sa part ? Je ne sais pas si cet opus relèvera le défi imposé par le temps. En revanche, vous avez à l’instant T l’endroit où veut aller Leprous qui n’a pas choisi Pitfalls comme nom d’album par hasard si vous voulez mon avis… J’espère que l’envie vous prendra de faire ce bout de chemin avec eux car vous rateriez un sacré morceau sinon.

Perpétuel jeu d’ombre et de lumière, inattaquable dans son fond, de mon point de vue irréprochable par sa forme, les Norvégiens viennent de frapper un grand coup.

Merci. Beaucoup.


TOXIC HOLOCAUST-Primal Future 2019

TOXIC HOLOCAUST-Primal Future 2019-Photo Personnelle
TOXIC HOLOCAUST-Primal Future 2019-Photo Personnelle

Si vous vous retrouvez ici, vous avez bon goût. Bonjour, premièrement, et ensuite sachez que je suis particulièrement ravi de vous retrouver pour parler de la review du dernier Toxic Holocaust, Primal Future 2019. En effet, depuis quelques temps, les sorties Thrash se suivent mais ne se ressemblent pas. Nous avons eu le dernier Sacred Reich, le Exhorder, le Destruction et d’autres que vous avez certainement vus ailleurs. D’excellentes cuvées si vous voulez mon humble avis.

Et voici que le dernier effort en date de Toxic Holocaust déboule bille en tête ce jour. Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe originaire de Portland, il y a longtemps que Joel Grind sillonne les salles du monde entier et sort des albums entièrement dévoués à la cause d’un Thrash rapide et furieux (et là, je me rends compte en écrivant ceci de l’analogie avec la célèbre série de films), complètement vintage. Quelque part tant mieux, la recette est fidèle à l’originale, joue dans un cercle délimité mais ô combien revigorante. Parfois tout ce dont nous avons besoin c’est d’un album qui claque, sans chercher à révolutionner quoique ce soit, juste faire le job avec les tripes dehors. Tout ça tombe bien, des claques il va y en avoir quelques unes.

Toxic Holocaust 2019: The future is now

En fait de futur, il n’en sera pas question, ou si peu dans les faits. De la pochette cheap et de mauvais goût (donc très bien choisie) jusqu’à la musique résolument ancrée dans les 80’s, les débuts et l’époque relativement dorée du genre, tout est fait pour vous faire vivre, ou apprécier si vous étiez là en ces temps reculés, les instants où vous headbanguiez comme des malades sur des mélodies qui carburaient au kérosène. Sans loi, mais avec beaucoup de foi. C’est ainsi que Primal Fear 2019 de Toxic Holocaust a résonné dans mes oreilles.

La preuve en est donnée dès le premier titre, Chemical Warlords. Une beigne menée tambour battant, une cavalcade sans remords, frontale. La voix de Joel Grind, frottée au papier de verre, colle parfaitement à sa musique (qu’il compose et joue seul). Et comme dans tout bon album de Thrash qui se respecte, les influences Punk ne sont jamais très loin. Cette sensation de défiance couplée à cette absence de culpabilité de jouer une musique emportant tout sur son passage et à la fois technique… Sur les dix titres qui composent le disque, vous l’aurez souvent.

Metal Thrashing Mad

Comme on pouvait s’y attendre, on prend les mêmes et on recommence. Black Out The Code arrive, et surtout pas en embuscade. Pas le genre de la maison. Ici on assume. Autant prévenir: ça continue de décapiter. Dans un style semblable on notera également Time’s Edge (ce riff !), Aftermath (cette basse !), Deafened By The Roar (le titre probablement le plus Punk de l’album de par sa durée et son approche) ou Iron Cage. Tous les potards sont dans le rouge, ça pulse de tous les côtés, c’est intenable et c’est un régal.

Mais s’il y a quelque chose à signaler aussi dans cette review, c’est que Toxic Holocaust prend parfois son temps pour nous faire succomber. Nous aurons donc aussi affaire à des titres plus lents à l’instar de ces New World Beyond avec son tempo saccadé, le court et menaçant Controlled By Fear ou bien la chanson-titre Primal Future. En globalité, je vais être sincère: par n’importe quel bout que vous preniez cet album, il y a peu de chances que vous surviviez à l’apocalypse. Joel Grind a été long, six ans, mais le résultat est là. Il s’agit d’une bien belle offrande que nous avons. Classique certes, mais très efficace. Mélodique avec un son old school puissant, sans compromis, et de surcroît fun, le LP vous donnera des instants de vertige.

Toxic Holocaust, back to the (primal) future

Pour terminer cette review du Primal Future de Toxic Holocaust, il y a deux options: soit vous ne connaissez pas les Américains et dans ce cas, le LP mérite que vous fassiez un détour, soit vous êtes déjà accro au combo ou au Thrash, peu importe l’époque et là, c’est du tout cuit, le groupe vous aura mis dans sa poche.

Primal Future 2019, malgré son titre, est un plaisir quelque peu anachronique. Pas mal d’éléments, l’exécution, la structure des titres, la production crient « 1983 !!!! » mais néanmoins je trouve que l’album devrait avoir droit à une juste exposition.

En conclusion

Plutôt que d’essayer de moderniser un son à tout prix, Toxic Holocaust applique les leçons des héros du passé avec sa touche personnelle afin de pas sonner non plus comme une énième pâle copie des aînés. Tout au plus l’on notera une certaine linéarité sur la longueur du disque, mais il réserve assez de bons moments pour largement éviter l’ennui, ne serait-ce qu’une seconde.

Ecouter Primal Future 2019 procure un plaisir non coupable de nos jours, comme cela aurait pu l’être des années auparavant. Un terme venant du jeu vidéo me vient à l’esprit: rétro-compatibilité. L’album sonne délicieusement « à l’ancienne », mais se glisse dans son époque très facilement. Pour peu que vous n’attendiez pas de cet opus qu’il révolutionne un pan tout entier du Rock, mais que vous exigiez prendre du plaisir à son contact, je crois qu’il y a une très forte chance pour que vous en soyez satisfait. Il s’agit d’un album simple, brutalement honnête et sincère.

Comment ?!? Encore ici ? Mais foncez écouter ce foutu disque bon sang !!!

Pour aller plus loin:
Site Officiel: http://joelgrind.com/
Facebook: https://www.facebook.com/ToxicHolocaust/
Twitter: https://twitter.com/toxicholocaust?lang=fr
Bandcamp: https://toxicholocaust.bandcamp.com/
Instagram: https://www.instagram.com/toxicholocaust_official/?hl=fr

LP disponible le 04/10/2019 via Entertainment One Music

Review de Toxic Holocaust-Primal Future 2019 réalisée à partir d’un exemplaire physique de l’album, acheté par nos soins.