BODY COUNT Carnivore

BODY COUNT Carnivore-Tous Droits Réservés
BODY COUNT Carnivore-Tous Droits Réservés

Le célèbre groupe rapcore de Los Angeles, mené par l’Original Gangsta Ice T signe son retour avec un album flambant neuf. 28 ans après leur premier album, divers changements de line-up et des titres corrosifs flirtant avec la réalité, que vaut le nouvel opus ? Examinons cela de plus près.

Body Count, Carnivore la review donc. Pour les nouveaux arrivants, un point d’histoire. Body Count est formé en 1990 par Tracy Marrow. Si ce nom ne vous dit rien, Ice T devrait faire sonner quelques cloches dans votre tête. Un A.K.A incontournable parmi les artistes Hip Hop historiques. Originaire de Los Angeles, le rappeur sortit de grands albums comme Rhymes Pays, Power, The Iceberg/Freedom Of Speech ou bien OG: Original Gangster et Home Invasion, parmi d’autres. Ensuite les amateurs de séries TV policières l’ont sûrement déjà vu dans Law & Order. Mais l’un de ses rôles les plus marquants fut celui de Scotty Appleton dans New Jack City aux côtés de Wesley Snipes, au cinéma.

BC is in da house

Mais revenons à Body Count (souvent abrégé BC). Sa toute première apparition discographique officielle remonte à 1991 sur l’album OG: Original Gangster. La chanson éponyme constitua une surprise. Au beau milieu du disque, Ice T conviait Ernie C, Beatmaster V, MooseMan ainsi que D-Rock pour un titre proche du Punk et du Metal. Puis en 1992 le LP fondateur du même nom, arriva. Il contenait déjà tous les ingrédients de la formule BC à savoir un mélange de Thrash, de Metal et de lyrics crus en prise avec la réalité du quotidien.

Mentionnons que si l’étonnement de certains par rapport à l’orientation musicale du combo est compréhensible, cette dernière est logique. Le Rap contient des textes qui commentent ce à quoi doivent faire face les trois quart des gens dans leur vie. Le Thrash, lui même rejeton bâtard du Punk et du Metal, a souvent adopté un point de vue « social » dans ses paroles. Ice T et ses complices ont simplement choisi de perpétuer cette tradition en y ajoutant un chant rappé sur fond de guitares lourdes. Le MC y aborde différentes thématiques comme le racisme, la toxicomanie, l’autorité policière…

La controverse Cop Killer

Premier album donc et déjà premier drama, puisque Body Count contient le sulfureux Cop Killer. Cette chanson souleva une énorme polémique aux USA en son temps. Le rappeur se justifia en expliquant qu’elle signifiait le ras le bol vis à vis des brutalités policières du personnage créé pour le titre. Malgré les multiples renvois au 1er Amendement de la Constitution US, le combo retira la chanson de l’album sous la pression politique. Uniquement pour mieux la distribuer sous forme de single gratuit après.

Body Count Carnivore, la Review

L’orage passé, BC pu continuer sa route. D’autres albums suivirent, notamment Born Dead, Violent Demise: The Last Days, ou plus proche de nous, Bloodlust. Et nous arrivons en 2020, avec la dernière livraison de Body Count, Carnivore ainsi que notre review.

Une fois de plus, nous serons en terrain connu. Lorsque les accords de Carnivore résonnent, on reconnait immédiatement la patte BC. Quelques secondes s’écoulent avant que le flow caractéristique d’ Ice T n’arrive et plante définitivement le décor. « Digest these hoes, kill, repeat/ As savage as this all may seem/ I am called the human being/ Carnivore ! » déclame-t-il.

L’image parle d’elle même. Ice T compare l’homme à un prédateur moderne, dévorant tout, et surtout son prochain, au passage. Le morceau quant à lui est efficace. Gros beat de batterie lourd qui pose une base rythmique menaçante afin que Ice T puisse poser son chant syncopé, avant qu’un solo déchirant ne vienne lacérer l’ensemble.

Démarrage haute tension

Le nerveux Point The Finger verra Riley Gale des désormais célèbres Power Trip (très bon groupe de Power Thrash si vous ne connaissez pas) intervenir sur un morceau survolté, rageur à souhait alternant passages heavy et speed. On parlait plus haut de l’influence Thrash sur Body Count, elle apparaît plus qu’évidente ici. Un high kick taille 52 qui saura plaire aux fans du genre. Bum-Rush, un des singles issus de Carnivore martèlera son riff puissant ensuite. Bum-Rush met en lumière le bombardement d’informations auquel nous avons droit à l’heure actuelle, les divisions à l’intérieur du peuple dans son ensemble. Entre réseaux sociaux, télévision, presse etc… il devient parfois dur de s’y retrouver. Qui dit quoi ? Vrai ou faux ?

La chanson appartient à la lignée des chansons contestataires de Body Count et elle parvient sans mal à faire prendre conscience de certaines choses tout en vous donnant envie de sauter contre les murs de votre appartement (non, ce n’est pas incompatible).

Le combo a également l’habitude de rendre hommage aux groupes qui l’ont inspiré. Cette fois, la dédicace ira tout droit à Motörhead, dont le mythique chanteur/bassiste Lemmy a fait partie avant de mourir il y a quelques années. Ace Of Spades tonnera donc une énième fois dans des enceintes, avec une reprise qui rend sincèrement justice à l’original. RIP Lem’.

Amitié(s), souvenirs et respect

Autre chanson, autre invité. Jamey Jasta de Hatebreed, avec sa deuxième participation à un album de Body Count, viendra s’y coller. Outre cela, Another Level aura une approche oppressante et massive, mais néanmoins positive au final. Le morceau traite du fait de lutter contre l’adversité, d’arriver à s’élever hors de son marasme personnel. De se bouger le cul, de s’améliorer et de s’élever en somme. Jasta y assure des choeurs hurlés donnant au titre cette petite saveur Hardcore reconnaissable entre mille. Ice T revisitera par la suite son passé de rappeur avec une relecture de Colors, paru en 1988 dans sa version Rap.

Déjà bien connu des Hip Hop Heads, Colors version 2020 amène un surplus de dynamisme et a le mérite de lui donner un sérieux coup de lifting. En avait-il besoin ? Pour ma part, la chanson s’intègre très bien à la thématique du disque. La preuve, ce premier couplet froid, concret, tel une plaque de béton: « I am a nightmare walking, psychopath talking/King of my jungle just a gangster stalking/ Living life like a firecracker quick is my fuse/Then dead as a deathpack the colors I choose/ Red or Blue, Cuz or Blood, it just don’t matter/ Sucker die for your life when my shotgun scatters/ We gangs of L.A. will never die, just multiply »

N’y-a-t-il pas là quelque chose qui évoque à nouveau un… carnivore urbain ?

Amour et violence

Il y a aussi No Remorse qui verra Ice T se glisser dans la peau d’un personnage qui rend coup pour coup sans s’excuser pour autant, et nous écouterons par la suite When I’m Gone qui accueillera Amy Lee d’Evanescence en guest. Le chanteur introduit le titre en expliquant que le déclic qui lui a inspiré le morceau fut le récent décès de Nipsey Hussle, jeune rappeur assassiné alors que sa carrière était sur le point d’exploser. Entre mélodies et riff plombé, Ice T s’interrogera sur la question de la disparition subite d’un ou de plusieurs proches, voire de la sienne. Il demandera (ordonnera presque) aux gens de ne pas attendre que la mort emporte un ami, un membre de la famille avant de leur témoigner de l’amour.

Une chanson pesante, dans tous les sens du terme, au cours de laquelle Amy Lee amènera une touche quasi lyrique dans ses dernières secondes. Evidemment, le sujet, abordé maintes fois auparavant chez d’autres que Body Count, revêt un écho singulier quand on connaît la vie de la rue. Certes, de l’eau a coulé sous les ponts depuis mais Ice T connait cela. Il sait tout simplement de quoi il parle.

Body Count finit furieusement Carnivore

On conclura cette review du Carnivore de Body Count avec Thee Critical Beatdown et The Hate Is Real. Deux titres velus, l’un avec un break bien costaud qui traitera de « régler des comptes » suite aux divers déballages mensongers que l’on peut subir de la part d’une tierce personne. Histoire de se soulager un bon coup quoi. L’autre constituera une charge explosive envers un racisme bien trop présent en Amérique, ou dans le monde d’ailleurs. Sous influence Hardcore, BC dénoncera les fausses démonstrations de soutien ou de respect envers les minorités au profit d’une haine qui perdure à travers les époques. The Hate Is Real contient assez de kérosène pour envoyer brûler tous les préjugés brûler sur le même bûcher. Et la sève vocale qui l’accompagne sert avec ferveur le propos. Un point final bruyant.

Body Count Carnivore – la review, en conclusion

Body Count fait du Body Count. Classique, sans fard, authentique. En revanche, là ou vous pouvez compter sur le groupe, c’est quand il s’agit de vous donner votre dose de titres virulents, à l’épreuve des balles. Et Carnivore en contient un bon paquet.

Malgré les années qui passent, le combo semble plus à l’aise que jamais et grâce à ces chansons en acier trempé survolées par le flow incendiaire d’Ice T, critiquant les maux de notre société, Body Count se hisse sans mal à la hauteur des attentes. La production, très claire, musclée, aide par ailleurs beaucoup à mettre en valeur les nouvelles compositions. De plus, il est plaisant de constater qu’Ice T, 62 piges au compteur, conserve son regard lucide et affûté sur ce qu’il se passe autour de lui. Son humour noir, son sens de la critique, font heureusement toujours partie du voyage.

En tout cas, Carnivore ne manque pas de mordant et on écoutera ce nouveau chapitre made in Body Count avec un enthousiasme non feint.

Body Count-Carnivore, disponible le 06 Mars 2020 via Century Media

Pour aller plus loin

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THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain

THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés
THINK OF A NEW KIND-Ideals Will Remain-Tous droits réservés

Un autre jour, une autre review sur Zeekology.fr ! Décidément, la scène Métal française se porte plutôt bien ces derniers mois car j’ai le plaisir de faire la review du nouvel album de Think Of A New Kind, Ideals Will Remain.

Petit retour sur l’historique du groupe:

D’abord, il y avait Dark Signs, ensuite T.A.N.K (Think of A New Kind), un groupe de Metal régulièrement étiqueté comme « Death mélodique moderne », formé entre la Seine-et-Marne et l’Essonne.

Plus tard, en 2007 sort un premier EP 2 titres du combo, qui comprend alors dans ses rangs Raf Pener (chant), Symheris et Eddy Chaumulot (guitares). Puis, le groupe se complète avec l’arrivée d’ Olivier d’Aries (basse) et Clément Rouxel (batterie).

Enregistré par Guillaume Mauduit au Studio Sainte-Marthe (Paris), ce CD, sélectionné par le magazine Rock Hard comme révélation de décembre, percera partout comme une « future référence » (French Metal).

Quelques dates et moments clés

T.A.N.K entreprend ensuite de rencontrer ses fans en France et en Belgique, où il se fait remarquer par sa fougue et sa hargne sur scène. Le public, les webzines, saluent leurs shows mais ils impressionnent aussi les groupes dont il font la première partie :

« Un très bon groupe qui déploie une immense énergie sur scène » (Werther, bassiste de Dagoba –Interview Metal France).

Le quintet remporte le Metallian Battle Contest 2009 au Ninkasi Kao de Lyon. T.A.N.K, propulsé sur les scènes du mythique festival Wacken Open Air en Allemagne et du Metalcamp en Slovénie, croise alors d’un côté des références internationales telles que Machine Head, In Flames, et de l’autre Down avec l’ex chanteur de Pantera Phil Anselmo. Après quoi Think of A New Kind , toujours avec Guillaume Mauduit, enregistre son premier album : The Burden of Will. L’accueil de ce premier opus, qualifié d’accrocheur, dynamique et de grande envergure, dépasse leurs attentes du moment. Ce que divers magazines, presse ou sur le web, s’accordent à dire.

Le T.A.N.K s’en va-t-en guerre

Mais le combo ne ralentit pas la cadence pour autant. Tout en composant son deuxième album, T.A.N.K retourne sur la route. Notamment en République Tchèque au Basinfirefest, ou assurant l’ouverture pour des noms plus confirmés tels que Sybreed, Hacride ou Gorod. Spasms of Upheaval, l’attendu deuxième effort du groupe, arrive enfin et envoie un autre signal fort: le clip d’Inhaled, avec la participation de Jon Howard du groupe Threat Signal, dépasse à ce jour les 250 000 vues sur Youtube. Les premiers changements internes arrivent aussi: Think of A New Kind accueille le guitariste Nils Courbaron en lieu et place d’ Eddy Chaumulot.

Symbiosis

Le combo confirme alors l’attente autour de son nom lors d’une date-événement du Upheaval Tour: T.A.N.K joue au Hellfest 2013 sur la Altar où sa prestation ne passe pas inaperçue et enflamme une audience massivement présente. Là-dessus nous arrivons en 2015 et T.A.N.K lâche en septembre son troisième album, intitulé Symbiosis. il bénéficie d’une sortie physique européenne et permettra au groupe de joindre ses forces ainsi que son talent à Soilwork et HateSphere pour la première tournée européenne de son histoire. Dans le même temps, Symheris quitte le groupe, remplacé par Charly Jouglet puis Thomas Moreau en janvier 2017.

(Source: Bio officielle de Think of A New Kind)

Ce qui nous amène donc fort logiquement en 2020. Et comme vous allez voir, Think of A New Kind n’a pas fini de nous en mettre plein les oreilles en particulier avec un LP du calibre de Ideals Will Remain.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain-La review

Autant énoncer les faits clairement, T.A.N.K sort à nouveau un disque qui ne fera rien pour ternir l’excellente réputation dont jouissent ses membres. Le groupe ne perd pas de temps en palabres et nous plonge tout de suite dans le grand bain avec Anima. Ce titre, bien que très court, fera d’ailleurs office de présentation. Puis, Last Days Of Deception se chargera de commencer le travail de démolition. Et l’on peut d’ores et déja voir que le job défonce.

Véritable rouleau compresseur Métal, le morceau est à l’image du nom du combo, du moins son acronyme. Des riffs qui rouleront sur les derniers doutes que vous auriez pu avoir. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, fureur et mélodies nous accompagneront tout au long de Ideals Will Remain.

Au tour de The Pledge de sortir des tranchées creusées par T.A.N.K. De nouveau, on reste bouche bée devant l’énergie déployée. Certain signes auxquels nous sommes plus ou moins habitués montrent le bout de leurs notes. Si effectivement la tendance générale de l’album se dirige vers un Métal explosif, en tendant l’oreille, nous distinguons ce qui fait l’un des signes distinctifs de T.A.N.K.

Sortez l’artillerie lourde !

Les Français n’ont pas l’intention de laisser tomber l’intelligence de leurs compos. Rythmiquement irréprochable, puis distillant des touches mélodiques aux moments opportuns, le groupe se montre sous son meilleur jour. Même Shadow Hill, ce monstre de brutalité contrôlée, n’échappe pas à ce constat. Il y a à l’intérieur plusieurs idées qui serviraient à d’autres groupes pour remplir un album entier. Des changements de tempos (très courts mais amenant ce surplus de créativité bienvenu) par exemple. Presque imperceptibles au premier abord, ces variations évitent au morceau d’être simplement bourrin. Un morceau plus « subtil » à mon sens qu’il n’y paraît.

The Phantom lui, optera pour une alternance chant clair/growl, relevé par des solos impeccablement exécutés. Et toujours en fond, cette assurance rythmique qui fera également sans nul doute possible les bons moments du l’opus. Passons rapidement sur EVE, une pause instrumentale, pour parler de Survivance, probablement l’un des titres aux influences Death mélo les plus marquées. Survivance prolonge les impressions du morceau précédent, mais amène en prime un solide riff syncopé sur lequel se posent les voix tantôt hurlées, tantôt en apesanteur.

Char d’assaut tout terrain

Viendra par la suite un morceau que je trouve assez incroyable, Dead End’s Night. Think of A New Kind au cours de cette review de l’album Ideals Will Remain a rempli son contrat depuis longtemps. Mais ici, je dois dire qu’ils arrivent à pousser leur style à un autre niveau. Conservant le taux réglementaire de dynamisme et de furie, voilà une chanson devant absolument sortir du lot afin que le public en profite en live. Elle résume beaucoup de choses chez eux. Les mélodies, placées avec justesse, de gros choeurs en guise de refrain fédérateur, et encore des solos dont l’efficacité n’égale que la précision. Très, très lourd.

Think Tank

Alors que je reste scotché par Dead End’s Night, je m’aperçois que le combo n’en a pas encore fini. Pyro Ent, largement balistique, déploie l’arsenal habituel, gros son, gros riff bien vénère. Mais ouvre surtout la voie au morceau final: The Essence. T.A.N.K offre la chanson la plus variée et peut-être la plus complète de son album. The Essence aura une orientation presque Progressive et démontrera, si besoin il y avait encore, toute l’étendue du savoir-faire du groupe en matière de composition. Le groupe joue avec son idée de départ, y ajoute d’autres couches de notes, d’idées toutes parfaitement structurées. D’ailleurs, si j’avais une remarque à faire, elle ferait état de mon intention de voir par la suite cette influence encore plus développée à l’avenir.

The Essence conclut Ideals Will Remain idéalement. T.A.N.K signe un titre long, lourd mais haletant. De cette façon, il s’assure une sorte de cliffhanger musical, nous laissant espérer de grandes choses pour la suite.

THINK OF A NEW KIND Ideals Will Remain -La review, en conclusion.

Que dire sans tomber dans l’évidence ? En ce qui concerne le moment présent, les Français ont donné le meilleur en sortant un nouvel opus riche de son interprétation, débordant d’imagination tout en conservant un style propre. . Un disque dense. Qui explose de partout mais ne s’éparpille nulle part. En outre, une production digne des plus grands offre aux chansons l’oxygène nécessaire afin qu’elles puissent prendre leur essor.

Des compositions de qualité, dévastatrices ou exploitant avec facilité un registre un peu plus mélodique, achèveront les fans qui n’en demandaient pas tant. Tout au plus, comme dit plus haut, l’on pourra suggérer au combo de creuser cette veine Progressive. Il y a des choses à faire par là. Mais franchement, comparé au reste, c’est peanuts.

Ideals Will Remain se pose en tant que grand disque du genre. Il n’aura pas à rougir de la comparaison avec d’autres noms de la scène européenne. Oserai-je « mondiale » ? Pourquoi pas. Souhaitons à l’album un grand succès. Et remercions Think of A New Kind de sortir un nouveau chapitre de cette trempe.

Pour aller plus loin:
Think of A New Kind online: Site | Twitter | Facebook | Instagram

THINK OF A NEW KIND – Ideals Will Remain, disponible le 28/02/2020 via Verycords / Warner


KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King

KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés
KAUSE 4 KONFLIKT Fornication Under Control of King-Tous droits réservés

Voici la review surprise du jour: Kause 4 Konflikt, Fornication Under Control of King !

Le hasard est une chose formidable. Je zone sur Youtube, j’ écoute des trucs et puis tout à coup je me prend une beigne. Tiré de ma torpeur, j’appuie sur pause, je scrolle vite en haut de la page pour voir le nom du groupe. Kause 4 Konflikt. Gné ? Inconnu au bataillon mon capitaine. Quoiqu’il en soit, accroché au chant et aux riffs monstrueusement puissants qui s’échappe de mes enceintes, je pars à la pêche aux infos. Ô joie ! Et cocorico aussi. Kause 4 Konflikt représente la France.

En effet le combo survolté émerge toutes guitares dehors de Paris. Avant de savoir ça, j’aurais mis un billet sur n’importe quel bled américain tant ce qui sortait de ma sono m’a impressionné. Loin de moi l’idée de dénigrer nos groupes. Mais là… A part un Gojira, je vois pas trop à qui ou quoi comparer le groupe en termes de production dans nos contrées. Les intéressés excuseront mes lacunes en la matière.

Quelques mots…

Pour commencer, Kause 4 Konflikt se compose donc de cinq membres: SBT OTS au chant, ALX et JAY DEZ aux guitares, KTS à la basse et MEHDI à la batterie. K4K se définit plus précisément comme un groupe d’ « Offensive Warcore », ce qui, n’en doutons pas un seul instant, leur va très bien. Les Parisiens indiquent également être influencés par « le Thrash moderne et le Hardcore Métal ». Jusqu’ici pour ma part, tout va bien. Le disque pue la testostérone, les chants virulents et les riffs turbocompressés. Rajoutons une section rythmique qui pilonne bien comme il faut. Et bien voilà, vous avez un bâton de dynamite allumé en guise d’album.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King-La Review

Souvenez vous, j’avais appuyé sur pause. Quelque peu excité par tout ca, je remets l’album au début. Dès l’ intro du disque Less One, quelque chose de légèrement familier me revient en tête. Cette guitare, cet effet… Pantera, Cowboys From Hell ! Mais le souvenir s’arrêtera là car la suite n’ a absolument rien à voir avec les Texans. Nous avons ici affaire à un autre genre de bestiau. Et pas des plus calmes.

Less One nous amènera directement sur le très explosif You Sign For It. Et les choses sérieuses démarrent. Pied au plancher, à toute blinde, les Parisiens se permettent également d’inclure dans la chanson un sample de la célèbre tirade de Samuel Jackson alias Jules dans Pulp Fiction en fond. En fait, si je devais faire un parallèle avec le film je dirais que You Sign For It représente la citation que Kause 4 Konflikt récite avant de tirer, auditivement bien sûr, à bout portant.

Sans délai, God Pretends balaiera la moindre de mes hésitations, s’il en restait. Putain… quel riff !!! Excusez ma grossièreté mais ça poutre sévèrement comme dirait l’autre. La violence du groupe prend toute son ampleur et démontre également de belles compétences mélodiques tout en conservant un sens de l’urgence conséquent. En cet instant, selon moi, le disque s’envole et ne retouchera terre qu’en de rares occasions.

Brisons la glace, et quelques côtes

Kause 4 Konflikt continuera sur cette lancée tout au long de l’album, sachant varier les plaisirs lorsque l’occasion se présente. Fornication Under Control of King est un disque brutal certes, mais le combo se plaît aussi à jouer avec certaines dynamiques. Par exemple Nothing For No One empruntera une voie plus mélodique au départ, entretiendra un tempo rapide avant de subitement casser son rythme, laissant tout l’espace nécessaire au riff final, majoritairement écrasant, de s’installer.

Aussi, les Scapegoat (feat. Esben) ou Ain’t Give A Shit, tour à tour Heavy et rapides, s’ancreront dans une tradition plus Hardcore New School que Thrash, même si cette dernière influence se traduit toujours par de courtes interventions de solos au détour de choeurs virils chers au genre. Pour ce qui est des invités, outre Esben, le surpuissant Jawbreaker verra Les Tambours du Bronx (qui par le passé, avaient fait quelque chose avec Sepultura si je ne dis pas de sottises ) accompagner la bande sur un brûlot bien énervé.

Offensive Thrash WarMachine

Sur le plan du groupe lui même, il faut souligner une chose: j’ai sincèrement la sensation d’écouter une machine de guerre incroyablement bien huilée. L’image peut faire sourire mais c’est exactement de cela dont il s ‘agit. L’ensemble est d’une homogénéité parfaite. A titre personnel, j’aimerai également mettre en valeur le travail fait par Mehdi, le batteur. Ce mec cogne comme s’il n’ y avait pas de lendemain. Plus sérieusement, son sens du rythme porte les morceaux dans des sphères de groove et d’énergie qui font plaisir à entendre.

Le reste du combo n’est évidemment pas en reste et les performances au chant ainsi qu’aux guitares/basse sont de haute volée. Le groupe fonctionne en symbiose et ca se sent.

KAUSE 4 KONFLIKT: Fornication Under Control of King- En conclusion

N’y allons pas par quatre chemins pour achever cette review, avec Fornication Under Control of King, Kause 4 Konflikt a sorti un foutu bon disque. Si des noms comme Power Trip ou Red Death font qu’une ampoule s’allume au dessus de votre tête à leur évocation, allez-y. Foncez tout droit, il n’y aura pas de déception. Le mélange Thrash/Hardcore opère comme par magie et le combo se montrera tout à fait à la hauteur de vos attentes. Sauvage et instoppable, K4K se hisse sans mal à la hauteur des ténors du genre et contentera tous ceux qui aiment leur Crossover servi avec une dose de [insérez votre style préféré]-Core supplémentaire.

Honnêtement, je ne vois pas grand chose à ajouter, l’écoute vous convaincra beaucoup mieux que les mots.

Un grand bravo à eux, et merci. Moi je retourne sur Bandcamp acheter l’album.

Chronique réalisée à partir du service de streaming Bandcamp

Kause 4 KonfliktFornication Under Control of King: Disponible depuis le 31/01/2020 via Built To Rock

Kause 4 Konflikt Online: Twitter | Facebook | Instagram | Bandcamp


Loathe I Let It in and It Took Everything

Loathe I Let It in and It Took Everything review-Tous droits réservés
Loathe: I Let It in and It Took Everything-Tous droits réservés

Alors, attention aujourd’hui nous avons le full package avec le dernier album de Loathe: I Let It in and It Took Everything dont nous allons faire la review. Je vais vous faire un aveu. Il y a un mois je ne connaissais pas Loathe. Une lecture de la bio du groupe m’a toutefois conduit vers des éléments qui m’ont poussé à jeter une oreille au disque. Mais dans un premier temps, si vous êtes dans mon cas, une présentation s’impose.

Loathe a émergé de l’ underground britannique dès 2014. Deux EP ainsi qu’un album les ont mis en orbite. Par la suite le groupe obtint deux nominations en tant que meilleur nouveau groupe. L’une au Metal Hammer Golden Gods. L’autre, Best UK Breakthrough Band aux Heavy Music Awards. Depuis, il en ressort que Loathe fait partie des groupes qui ont des ambitions bien pesées et désormais, avec la sortie de l’ album I Let It In and It Took Everything, ces ambitions commencent à se concrétiser.

Entre Métal en fusion, films et jeux

Parlons un peu des influences chez les Anglais: la bande sonore du jeu vidéo Silent Hill 2, celle du film Joker de 2019 ou l’ensemble des œuvres de David Lynch, parmi d’autres. Ces dernières ont lourdement pesé dans les compositions de Loathe où tout ou presque semble alambiqué, dispersé et malgré tout homogène à la manière des longs métrages du réalisateur.

Pas le chemin le plus évident, mais les routes qui valent la peine d’être empruntées ne sont pas les plus faciles à parcourir. Une attitude audacieusement résumée dans ce titre obscur, I Let It In and It Took Everything. « ll y a là l’idée de ce que nous faisons et l’enregistrement de l’album  » explique Erik (Bickerstaffe, guitares).  » Nous avons laissé entrer l’idée d’être dans ce groupe, et il nous a tout pris. Sans essayer de le faire sonner comme une histoire sanglotante, nous avions besoin de nous construire à nouveau afin de faire cet album « .

Loathe: I Let It in and It Took Everything, la review de l’album

Bien. Maintenant que nous avons abordé les débuts du groupe, ainsi qu’un certain état d’esprit, débutons la chronique de I Let It in and It Took Everything. Je parlais plus haut de la diversité des ambiances présentes sur l’album. Effectivement, Loathe aime Jouer avec elles. Très bon point par ici. En outre, cela tend à démontrer que le groupe possède des idées, des thèmes. Surtout, qu’il n’a pas l’intention de les laisser dans un coin. Un certain dynamisme créatif donc, qu’il serait injuste de passer sous silence.

Au début fut Thème. Il s’agit d’une courte intro. Calme, aérienne et délicate. Une petite nappe de synthé se charge donc de démarrer l’écoute. Ceci avant qu’un bruit de portière se refermant ne laisse le riff bestial d’Aggressive Evolution se faire entendre. Des couplets sauvages se mêleront aux refrains beaucoup plus éthérés du titre. Avec, évidemment, un dynamisme sous-jaçent de tous les instants. Un début poing dans la gueule foutrement efficace.

Entre la plume et l’enclume

Au fur et à mesure que I Let It In and It Took Everything avance, reconnaissons une chose. Les influences sus-citées arrivent à surgir d’un coup d’un seul. Elles s’intègrent dans un moule sonore personnel avec facilité. Car si elles peuvent s’identifier relativement facilement, elles ne trahissent jamais l’envie du groupe de s’en émanciper. Loathe étale les différentes composantes de son identité après avoir absorbé ce dont ils avaient besoin. Ces indicateurs, à l’instar de pistes telles que les brutaux Gored, le bien nommé Broken Vision Rythm (qui arrive à intégrer sans que cela gêne le son d’un fax !), Screaming, et Heavy Is The Head That Falls With the Weight Of A Thousand Thoughts, nous montrent que Loathe manie la dissonnance, la lourdeur ou les parties plus mélodiques avec une dextérité folle.

Plus qu’un simple défouloir, plusieurs de ces titres aux rythmes hâchés, pliés et régurgités avec assurance sont les témoins de la technique au service de la diversité. Comme pour mieux titiller notre étonnement, Heavy Is the Head… se finit d’ailleurs sur quelques secondes apaisantes de guitare inattendues. J’évoquais plus haut des atmosphères comme celles des OST des jeux comme Silent Hill ou David Lynch, dont la manifestation bruitiste probablement la plus évidente se trouve sur Red Room. La forme est chaotique par instants et cela m’a plus fait penser au pilonnage sonore que l’ont peut parfois entendre chez quelques artistes du genre Industriel.

Tous les (bons) goûts sont dans leur nature

Mais il n’y a pas que ça chez Loathe. Le combo nous réserve d’autres surprises. L’autre marque de fabrique qui m’a semblé impeccablement intégrée fera le pont avec les Deftones. Cela se remarque facilement sur des titres comme l’excellent New Faces In The Dark (qui résume parfaitement les multiples capacités du groupe en un seul morceau), plus encore sur Is It Really You. J’ai même cru à un moment que Chino Moreno chantait sur ce dernier. Loin de moi l’idée de dire pourtant qu’il s’agit d’un calque.

Au contraire, c’est plutôt un compliment. Et Loathe noie ce qui pourrait sembler apparaître comme un défaut dans une belle dose d’interprétation talentueuse sans que cela ne plombe le disque. L’influence est tout à fait présente, oui. Mais les Anglais, encore une fois sont assez polyvalents au niveau de la structure musicale de leurs compos pour se sortir de cette situation avec grâce.

De l’art de la pause

Avant que nous finissions cette review, notons que I Let It In and It Took Everything glisse néanmoins des plages de répit. Les planants et synthétiques 451 Days, A Sad Cartoon (Reprise) pour prendre un autre exemple, feront office d’aires de repos pour un auditeur qui n’en attendait pas tant. Rapides contrepoids idéaux en opposition aux chansons plus charnues et virulentes qui constituent le reste de I Let It In and It Took Everything, elles aussi désigneront d’autres points d’intérêt que nous pourrions voir se développer plus tard dans la carrière de Loathe.

Un dernier mot sur le travail effectué par le groupe. D’abord mettons en avant la cohésion qui existe entre le chanteur Kadeem France et le reste des Liverpooliens. Qu’il verse dans le growl ou un registre clair, il se montre plus qu’à la hauteur sur la durée du disque. Un grand bravo à lui. Ses cordes vocales nous emmènent au fond de l’abîme ou vers des cieux plus chaleureux et nous le suivons avec plaisir. Les riffs de Erik Bickerstaffe et Connor Sweeney sont bien trouvés, admirablement construits. Ils constituent un bon support pour les mélodies vocales et font un très bon job afin de varier les ambiances. Quant à la section rythmique, Sean Radcliffe à la batterie et Feisal El-Kazraghi, l’un est un parfait métronome tandis que l’autre bétonne des morceaux torturés ou plus simples avec sa basse, amenant un supplément de profondeur et de muscle appréciable.

Loathe: I Let It in and It Took Everything, en conclusion

Pour ma part, il s’agit d’une découverte concluante. J’ai positivement été surpris dans cette chronique par la richesse des compositions, allant du brutal méthodique aux envolées lumineuses des refrains sur certains titres. Les morceaux sont diversifiés, mais suivent globalement une ligne directrice bien définie. Si, par le contour de quelques chansons, on arrive à deviner qui a inspiré quoi, on en arrive à se dire que franchement, il ne s’agit que d’un détail mineur. On souhaitera quand même à Loathe de suivre le chemin des aînés et d’acquérir plus d’expérience propre et de s’affirmer encore plus, en particulier au vu du brillant résultat à ce jour. Cela viendra en son temps, j’en suis convaincu

Avec ce deuxième album complet, Loathe confirme les grands espoirs placés en eux, et de fait réussit un beau hold-up. Un disque largement recommandable en somme.

De pair avec le dernier Sepultura, il s’agit d’un autre excellent disque en ce début de Février.

Loathe – I Let It in and It Took Everything disponible le 07/02/2020 via Sharptones Records.

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Sepultura Quadra Album Review

Sepultura Quadra Album Review-Tous droits réservés
Sepultura Quadra Album Review-Tous droits réservés

Sepultura sort donc Quadra, leur nouvel album dont je vais faire la review avec plaisir. A-t-on encore réellement besoin de les présenter ? Sepultura est un groupe de heavy metal brésilien, venant de Belo Horizonte. Formé par Max et Igor Cavalera en 1984, le groupe verse à ses débuts dans le Thrash, le Death de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Puis il se démarque de ces deux styles , ajoutant des éléments Nu Metal, ou encore « Alternatif » au milieu des 90’s.


Max Cavalera, le chanteur et membre historique, quitte le groupe en 1996, et fonde Soulfly. Igor, batteur et frangin de Max, fait de même en 2006 puis rejoint Max au sein d’un nouveau combo baptisé Cavalera Conspiracy. Les membres actuels de Sepultura sont donc Paulo Jr. à la basse – seule personne faisant partie de Sepultura depuis ses débuts – , Andreas Kisser à la guitare, Eloy Casagrande à la batterie, et Derrick Green au chant.


Fondé dans le chaos des dernières heures de la dictature militaire au Brésil, Sepultura commence à se faire un nom à la fin des années 1980, popularisant ainsi le genre à l’international avec Arise (1991), Chaos A.D. (1993) et Roots (1996). A la suite d’albums comme Against, Roorback, A-Lex ou bien Kairos, The Mediator Between Head and Hands Must Be the Heart, sort en octobre 2013.

En 2017 suivra Machine Messiah, ce qui nous amène ensuite à ce Quadra flambant neuf publié en Février 2020.

Sepultura livrent-ils avec Quadra un nouvel album intéressant ? Suivez la review …

Au total, en comptant Quadra, nous avons quatorze albums studio. Ce qui commence à faire pas mal de disques, pour dire le moins. Et que peut encore proposer un groupe qui compte autant d’albums à son actif ? Et bien pas mal de choses en vérité. Ne nous mentons pas: suite au départ de Max Cavalera, beaucoup pensaient que le groupe était fini. Premièrement, Max n’était pas la seule force créative dans Sepultura. Et, si de l’humble avis de votre serviteur, il aura fallu une paire d’albums pour se trouver à nouveau en intégrant Derrick Greene et ensuite Eloy Casagrande. force est de constater que depuis deux ou trois sorties, Sepultura fait preuve d’une exemplarité tout à fait correcte.

« Découpé » en quatre parties, Quadra se présente de la façon suivante : une première partie représente le côté Thrash de Sepultura, la seconde amène les rythmes et les percussions de Roots, enfin la troisième est expérimentale et la quatrième montre la facette mélodique de l’album.

Les hostilités démarrent avec Isolation, une déclaration d’intention tonitruante. Après une intro toute en son distordu agrémentée de courtes notes de violon, les guitares d’Andreas Kisser arrivent à toute blinde. Ne vous y trompez pas. Le riff est rapide et ravage tout sur son passage. Casagrande impose immédiatement un rythme frénétique et Derrick Greene rugit des paroles traitant de la dépression, un mal qui a emporté pas mal de rockeurs ces derniers temps, ou bien encore trop de monde de manière générale.

Du riff-hifi dans la sépulture

Means To an End verra le groupe continuer sur la même lancée. Brutale et sans concessions. Mais aussi relativement inventive. Le motif de batterie, bien trouvé, assène tout de suite un groove imparable. L’un des singles que propose Quadra, Last Time prend la relève. Et il s’agit en outre d’une boucherie. Lorsque j’ai voulu faire la review de ce nouvel album, je ne pensais pas que Sepultura allait autant me surprendre avec Quadra. Je savais que le groupe en avait toujours sous le capot, mais j’ai réellement la sensation cette fois d’avoir un projet abouti. Un sentiment qu’avaient amorcé The Mediator Between… et ensuite Machine Messiah mais que je ne retrouvais pas tout à fait sur les précédents.

Pour en revenir à Last Time, on y trouve de petites touches plus légères, des choeurs ici et là que viennent recouvrir des chapes de plomb à la guitare. Le tout joue avec un contraste agréable à entendre avant de retomber dans une sauvagerie Thrash du meilleur effet.

Par ailleurs, il faut souligner que Sepultura, tout en ayant pris une tournure résolument Hardcore sur cet opus, ne renie pas pour autant son passé. Depuis Roots le groupe a l’habitude d’incorporer des sonorités tribales à ses chansons et Capital Enslavement ne fera pas exception. Le morceau débute avec des percussions avant de laisser place au titre lui même. Une couleur sonore connue certes mais toujours bienvenue sur un album des Brésiliens.

Hardcore jusqu’à la mort

Ali (pour l’iconique boxeur), se fera d’ailleurs l’exemple d’un gros melting pot musical, toutes proportions gardées. J’ai pu y entendre un mélange de Hardcore, de Crossover et de bon gros Métal. Un titre qui rythmiquement tourbillonne, accélère, ralentit, donne le tournis tout en conservant une direction radicale. Danse comme le papillon, pique comme l’abeille n’est-ce pas ? Notons également une bonne démonstration vocale de Greene impressionnant depuis le début. Sa voix est bien placée dans le mix et relie tous les points. On l’attend puissant ? Il répond présent. Plus menaçant ? Présent aussi. En roue libre ? Il n’y a qu’à demander. Personne ne pourra l’accuser de glander !

Au rayon réussite, on ajoutera aussi l’excellentissime Raging Void, son tempo massif, animal, et son refrain mélodique, presque lumineux. Plus avant sur le disque nous aurons le tout aussi bien Autem qui reviendra quelque peu sur le visage tribal de Sepultura, The Pentagram mettra en avant les compétences du combo afin de déployer un arsenal totalement 100 % Thrash instrumental. Deuxième instrumental, acoustique et très court, Quadra sera la pause qui nous permettra de souffler avant la charge finale.

Quadra peut-être, mais pas encore à la retraite

Et quelle charge finale ! Sepultura nous réserve une sorte de mini climax à la fin de Quadra. Si jusqu’à présent le disque a montré de grands et beaux signes d’efficience dans la brutalité, la conclusion ne sera pas faite d’un métal identique. Pas tout à fait en tout cas. Agony Of Defeat prendra presque le disque entier à contre pied, Accentuant ce que nous avons entendu disséminé ca et là, la chanson se montrera sous un jour Heavy mais également fortement mélodique. Longue montée en puissance, Agony Of Defeat est un petit crescendo Metal/Prog s’achevant sur un superbe ensemble de choeurs lyriques.

La suite n’en sera que plus surprenante puisque Sepultura enfonce le dernier clou de Quadra avec Fear, Pain, Chaos, Suffering, probablement le plus accessible du disque, porté en duo Derrick Greene et Emmily Barreto de Far From Alaska au chant. Les vocaux rocailleux de Greene complètent très bien les couplets de Barretto sur ce titre mid-tempo à la fois Heavy et mélodique.

La fin de la review du nouvel album de Sepultura, Quadra, arrive à grands pas. Je dois dire que si je m’attendais à quelque chose de bien après Machine Messiah, je ne croyais pas que le gap serait aussi profond. Pour ma part, je considère cet album comme l’un des plus aboutis en terme d’ambition sonore, ou d’ambition tout court d’ailleurs, de production et de réussite de l’ère post-Max Cavalera.

Sepultura-Quadra, la review: en conclusion

Il y a à peu près tout ce que j’aime entendre chez eux: sous une énorme couche de Thrash Métal toujours bien présente, il y a évidemment de l’énergie, de la technique mais aussi des pointes plus tribales et des choses qui tendent un tant soit peu vers un « ailleurs » musical question ambiance.

Quadra est un disque varié lorsque l’on prend la peine de se pencher dessus. Avec de fines strates stylistiques qui nous autorisent à penser que le combo de Belo Horizonte peut encore durer quelques années sans tomber en panne d’idées, tout en restant dans un cercle délimité.

Sans sonner un renouveau total dans la carrière du groupe, Quadra pose une bien belle pierre à l’édifice Sepultura dont la construction a commencé il y a 35 ans et qui, par la force des événements parfois, prit une tournure différente. Quelque part tant mieux. Le bâtiment, une fois finalisé, n’en sera que plus beau s’ils continuent sur cette voie.
Que vous soyez nouveau ou vétéran dans la discographie du groupe, l’écoute de Quadra est fortement recommandée.

Sepultura, Quadra: disponible partout dès le 07/02/2020 via Nuclear Blast
Chronique réalisée à partir d’un exemplaire dématérialisé de Quadra par Sepultura acheté par nos soins.

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Passion Album Review

PASSION album review-Tous droits réservés
Passion: Passion-Tous droits réservés

Bienvenue dans cette nouvelle review qui aura pour sujet l’album des Anglais de PASSION. Ah, la passion. Que ne nous ferait-elle pas faire ? Certains ont l’envie de peindre, d’autres de faire des reviews, et pour d’autres encore, il s’agit de monter un groupe de Rock influencé par les plus grands noms. Il s’agit de ces derniers dont nous allons parler:

PASSION est un nouveau groupe créé par l’ancien chanteur de Night By Night, Daniel Rossall a / k / a Lion Ravarez. En tout premier lieu, inspirée par les géants du hard rock des années 80 et 90, l’idée de former un nouveau groupe a jailli dans l’esprit de Rossall lorsqu’il a collaboré sur une chanson en 2017 avec d’autres anciens membres de Night By Night. La chanson qui en résulte, qui pourrait être décrite comme la fusion du hard rock classique du début des années 90 avec l’AOR des années 80, encouragea Rossall à créer un album complet.

Rossall a donc décidé d’envoyer certaines des démos sur lesquelles il travaillait à Frontiers puis a déclaré que les démos ont immédiatement suscité l’intérêt du label qui a signé avec enthousiasme PASSION.

2019 a vu la sortie de « The Rise of Passion  » avec Lion Ravarez au chant, Weston James Jr. à la basse et au chœur, Chance Vanderlain à la guitare et au chœur et Bobby Laker à la batterie. . 

La Passion du Rock-Review

Avant que nous allions plus loin, il faut préciser une chose: cet album tue. Nous tenons ici un pur concentré de heavy rock qui lorgne juste ce qu’il faut vers l’AOR, comme précisé précédemment. PASSION a les arguments pour faire parler la poudre, faire en sorte que les foules exultent en concert. Alors bien sûr, le mélange existait déjà bien avant le groupe.

Mais je vais vous dire: en fait peu importe. Personnellement, j’aime le Metal. Le vrai, pour les durs, les tatoués. Mais j’attendais un album comme celui-ci. Je suis peut-être le seul au monde mais pendant que j’écrivais cette review de l’album avec… passion, je priais pour un retour de ce Rock là. Un Rock fun, décomplexé, qui donne envie de sortir de chez soi, d’aller s’éclater et de rentrer le matin après avoir passé une nuit de dingue. Un Rock qui donne envie d’appuyer sur l’accélérateur de notre vie en somme. Bref, vous aurez saisi l’idée. Il s’agit d’un come-back à des sensations pures comme disait la pub.

Et que cela soit clair aussi: De la pochette, rétro et fluo à souhait, jusqu’à la production, limpide et puissante en passant par les riffs, la performance vocale, tout se plie en quatre pour que l’on prenne un pied pas possible à écouter cet album et pousser le volume.

Les passions ont leur siège dans le coeur

Prenons Intensity, le titre d’ouverture. Le riff galopant débouche sur un refrain volontaire porté par la voix de Rossall. Une voix qui ne cessera de faire écho aux plus grands représentants du genre. Il y a un petit quelque chose de David Lee Roth chez cet homme ou bien de Ted Poley. Les solos de Chance Vanderlain sont accrocheurs, ricochent immédiatement dans votre tête et vos oreilles.

She Bites Hard martèlera son tempo aguicheur aidé en cela par la batterie ultra efficace de Bobby Laker et comme si de rien n’était vous vous retrouverez à bouger la tête comme un sauvage. Dans le même ordre d’idée, Back et le plus lourd mais tout aussi entraînant We Do What We Want possèdent également le même type de groove, très légèrement bluesy sur les bords (on pourra penser à certaines petites choses trouvables chez AC/DC fin 80’s, milieu 90’s) et seront une autre invitation à vous lâcher. Complètement imparables, garanti sur facture. Un rythme bien trouvé, et toujours Rossall au sommet. Oh, et puis pendant que j’y pense, l’air-guitar n’est pas fournie avec l’album !

Une review faite de Passion, sans pression

Nous trouverons aussi Lost In The Dark, plus fin, plus mélodique. Un morceau capable de ravager les ondes de n’importe quelle station de radio Rock qui voudra bien passer le titre. Et en boucle de préférence, merci bien. Trespass On Love m’a tout de suite ramené dans les 80’s. Single évident, il s’agit du titre le plus « facile » du disque mais n’en oublie pas pour autant une approche mélodique certaine sans tomber dans une facilité putassière.

Avec Too Bad For Baby, PASSION revient à ce Hard Rock fier, éminemment contagieux. Un bon titre de plus. Enfin Big Game finira de nous achever avec une énergie qui n’aura montré aucun signe de faiblesse pendant tout le temps où j’ai pu écouter l’album.

En conclusion

PASSION montré lors de la review de son album qu’il a tout ce qu’il faut pour démonter les supports sur lesquels vous l’écouterez. Un excellent disque de Rock comme on en fait malheureusement très peu de nos jours. Alors ensuite, oui. On aurait pu arguer dans cette review que le combo n’invente rien. Et alors ? A-t-on besoin à chaque fois de réinventer la roue ? Je ne le pense pas. De bonnes chansons, de la patate à revendre, une énergie captivante, voilà ce que disque offre. Et c’est déjà beaucoup. Soulignons un point: Rossall a joué la plupart des instruments de l’album et l’a produit. Il a également su s’entourer de bons musiciens pour la suite. Une suite que l’on espère grandiose.

Si vous êtes fans de Rock/Hard Rock tendance AOR, foncez. Sans hésiter. C’est encore plus recommandé si vous êtes accros à des groupes tels que AC/DC, Aerosmith, KISS, Danger Danger, ou bien Foreigner, Journey, Ratt, Van Halen, etc.

Chaud bouillant.

Pour aller plus loin:
Site: Frontiers Music Srl
FB|Instagram

PASSION, dispo le 24 Janvier 2020 via Frontiers Srl